La sélection de la 4ème édition du Cycle D.E. dévoilée !

Affiche 1 - affiche généralePour la quatrième année consécutive, Bobinophile profite du calme du début du second semestre pour organiser son cycle « Diplôme d’Etablissement ». Ce cycle est la plus grande manifestation annuelle de l’association, et pour cause, six films sont diffusés sur guère plus d’une semaine ! Six films, un sur chaque aire culturelle enseignée à Sciences Po Lyon, précédés de l’intervention d’un enseignant ou d’un membre de l’association. Ce cycle est l’occasion fondamentale pour nous de mettre en place les maître-mots de Bobinophile : qualité et diversité de l’œuvre cinématographique, au service de la culture des étudiants de l’IEP. Diversité évidemment dans les sociétés représentées à l’écran, mais également dans les genres choisis, qui vous transporteront du mélodrame au thriller en passant par l’animation et la comédie, et dans la date de sortie des films sélectionnés – du récent au moins récent, nous sommes remontés jusqu’en 1955 pour faire nos choix. Une autre spécificité de cette édition, et c’est une nouveauté, nous profitons du cycle DE pour diffuser pour la première fois un « doublon » car comme vous le constaterez en découvrant la sélection, nous avons choisi un film et son remake réalisé quelques années plus tard, ce qui vous montrera comment une inspiration peut être réadaptée en fonction du cadre social, et comment cela se manifeste dans le traitement du sujet et l’usage de la caméra.

Nous vous laissons donc découvrir les prochains films de la rentrée au sein de l’IEP, dans l’ordre de leur projection.

 * * *Affiche 2 - AjamiAjami, de Scandar Copti et Yaron Shani

Diplôme d’Établissement : Monde Arabe Contemporain (DEMAC)

Nationalité : israélien

Durée : 1h58

Année de sortie : 2010

Couleur, VOSTFR

Synopsis : Le quartier d’Ajami, à Jaffa, est un lieu cosmopolite où cohabitent Juifs, Musulmans et Chrétiens. Le jeune Nasri, âgé de 13 ans, et son grand frère Omar vivent dans la peur depuis que leur oncle a tiré sur un membre important d’un autre clan. Malek, un jeune réfugié palestinien, travaille illégalement en Israël pour financer l’opération que sa mère doit subir. Binj, palestinien, rêve d’un futur agréable avec sa petite amie chrétienne. Dando, un policier juif recherche désespérément son jeune frère disparu… L’histoire de destins croisés au coeur d’une ville déchirée.

Caméra d’or au festival de Cannes 2009, le film est construit comme un Pulp Fiction moyen-oriental, de fait assez exigeant en concentration mais ultra-prenant. Né d’une collaboration entre les deux réalisateurs respectivement citoyen palestinien ayant grandi à Jaffa (où se déroule le film) et juif israélien, depuis laquelle ils sont restés très amis, le traitement du sujet est de fait nuancé sur tous les points : on est plongés dans une jungle où règnent le trafic de drogue, le rejet communautaire et l’impossible cohabitation entre les différents groupes. Le conflit géopolotique que l’on connaît bien y est montré jusque dans les cercles les plus intimes, ce qui permet de montrer de façon brute la réalité de terrain. Les alliances ne sont jamais immuables et les retournements de situation prennent les personnages comme les spectateurs au moment où ils s’y attendent le moins. Jamais manichéen, le film cherche à éloigner toute vision simpliste qu’on pourrait avoir en tête. Le flot de questions et de sujets qu’il soulève nous font comprendre au final que reconnaître l’autre en Israël et Palestine, c’est un acte d’héroïsme. Ajami sera précédé d’une brève introduction par une membre de l’association.

Lundi 20 janvier à 18h, Amphi Leclair

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Affiche 3 - Tout ce que le ciel permetTout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk

Diplôme d’Établissement : Etats-Unis Contemporains (DELUSA)

Nationalité : Américain

Durée : 1h29

Année de sortie : 1955

Version restaurée, Couleur, VOSTFR

Intervenants : Gustave Shaïmi, étudiant à l’IEP, ancien président de Bobinophile et auteur du mémoire de fin d’études « Le mélodrame comme outil d’un cinéma politique : une radicalisation de Douglas Sirk à Rainer Werner Fassbinder ».

Synopsis : Veuve d’âge mûr, Carey Scott mène une vie terne et sans histoire dans une petite localité de Nouvelle-Angleterre, se consacrant au bonheur de ses deux enfants Ned et Kay, qui viennent d’entrer à l’Université. Mais Carey rêve encore d’un grand amour. C’est dans cette disposition d’esprit qu’elle rencontre Ron Kirby, le séduisant pépiniériste – de quinze ans plus jeune qu’elle – engagé par ses soins pour s’occuper de son jardin…

C’est à priori l’un de ces « women’s pictures » à l’eau de rose que produisaient les studios hollywoodiens des années 1950. Sous la beauté et l’exaltation des sentiments, le flamboiement des images et le respect global des codes du mélodrame, on trouve une charge sociale bien plus virulente qu’il n’y paraît. Par certains choix narratifs et de mise en scène, Douglas Sirk crée une distanciation qui invite à poser un regard critique sur la société conservatrice de l’époque. Des pistes d’analyse vous seront données en introduction de la projection.

Mardi 21 janvier à 16h, Grand Amphi.

 * * *Affiche 4 - Tous les autres s'appellent AliTous les autres s’appellent Ali, de Rainer Werner Fassbinder

Diplôme d’Établissement : Etudes Européennes (DEEE)

Nationalité : Ouest-allemand

Durée : 1h33

Année de sortie : 1974

Couleur, VOSTFR

Intervenants : Thomas Hippler, maître de conférence d’études germaniques à l’IEP ; Gustave Shaïmi, étudiant à l’IEP, ancien président de Bobinophile et auteur du mémoire de fin d’études « Le mélodrame comme outil d’un cinéma politique : une radicalisation de Douglas Sirk à Rainer Werner Fassbinder ».

Synopsis : Dans un café fréquenté par des travailleurs immigrés, Emmi, veuve d’une soixantaine d’années, fait la connaissance d’Ali, un marocain plus jeune qu’elle. Ali s’installe chez elle dès le lendemain, puis ils se marient. Les enfants d’Emmi, ses voisins, ses collègues, tous sont scandalisés par cette union. Le couple est mis à l’écart, mais va vite se révéler indispensable à la communauté…

En Douglas Sirk, Fassbinder trouve un modèle absolu : un cinéaste qui, tout en séduisant son public par un cinéma sentimental, sait se faire virulent vis-à-vis de la société de son temps. Voilà donc que le réalisateur allemand délaisse les films expérimentaux au discours politique complexe pour réaliser des mélodrames. Tous les Autres s’appellent Ali, remake de Tout ce que le Ciel permet (projeté le mardi 21 janvier à l’IEP) est le plus beau d’entre eux. Des éléments biographiques sur Fassbinder mais aussi de contexte historique (quel rapport aux immigrés et quels restes du nazisme dans l’Allemagne du tournant des années 1970 ?) et d’analyse filmique vous seront exposés en introduction.

Mercredi 22 janvier à 18h, Amphi Leclair.

 * * *Affiche 5 - Le mandatLe mandat, de Ousmane Sembene

Diplôme d’Établissement : Afrique Subsaharienne Contemporaine (DEASC)

Nationalité : Sénégalais

Durée : 1h45

Année de sortie : 1968

Couleur, VOSTFR

Synopsis : A Dakar, Ibrahim Dieng, un bon musulman sénégalais, vit avec ses deux femmes et leurs sept enfants tranquillement sans travail. Alors qu’il est chez le coiffeur, ses femmes reçoivent un mandat d’Abdou, un neveu parti en France. Tout le quartier est au courant de l’aubaine. C’est le désordre total. Ses femmes achètent des provisions à crédit, certains essaient de lui extorquer l’argent, d’autres profitent de son ignorance pour le voler et l’endetter. Ce morceau de papier, au lieu d’apporter richesse et reconnaissance, devient le symbole de la honte et de la déchéance : une peinture drôle et sans concession de la société au temps de l’Indépendance.

Découvrez le cinéma d’Ousmane Sembene, cinéaste majeur d’Afrique subsaharienne, réalisateur du tout premier long-métrage négro-africain, « La Noire de… » (1966). Récompensé par un Prix de la critique internationale à la Mostra de Venise en 1968, son film suivant Le Mandat est une fable sociale qui dénonce avec verve et non sans humour la corruption et l’individualisme qui minent le Sénégal moderne.

Jeudi 23 janvier à 16h, Amphi Leclair.

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Affiche 6 - El camino de San DiegoEl camino de San Diego, de Carlos Sorìn

Diplôme d’Établissement : Amérique-Latine et Caraïbes (DEALC)

Nationalité : Argentin

Durée : 1h38

Année de sortie : 2007

Couleur, VOSTFR

Intervenant : Maria-Laura Moreno-Sainz, maître de conférence à l’IEP.

Synopsis : Tati Benitez, fan inconditionnel du footballeur Diego Maradona, vit avec sa famille au coeur de la forêt de Misiones, dans le nord-est de l’Argentine. Malgré sa situation très précaire et ses quatre enfants à nourrir, sa bonne humeur est inaltérable. Cet optimisme, Tati le doit en partie à la racine d’arbre, qu’il a trouvée dans la forêt et qui ressemble à la silhouette de son idole. Un jour, il apprend que Maradona est en soins intensifs à Buenos Aires suite à un incident cardiaque. Tandis que la nation toute entière prie pour Diego, Tati décide d’aller lui remettre la racine à son effigie en mains propres. Sur la route, il fait la connaissance de Warguinho, un transporteur de volailles brésilien. Commence alors un périple riche en surprises et en rencontres…

Comment, l’année de la Coupe du Monde au Brésil, se priver de la projection de ce si joli petit film sur la culture latino-américaine du football ? L’approche du cinéaste est des plus réalistes, avec une mise en scène caméra à l’épaule et une description quasi documentaire des habitants de la forêt de Misiones. Pour autant, le scénario est, lui, plein de fantaisie, se centrant sur le plus radical des fans de Maradona ! Au final, les deux dimensions se marient idéalement. Cette quête à la fois délirante et touchante d’une idole à soutenir n’est que prétexte à une peinture sociale de l’exclusion et de l’entraide.

Lundi 27 janvier à 18h, Amphi Leclair.

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Affiche 7 - Perfect BluePerfect Blue, de Satoshi Kon

Diplôme d’Établissement : Monde Extrême-Oriental Contemporain (DEMEOC)

Nationalité : Japonais

Durée : 1h21

Année de sortie : 1999

Couleur, VOSTFR

Intervenant : Béatrice Jaluzot, maître de conférences en droit privé à l’IEP, rattachée à l’Institut d’Asie Orientale

Synopsis : C’est sans regret que Mima, chanteuse, quitte son groupe pour se consacrer a une carrière de comédienne. Elle accepte un petit rôle dans une série télévisée. Cependant son départ brusque de la chanson a provoqué la colère de ses fans et plus particulièrement celle de l’un d’eux. Le mystérieux traqueur passe à l’acte en dévoilant en détail la vie de la jeune femme sur Internet, puis en menaçant ses proches. Plusieurs incidents violents se produisent dans l’entourage de Mima et elle réalise que son existence se confond dangereusement avec la série télé.

Cet impressionnant thriller animé, qui a largement inspiré Black Swan de Darren Aronofsky, est l’occasion idéale de découvrir le cinéma de Satoshi Kon, moins connu en France (parce que bien plus sombre et adulte?) qu’un Hayao Miyazaki. Le film donne un aperçu particulièrement dérangeant des otakus, ces personnes dont la passion de toutes formes de contre-culture les éloigne peu à peu d’une socialisation rationnelle. Mais il est avant tout un tourbillon d’une incroyable virtuosité, qui abolit avec génie les frontières entre réalité et fantasme.

Mardi 28 janvier à 18h, Grand Amphi

* * *

Nous vous attendons très nombreux pour découvrir ces films !

L’équipe de Bobinophile.

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2 réflexions sur “La sélection de la 4ème édition du Cycle D.E. dévoilée !

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