Festival Cinémas du Sud – 13e édition

CineSudDepuis 1999 et une rétrospective consacrée au cinéma marocain, l’association Regard Sud (qui tient une jolie galerie au 3 rue des Pierres Plantées à la Croix-Rousse) a chaque année investi l’Institut Lumière pour y projeter sur quelques jours des films issus du monde arabe et d’ailleurs. A mesure que le cinéma s’y développait, le curseur s’est déplacé à l’Est, vers le Moyen-Orient, tout en gardant bien sûr un œil sur le Maghreb où, selon le directeur artistique Abdellah Zerguine, le flambeau de la cinématographie la plus dynamique est passé de l’Algérie des années 1960-1970 (unique Palme d’Or africaine : Chronique des Années de Braise de Mohammed Lakhdar-Hamina en 1975) à la Tunisie et au Maroc des années 1990 et jusqu’à aujourd’hui. Après le joli succès en salles de Wadjda d’Haifaa Al-Mansour, premier film saoudien qui s’avérait être réalisé par une femme, venez prendre encore des nouvelles de ce cinéma-là, trop rarement distribué, grâce à des projections parfois uniques en France. Mieux : chaque séance se déroulera en présence du réalisateur ou de la réalisatrice du film !

Cette 13e édition sera parrainée par Nouri Bouzid, figure importante pour son regard incisif sur la société tunisienne, emprisonné pendant cinq ans pour ses opinions politiques progressistes sous le régime de Bourguiba et dont le nouveau film Millefeuille sera présenté en clôture du festival et en avant-première de sa sortie en salles le 5 juin. Le festival se fera par ailleurs le reflet d’au moins deux grandes tendances actuelles de ces cinématographies du Sud : la place croissante qu’y occupent les femmes cinéastes et l’explosion du documentaire comme moyen, pour de nombreux jeunes gens, de rendre compte à moindre coût de la réalité qu’ils ont vécu au moment des événements politiques qui ont secoué leurs pays ces dernières années.

L'Amante du Rif

Plusieurs films de femmes donc : Narjiss Nejjar (L’Amante du Rif, film d’ouverture) brise les tabous de la société marocaine ; Safaa Fathy (le documentaire Mohammad sauvé des Eaux), qui vit entre la France et l’Egypte, saisit entre autres les répercussions du Printemps dans la Haute-Egypte où elle a grandi et nous y ballade comme si on y était ; Hala Alabdalla, figure-clé du cinéma syrien dont elle est la principale porte-parole, a réalisé pendant deux ans Comme si nous attrapions un Cobra, documentaire à la rencontre de caricaturistes pour dessiner le paysage actuel de la liberté d’expression au Proche-Orient.

Plusieurs œuvres mettront en avant la jeunesse, devant et/ou derrière la caméra. Tourné entre Damas et Téhéran, Round Trip de Meyar Al Roumi est annoncé comme un film frais et énergique sur l’intimité d’un couple non marié et les tabous qui y sont lié. C’est l’un des premiers films nationaux à être censuré par le régime syrien, signe que les choses y bougent – aussi – au sein du cinéma. Lamine Ammar-Khodja a quant à lui tourné son documentaire Demande à ton Ombre à son retour en Algérie précisément pendant les émeutes de 2011 et ainsi voulu rencontrer une jeunesse à laquelle on donne peu la parole. Le documentaire Pays rêvé évoque enfin la jeunesse libanaise actuelle et a été réalisé en collaboration avec le dramaturge Wajdi Mouawad (Incendies) et récompensé au festival de San Sebastian.

Egalement au programme : Le Professeur, qui revient sur la crise politique tunisienne des années 1970 en s’inspirant d’une histoire vraie et Le Téléphone arabe réalisé par un Arabe israélien sur les questions touchant sa communauté, qui représente aujourd’hui un cinquième de la population israélienne.

>>> Retrouvez tous les détails et les horaires de la programmation et réservez vos places sur le site de l’Institut Lumière

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s