Newsletter du 26 janvier 2013

 SEMAINE DU 27 JANVIER AU 2 FÉVRIER

A L’IEP CETTE SEMAINE

4ème édition du Cycle D.E. : encore deux jours pour en profiter ! Notre belle programmation, ici.

SORTIES NATIONALES (mercredi 22 janvier)

007448Dallas buyers club, de Jean-Marc Vallée (Etats-Unis, 2014, 1h57mn) : 1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo.Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

Nymphomaniac – volume 2, de Lars Von Trier (Danemark, 2014, 2h04mn) : La folle et poétique histoire du parcours érotique d’une femme, de sa naissance jusqu’à l’âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s’est autodiagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l’avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours. Deuxième volet d’un duo de films dont le sujet est : la nymphomanie, et le sexe comme force surpuissante et permanente, destructrice. Charlotte Gainsbourg, impressionnante, ne nous laisse pas de marbre. Délire terrifiant, perturbant.

Jacky au royaume des filles, de Riad Sattouf (France, 2014, 1h30mn) : En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper…

Tonnerre, de Guillaume Brac (France, 2014, 1h40mn) : Un rocker trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession.

Démocratie Zéro6, de Michel Toesca (France, 2014, 1h15mn) : Trois villages d’une vallée isolée du Sud-Est de la France, frontalière de l’Italie, décident en commun de consulter leur population sous forme de référendum consultatif concernant leur rattachement administratif à la CARF, Communauté d’Agglomération de la Riviéra Française, dont l’avenir est d’intégrer la métropole de Nice, la toute première créée en France. Le préfet Drevet, soutenu par le président de la métropole Christian Estrosi et le président du conseil général Eric Ciotti, déclare illégal et interdit ce référendum en menaçant élus et associations de 6 mois de prison et de 7500€ d’amende s’ils participent à sa mise en place, alors que partout ailleurs en France ce genre de référendums a lieu sans obstruction. C’est en partant de l’examen de cette situation locale et l’analyse des moyens utilisés par les pouvoirs en place pour créer une métropole, que ce film pose la question de l’exercice de la démocratie représentative sur l’ensemble du territoire.

ENCORE DANS LES SALLES

Nous avons aimé :

Le vent se lève, de Hayao Miyazaki. L’ultime chef d’œuvre de Miyazaki. Une œuvre très mûre à laquelle on reprochera tout de même de trop souvent perdre le fil du récit.

Lulu, femme nue, de Solveig Anspach. Une femme grandit dans le regard des autres et par les autres. Si la juxtaposition des rencontres finit par s’essouffler, l’impeccable Karin Viard et un savoureux mélange d’humour et de mélancolie captivent de bout en bout.

12 years a slave, de Steve McQueen. Une superbe mise en scène, qui met en rage, questionne, émeut. L’acteur principal, Chiwetel Ejiofor, impressionne par son jeu, qui reste toujours au plus près de la vérité des émotions, toujours digne, sans cesse révolté. Du beau cinéma !

Philomena, de Stephen Frears : S’il n’évite pas la guimauve avec des vidéos flash-back un peu trop surfaites, et si le réalisateur ne prend aucun risque dans sa mise en scène,Philomena reste une très belle histoire qui mérite qu’on se déplace en salle, d’autant plus qu’elle est portée par une Judie Dench qui excelle dans l’ordinaire et nous frappe en plein cœur.

Tel père, tel fils, de Hirokazu Koreeda : La force du film de Kore-Eda, c’est de ne jamais tomber dans la facilité. Il prend le temps de complexifier, de brasser chaque facette pour un film aussi doux en surface que déchirant dans les détails, et démontre brillamment que culture et nature ne sont pas forcément antagonistes.

Ils nous ont divisés :

Une autre vie, de Emmanuel Mouret. POUR : Un film de l’hypersensibilité, superbement mis en scène, dans lequel la nature devient espace théâtral.Se distingue un « trio amoureux » incarné par Joey Starr, Virginie Ledoyen et Jasmine Trinca ; CONTRE : Si Emmanuel Mouret s’essaye au mélodrame à travers l’analyse d’un triangle amoureux, le résultat n’est pas franchement au rendez-vous car l’intrigue ne parvient jamais à se saisir de son ampleur et souffre avant tout d’un trio d’acteurs qui récitent leur texte et surjouent comme on le ferait dans une mauvaise pièce de théâtre dramatique, et d’une musique grandiloquente. Dommage, car la structure est bien là, mais le reste ne suit pas.

Yves Saint Laurent, de Jalil Lespert. D’une honnête facture grâce aux performances de Guillaume Galienne et Pierre Niney, le film de Jallil Lespert ne se sort pas des scories habituelles des biopics et ne fait qu’effleurer chaque thème abordé (la mode, l’homosexualité, la guerre d’Algérie, le rapport aux femmes, la célébrité). Le résultat a un étrange goût de saga publicitaire au profit de la marque YSL.

Nymphomaniac – Volume 1, de Lars Von Trier. Dans un style trop alourdi, mais souvent sidérant, Lars vont Trier propose une étrange auto-analyse de son cinéma, ses lubies, de ses peurs à travers la métaphore de la nymphomanie. D’abord irritant par ses tics formels, ce premier volume convainc dans la durée et laisse présager une seconde partie encore plus intéressante.

Le loup de Wall Street, de Martin Scorsese. Le film divise l’association, trop long, trop caricatural et prétentieux, ou bien au contraire bien alléchant et bien divertissant. Ce qui est sûr, c’est que la prestation de Leonardo DiCaprio est grandiose.

L’amour est un crime parfait, de Jean-Marie et Arnaud Larrieu. Un parallèle amer veut que, de même que tout est recouvert de neige à l’écran, ce thriller à l’élégance évidente mais aux ramifications bâclées apparaisse bien lisse et figé. Une fois de plus, Amalric est celui qui sauve (un peu) la mise.

Nous n’avons pas aimé :

Mère et fils, de Calin Peter Netzer. L’histoire d’une mère que la bourgeoisie a délavé de toute valeur humaine, qui s’évertue par tout moyen de corruption et de mensonge à innocenter son fils qui la déteste d’un homicide qui a coûté la vie à un enfant de 14 ans. Ou comment l’incompréhensible ours d’or à Berlin a récompensé en 2013 une œuvre qui fait l’apologie de la cupidité et de l’immoralité, regardant indistinctement les bourreaux et les victimes à travers une caméra nauséeuse magnée par un épileptique. Un film scandaleux !

ÉVÉNEMENTS

Soirée Hallucinée – projection du film Cheap Thrills (2013) de E.L. Katz : mardi 28 janvier à 20h au Comoedia. Deux amis fauchés sont alpagués par un mystérieux couple afin d’animer une soirée dont l’issue se révèlera sanglante. Le film est lauréat de l’Oeil d’or au Paris International Fantastic Film Festival. « Cheap Thrills is one of my favorite movies of 2013. It’s a genre fan’s paradise: one messed-up idea, explored to the limit of its potential, with some supremely squirm-inducing moments. » (R. Fischer).

ma-nuit-chez-maud-1968.jpg w=300Projection du film Ma nuit chez Maud (1969) de Eric Rohmer : dimanche 2 février à 18h Comoedia. Un ingénieur goûtant le calme d’une ville de province éprouve une très grande attirance pour une jeune femme indépendante. Dans la série des « Six contes moraux », troisième histoire. Le film qui a fait connaitre et qui a consacré l’un des meilleurs cinéastes en France, précurseur de la Nouvelle Vague : Eric Rohmer, réalisateur de films dont la rigidité classique n’empêche pas le saut dans la modernité. Avec Françoise Fabian et Jean-Louis Trintignant. Tarif à 4,80 euros sur présentation d’une carte de la B.M. valide !

Festival de cinéma et vidéo Les Inattendus : du 24 janvier au 2 février à la MJC Monplaisir. Le festival Les Inattendus propose depuis 1997 une programmation cinématographique éclectique dans les formes, les genres et les thématiques des films sélectionnés. Par le choix de films venus d’ailleurs, ou d’autres époques, il se propose d’alimenter l’accès à des expressions cinématographiques libres et singulières. Au programme de sa 9e édition, vous pourrez notamment retrouver une sélection de séances consacrées à des cinéastes allemands. Découvrir le programme. Entrée libre.

Dans le cadre du festival, projection du film Age is… de Stephen Dwoskin : dimanche 2 février à 18h au Comoedia. Age Is… est une ode à la texture, la beauté, la singularité des visages et des silhouettes vieillissantes, un poème hypnotique au sens le plus « Dwoskinien » du terme, c’est à dire une observation minutieuse, passionnée et amoureuse des détails. Un geste, une pause, un regard, un moment. A travers ses films, l’intimité a toujours joué le premier rôle et cela est encore le cas dans Age is…, tous les visages étant ceux d’amis proches, de leurs familles et même parfois de Stephen lui même.

A L’INSTITUT LUMIÈRE

25 rue du Premier-Film

Métro D Monplaisir-Lumière

Tél. 04 78 78 18 95

http://www.institut-lumiere.org

Rétrospective Jean-Pierre Melville :

Avant d’être cinéaste, Jean-Pierre Melville fut un jeune cinéphile passionné, apprenti voyou à Montmartre et soldat, résistant durant la Seconde Guerre mondiale – autant d’expériences dont il nourrira son oeuvre. Se considérant lui-même comme père de la Nouvelle Vague, il impulsa un renouveau du cinéma français, bouleversant le genre policier avec virtuosité. Visite à un cinéaste qui sut créer un cinéma populaire tout en développant un style personnel et puissant.

L’armée des ombres (Fr, 1969, 2h23, couleur, avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Simone Signoret, Jean-Pierre Cassel): Gerbier s’évade du siège de la Gestapo et exécute, avec Félix et Lemasque, le responsable de son arrestation… Melville s’inspire de ses souvenirs de résistant et des actions de Lucie Aubrac. Melville : « Le film est une tragédie à sept personnages, ni plus ni moins. C’est un morceau de ma mémoire, de ma chair. » Séances: mercredi 29 Janvier 16H30 Jeudi 30 Janvier 21h présentation par Philippe Labro– Samedi 1er février 17H45 – Dimanche 2 février 18H45

Quand tu liras cette lettre (Fr, 1953, 1h44, N&B, avec Juliette Gréco, Philippe Lemaire, Daniel Cauchy, Irène Galter) : A la mort de ses parents, Thérèse renonce à prendre le voile pour veiller sur sa soeur Denise. Celle-ci s’éprend de Max, un homme brutal… Melville veut s’installer dans ses propres studios, et accepte donc cette oeuvre de commande. Une curiosité à laquelle il insuffle une belle noirceur, et qui offre à Juliette Gréco son premier grand rôle. Séances : Vendredi 31 février 14H30 – Samedi 1er février 15H45

Rétrospective Michael Curtiz :

Tête de proue du cinéma hongrois puis européen, avant de s’exiler à Hollywood, Michael Curtiz (1887-1962) réalisa près de 200 films. Génie narratif, auteur prolifique, cinéaste vedette de la Warner, il s’empara d’une vaste diversité de sujets et de genres, excellant dans le romanesque et l’aventure, et porta le cinéma comme art populaire à son meilleur.

Female (USA, 1933, 1h, N&B, avec Ruth Chatterton, George Brent, Lois Wilson) : Une directrice courtise ses employés pour les jeter ensuite… Commencée par Dieterle, continuée par Wellman, achevée par Curtiz, une comédie piquante où l’on parle de sexe sans détour, peu avant le durcissement du Code Hays en 1934. Séances : Jeudi 30 Janvier 17H – Samedi 1er février 14H30

Furie noire (Black Fury, USA, 1935, 1h34, N&B, avec Paul Muni, Karen Morley, William Gargan): Un mineur émigré se trouve pris dans la lutte des travailleurs en grève avec les propriétaires de la mine de charbon… Le film s’inscrit dans cette période, durant la Grande Dépression, pendant laquelle la Warner produisit des films réalistes imprégnés des problèmes sociaux. Séance: Vendredi 31 Janvier 17H

Mais aussi :

Le Mépris de Jean-Luc Godard (Fr/It, 1963, 1h45, couleur, avec Brigitte Bardot, Michel Piccoli, Fritz Lang, Jack Palance) : Paul part à Capri avec sa femme Camille pour écrire le scénario du nouveau film de Fritz Lang. Le producteur tente de séduire Camille… Un film mythique à tous égards : l’un des plus beaux couples de cinéma, la beauté ravageuse de Bardot, la musique envoûtante de Delerue, les décors lumineux de Capri, la présence crépusculaire de Lang, et cette évocation déchirante du couple d’après Moravia. En version restaurée. Séance : Dimanche 2 février 16H45

Fleurs d’équinoxe de Yasujiro Ozu (Higanbana, Japon, 1958, 1h57, couleur, avec Shin Saburi, Kinuyo Tanaka, Ineko Arima) : Setsuko va bientôt épouser un jeune homme que son père n’a pas choisi. Blessé, celui-ci annonce qu’il ne se rendra pas à ce mariage. La mère, la soeur, les voisines tentent de le faire changer d’avis… Dans son premier film en couleur, Ozu poursuit son auscultation d’une société japonaise en pleine mutation, avec subtilité et humour. Un film majeur d’Ozu, en version restaurée inédite. Séances: Jeudi 30 Janvier 14H30 – Vendredi 31 Janvier 19H – Dimanche 2 février 14H30

Exilé de Johnnie To (HK, 2006, 1h50, couleur, avec Anthony Wong Chau-Sang, Francis Ng, Simon Yam): Macao, 1998. Trois tueurs à gages venus de Hong Kong sont chargés de liquider un des leurs, Wo, qui a trahi le milieu afin de changer de vie. Auparavant, ils tentent un dernier job afin d’assurer de l’argent à la famille de Wo… Un mélange réussi de genres aussi différents que le polar, le thriller, la comédie et le western spaghetti. Séances : Vendredi 30 Janvier 21H15 – Samedi 1er février 20H30

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

lecon-de-piano-1993-03-gLundi :

  • Les Incorruptibles de Brian de Palma avec Robert de Niro, Kevin Costner, Sean Connery, Andy Garcia à 20h50 sur W9

Mardi :

  • Star Wars Episode IV : La Guerre Des Etoiles de George Lucas avec Lark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher à 20h50 sur M6 ;
  • Les Barbouzes de Georges Lautner avec Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche à 20h50 sur D8

Mercredi :

  • Virgin Suicides de Sofia Coppola avec Kirsten Dunst, Josh Hartnett à 20h50 sur Arte

Dimanche :

  • Le Train Sifflera Trois Fois de Fred Zinnemann avec Gary Cooper, Grace Kelly à 20h50 sur Arte ;
  • Riens Du Tout de Cédric Klapisch avec Fabrice Luchini à 20h30 sur LCP ;
  • [le choix de la semaine] La Leçon De Piano de Jane Campion avec Holly Hunter, Sam Neil, Anna Paquin à 20h50 sur FranceÔ, l’histoire d’un voyage sensuel et sensoriel, l’histoire d’Ada, muette, et de sa fille parties pour la Nouvelle-Zélande pour se marier avec un homme qu’elle ne connait pas, l’histoire d’Ada et de son piano. Jane Campion a voulu filmer « des désaxés avides d’amour », le chef d’oeuvre de la présidente du prochain Festival de Cannes.

Bonne semaine et bons films à tous !

L’équipe de Bobinophile

 

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