Newsletter du dimanche 23 février 2014

SEMAINE DU 24 FÉVRIER AU 2 MARS

Retrouvez notre palmarès des Bobines d’Or dans le nouveau numéro de L’Ecornifleur en vente jeudi et sur notre site en cliquant ici.

SORTIES NATIONALES (mercredi 26 février)

Nous avons vu :

21055102_20131106102958541The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson, (Etats-Unis, 2014, 1h40) : ce film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, œuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au cœur de la vieille Europe en pleine mutation. Les aventures de Gustave H. et de son allié, Zéro Mustafa, le lobby-boy, donnent l’occasion à Wes Anderson d’ériger une passerelle entre un passé en décrépitude et un avenir menacé par la montée du nazisme en Europe. Entre nostalgie et crainte, il ne s’éloigne jamais de son identité cinématographique qui repousse les limites de l’absurde et fait de ce récit soigneusement écrit un moment incontestablement agréable et plaisant à regarder. Mais force est de constater (avec regret…), que ce nouveau cru, peut-être trop attendu, est surestimé. La mise en scène, si elle ne manque pas d’idées, est plus millimétrée que jamais, quasi mécanique et s’impose parfois comme un affront à l’émotion. Lire une critique et des questions posées au réalisateur par le public lyonnais.

Week-ends d’Anne Villacèques (France, 2014, 1h30) : Un rien suffit parfois à gâcher un week-end à la campagne. Un simple malentendu sur un parking de supermarché, un mauvais réflexe, et voilà que tout se détraque. Rien ne va plus pour Christine. Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Un détraquage du quotidien – ces week-ends institués et répétitifs – dont la cause est à chercher dans la rupture entre Christine (Karin Viard), et Jean (Jacques Gamblin). L’équilibre entre les deux couples amis de presque 30 ans disparaît, les regards changent, et l’on se rend compte que sous les broutilles du quotidien, une joute verbale pour une place de parking ouvrant à titre d’exemple le film, se cache le véritable problème qu’on n’avait pas vu arriver ou que l’on avait peut être décidé d’ignorer… Dans une forme narrative qui choisit un lieu unique filmé à divers moments de l’année, Anne Villacèque capte les interrogations de la cinquantaine, cet « entre-deux âges » menaçant et déstabilisant, à travers quatre personnages emmenés par celui de Christine, la plus excessive et contrastée, interprétée par une Karin Viard qui ajoute une légère saveur à ce récit qui, somme toute, souffre d’un scénario finalement trop pauvre et inabouti ne permettant jamais de faire décoller l’intrigue vers une réflexion véritablement prenante… Finalement, que tirer de la pauvreté de la mise en miroir de deux couples mettant en lumière le poids de l’âge ? Peut-être le constat que le cinéma français n’a parfois pas grand-chose à raconter… Lire une interview de la réalisatrice et de Karin Viard par un membre de Bobinophile.

Le sens de l’humour de Marilyne Quinto (France, 2014, 1h40) : Elise vit seule avec Léo, son fils de dix ans dont le père est mort. Elle entretient une liaison chaotique avec Paul et cet amant va peu à peu apprendre à connaître et s’attacher à Leo. Cela commence à devenir dommage, voire condamnable, que certains cinéastes se contentent de jouer la carte de la mise en scène froide – ici, Canto efface toute couleur chaude de l’écran et capture presque uniquement la lumière naturelle – pour prétendre retranscrire les états d’âme des personnages, faire émerger une ambiance terne dans laquelle son propre personnage semble éternellement se complaire. Ces choix qui nous proposent une lecture « par procuration » pourrait-on dire pour raconter quelque chose ne suffisent en rien à faire entrer le spectateur dans les scènes. Au contraire, on s’en trouve presque constamment exclus, condamnés à regarder ce glacis à travers l’entrebâillement d’une porte… On relativisera toutefois en soulignant quelques moments de tendresse touchants où les personnages se livrent enfin et au cours desquels l’alchimie entre les trois personnages fonctionne. Lire une interview des acteurs Marilyne Canto et Antoine Chappey par un membre de Bobinophile.

La femme du ferrailleur de Danis Tanovic (Bosnie-Herzégovine France Slovénie, 2012, 1h15) : Nazif est ferrailleur. Il vit en Bosnie avec sa femme, Senada, et leurs 2 filles. Un jour, Senada se plaint de terribles maux de ventre et doit se faire hospitaliser d’urgence. Mais faute de couverture sociale, le couple doit payer l’opération : une somme considérable qu’ils n’ont pas. Pendant 10 jours, Nazif fait tout pour sauver la vie de Senada en cherchant de l’aide auprès des institutions et en tentant de trouver toujours plus de fer à vendre. Quand le cinéma réaliste façon “reportage TV” ne permet plus une proximité avec des personnages construits mais ne cherche que la promiscuité, le coup de force et la destruction du “quatrième mur”, il ne devient pas seulement fatiguant, mais abject. Quelques semaines après le film roumain « Mère et Fils », on ressent le même dégoût.

Nous parions sur :

Un été à Osage county de John Wells (Etats-Unis, 2013, 1h59) : En famille, on se soutient. En famille, on se déchire… Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation. Réunis dans la maison familiale avec leur mère paranoïaque et lunatique des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont resurgir… Un casting plein de promesses avec Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan McGregor et Benedict Cumberbatch, pour un nouveau mélodrame familial dont on espère qu’il dépassera ce qu’on peut en attendre de plus basique…

Terre des ours de Guillaume Vincent (France, 2014, 1h27, avec la voix de Marion Cotillard) : La terre Kamtchatka, terre à l’état sauvage située en Extrême-Orient russe est le royaume des ours bruns. Au fil des saisons, on suit les préoccupations de tous les membres d’une famille ours. Un film animalier sur lequel on parie pour la beauté des images, mais qui se réserve aux amateur du genre.

ENCORE DANS LES SALLES

Nous avons aimé :

445377Only lovers left alive, de Jim Jarmusch : Only lovers left alive reste dans l’esprit des œuvre précédentes de Jarmusch: un film subtil, contemplatif, auquel s’ajoute ici une esthétique vintage et sensuelle qui saisit le spectateur. Tom Hiddleston et Tilda Swinton interprètent à merveille une relation amoureuse intense qui contraste avec la fragilité des personnages. Entre les visions nocturnes des villes de Tanger et Detroit et ce couple de vampires vivant au milieu des livres et des vieux instruments, Jarmusch mêle le fantastique à un monde moderne en voie d’autodestruction, et cette combinaison est une réussite. On pourra lui reprocher tout de même des dialogues un peu artificiels, d’une maladresse surprenante qui nous extirpe un instant de cet atmosphère onirique dans lequel il est parvenu à nous plonger. // Ou bien : Les dialogues, d’une grande poésie tout comme le film, correspondent à l’uniformité que le réalisateur a voulu donné à son film. Ce qui peut gêner le plus en revanche, c’est la latence du récit… Il y a quelque chose de nécessaire dans cette contemplation de l’éternité, mais cela devient gênant à certains moments, en particulier dans cette mise en place interminable qui doit attendre l’arrivée d’Ava (Mia Wasikowska) pour enfin marquer un point de rupture dans le récit…

Mea Culpa, de Fred Cavayé : Les raccourcis du scénario ne sont qu’une manière de précipiter toujours plus les personnages dans l’action où ils vont pouvoir se révéler pleinement. Le spectacle est au rendez-vous, et Vincent Lindon comme toujours fascinant ! Lire une critique du film sur Le Mauvais Coton.591914

Abus de faiblesse, de Catherine Breillat : Cet abus de faiblesse est une mise en abîme de la vie de la réalisatrice et par là même, une mise en avant passionnante du récit de soi. La grande richesse du film plus que dans ce qu’il dit et ce qu’il montre, réside dans les non-dits qui nous laissent entrevoir une relation bien plus complexe entre les personnages de Maud et Vilko, interprétés par un duo impressionnant tiré par une Isabelle Huppert qui se surpasse dans cette performance physique. Une relation bien plus riche qu’une simple escroquerie, qui va puiser dans l’amitié voire dans l’amour, et finalement une certaine forme de respect mutuel. Le bilan pousse très loin le vertige que l’on peut traverser dans une phase de perdition de soi. Abus de faiblesse marque assurément le cinéma français de ce début d’année par sa grande justesse et sa réalisation experte. Lire une interview de la réalisatrice par deux membres de Bobinophile et lire une critique sur Courte Focale.

Hipótesis, de Roberto Bermudez : Un thriller grandement mené par Ricardo Darin, qui ne déçoit pas dans son rôle de prof en quête de vérité. Il nous emmène avec lui dans la recherche du coupable d’un crime odieux dont il a été témoin. On cherche nous aussi les détails, on observe les attitudes des suspects, et on en perd peu à peu notre propre faculté de compréhension, en même temps que le protagoniste principal. La fin aurait pu toutefois être moins précipitée.

Ils nous ont divisés :

Gloria, de Sebastian Lelio : L’actrice, récompensée à la Berlinale 2013, est excellente, banale, charmante et imparfaite juste comme il faut. Elle donne tout son mordant et toute sa mélancolie à ce portrait sentimental d’une quasi-sexagénaire divorcée. Mais le réalisateur, lui, ne sait pas faire déborder son film au-delà de la petite expérience d’empathie sagement programmée. Très oubliable donc.

Les trois frères le retour, de Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus : Ces « trois frères » n’ont pas réussi à trouver un juste milieu entre l’humour qui a fait leur notoriété, et la modernisation nécessaire de celui-ci lorsqu’on fait un nouveau film presque 20 ans après le premier. A cela s’ajoute de longues périodes de flottement durant lesquelles les gags s’accumulent indistinctement et la trame se perd dans des aléas lourds et poussifs. Si quelques bons moments viennent relever la barre et sauvent le film, qui séduira sûrement les fans inconditionnels des Inconnus, on est en droit de se question sur la nature de ce retour, entre sincère nostalgie ou excès d’opportunisme. L’interview des Inconnus par deux membres de Bobinophile.

Un beau dimanche, de Nicole Garcia : Comme c’était déjà le cas pour Un balcon sur la mer, choisit un sujet à fort potentiel – ici l’incompréhension menant à un impossible dialogue familial provoqué par la barrière sociale, non seulement matérielle mais avant tout mentale. Malheureusement, elle le saborde une nouvelle fois en tombant rapidement dans la caricature : elle va puiser son inspiration dans le fossé le plus extrême entre la beauf irresponsable du sud de la France (Louise Bourgoin), négligée, couverte de tatouages tribal, et la famille bourgeoise par excellence, emprunte de tous les défauts qu’on peut leur reprocher. Les différences sont figées dans des plans symboliques d’un grand manque de subtilité et de discernement allant parfois jusqu’au manichéisme. Entre les deux pôles se trouve fort heureusement Pierre Rochefort, mystérieux, absent et profondément touchant dans son rôle d’homme écorché, une révélation à suivre…

La belle et la bête, de Christophe Gans : La beauté visuelle du film ne parvient pas à couvrir les défauts flagrants de cette nouvelle version du célèbre conte, à savoir: un scénario bien trop complexe donc une narration qui s’égare, des longueurs et une difficulté à faire passer l’émotion. Malgré tout, l’ensemble tient la route et cela fait réellement plaisir de voir ce genre de films produits en France.

American Bluff, de David O. Russel : Un bon film des seventies avec des escrocs au grand cœur, des femmes au foyer dépressives, des politiciens véreux, de la musique rock et des paillettes. On pourrait reprocher à David O. Russell d’en faire trop, de revisiter le film d’arnaque pour en faire un film fleur bleue et parodique, un peu attendu après Happiness Therapy… Mais il nous offre ici la matière d’un cinéma roublard, exubérant et incroyablement sexy: peut-être pas un grand film, mais un bon moment passé avec des acteurs au jeu juste et une narration entraînante // Ou bien : S’il n’atteint jamais le niveau de Scorsese (respect à celui qui le peut), c’est en utilisant la parodie du film de gangster que David O. Russell s’en sort finalement là où l’on pouvait penser qu’il allait se prendre au sérieux, et gère les faux semblant et la manipulation avec une jubilation communicative de même que les interprètes s’emparent de leur rôle avec délectation. C’est toutefois dans la célébration outrageuse des seventies que le réalisateur force le trait au prix de nombreuses ostentations et exubérances qui ne cachent jamais vraiment la vacuité du matériau… Un film assez vite oublié finalement.

Dallas Buyers Club, de Jean-Marc Vallée : La principale force du nouveau film de Jean-Marc Vallée repose sur la performance de ses acteurs principaux, Matthew McConaughey et Jared Leto. La conscience politique du réalisateur, qui ne parle pas seulement du virus du sida mais aussi des incohérences de l’industrie pharmaceutique, parvient à dépasser les tics de réalisation qui collent à sa filmographie : tics visuels (parfois renforcés par l’usage d’une caméra à l’épaule), des tics sonores, autour d’une bande originale trop présente et trop pop, et un montage un peu douteux qui multiplie les ellipses maladroitement insérées.

Encore à découvrir :

Bethlehem, de Yuval Adler : Sanfur, un jeune palestinien vit dans l’ombre de son frère Ibrahim, un terroriste à la tête d’un réseau influent. Razi, un agent des services secrets israéliens qui recrute des informateurs dans les territoires occupés s’en fait un allié, lui offrant ce qui manque à sa vie, l’estime et la bienveillance d’un père. Tentant d’assurer son rôle tout en restant loyal envers son frère, Sanfur navigue comme il peut d’un camp à un autre, commettant des impairs.

ÉVÉNEMENTS

Projection en avant-première du film Arrête ou je continue en présence de la réalisatrice Sophie Fillières et de l’actrice Emmanuelle Devos : lundi 24 février à 20h au Comoedia. Pomme et Pierre. Ils sont ensemble depuis longtemps. Trop longtemps ? Ils sont pris dans cette combine qu’est devenu leur couple, ce discret désastre, pris dans ce numéro qui se joue presque malgré eux. « Arrête ou je continue » l’un comme l’autre pourrait le dire. Ils ont l’habitude de longues marches en forêt. Au cours de l’une d’elle, Pomme refuse de rentrer. Non. Juste non. Qu’il lui file le kway, qu’il lui file le pull, qu’il lui file le sac, elle reste… Elle disparaît dans les taillis. Sans fracas… Déjà habitués à tourner ensemble dans les films de Arnaud Despléchin (Rois et Reine, Un conte de Noël), les deux acteurs qui composent un talentueux duo, Emmanuel Devos et Mathieu Amalric, promettent encore de montrer une belle complicité dans le jeu, en dehors d’une histoire dont les premières critiques ne sont pas très encourageantes.

Courts aux Oscars : dimanche 2 mars à 11h15 au Comoedia. Les films nominés à l’Oscar® du meilleur film court d’animation, en exclusivité avant la cérémonie dans la nuit du 2 mars. 4.80€ pour tous. Billets en prévente aux caisses du cinéma à partir du 23 février 2014.

20365809Projection du film culte Boulevard du crépuscule de Billy Wilder : dimanche 2 mars à 18h au Comoedia. Norma Desmond, grande actrice du muet, vit recluse dans sa luxueuse villa de Berverly Hills en compagnie de Max von Meyerling, son majordome qui fut aussi son metteur en scène et mari. Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l’écran, Salomé. Joe accepte, s’installe chez elle, à la fois fasciné et effrayé par ses extravagances et son délire, et devient bientôt son amant. Quand son délire se transforme en paranoïa et qu’elle débarque au milieu des studios Paramount pour convaincre Cecil B. DeMille de tourner à nouveau avec elle, Gillis commence à prendre ses distances… Légendaire. Tarif 4.80€ sur présentation d’une carte de la B.M. valide.

A L’INSTITUT LUMIÈRE

25 rue du Premier-Film

Métro D Monplaisir-Lumière

Tél. 04 78 78 18 95

http://www.institut-lumiere.org

Rétrospective Jean-Pierre Melville

Avant d’être cinéaste, Jean-Pierre Melville fut un jeune cinéphile passionné, apprenti voyou à Montmartre et soldat, résistant durant la Seconde Guerre mondiale – autant d’expériences dont il nourrira son oeuvre. Se considérant lui-même comme père de la Nouvelle Vague, il impulsa un renouveau du cinéma français, bouleversant le genre policier avec virtuosité. Visite à un cinéaste qui sut créer un cinéma populaire tout en développant un style personnel et puissant.

Deux hommes dans Manhattan (Fr, 1959, 1h24, N&B, avec Pierre Grasset, Jean-Pierre Melville, Christiane Eudes, Ginger Hall): A New York, un journaliste et un photographe alcoolique tentent de retrouver un délégué français de l’ONU qui a disparu… Melville, amoureux d’une Amérique rêvée sur grand écran, filme les rues de Manhattan, avec les moyens du bord, interprétant lui-même le rôle principal. Mais le film est un échec. Melville rêve maintenant de conquérir le grand public. Séance : Mardi 25 Février 19H.

Le Silence de la mer (Fr, 1947, 1h26, N&B, avec Howard Vernon, Nicole Stéphane, Jean-Marie Robain) : Jura, Seconde Guerre mondiale. Un officier allemand loge chez un homme et sa nièce, qui refusent de lui adresser la parole. Lui leur parle de son amour pour la France… Pour son premier long métrage, Jean-Pierre Melville, marqué par son expérience de la Résistance, adapte avec peu de moyens le livre de Vercors et signe un merveilleux poème visuel. Séances : Mercredi 26 Février 21H – Jeudi 27 Février 19H – Vendredi 28 Février 17H – Dimanche 2 mars 16H30.

Sous le nom de Melville d’Olivier Bohler (France, 2008, 1h16, couleur et noir & blanc, avec la participation de Volker Schlondörff, Bertrand Tavernier, Johnnie To, Philippe Labro, Masahiro Kobayash) : Evocation du parcours de Melville pendant la Seconde Guerre mondiale et l’impact que cette expérience personnelle de la guerre et de la Résistance a eu sur l’ensemble de son œuvre de cinéaste, ainsi que, indirectement, sur celle de ses héritiers. Le film comporte des éléments d’entretiens avec des cinéastes qui viennent éclairer a posteriori l’œuvre de Melville. Séance le mercredi 26 Février après la projection à 21H de Le silence de la mer.

Rétrospective Michael Curtiz

Tête de proue du cinéma hongrois puis européen, avant de s’exiler à Hollywood, Michael Curtiz (1887-1962) réalisa près de 200 films. Génie narratif, auteur prolifique, cinéaste vedette de la Warner, il s’empara d’une vaste diversité de sujets et de genres, excellant dans le romanesque et l’aventure, et porta le cinéma comme art populaire à son meilleur.

Passage pour Marseille (Passage to Marseilles, USA, 1944, 1h49, N&B, avec Humphrey Bogart, Michèle Morgan, Claude Rains) : Jean Matrac, journaliste, s’échappe du bagne et rejoint la France à bord d’un cargo… Dans la foulée de Casablanca, Curtiz retrouve Bogart et choisit Michèle Morgan (qu’il voulait déjà pour Casablanca) pour ce film, mineur en comparaison du précédent, mais néanmoins plein de charme et de lyrisme. Séances : mardi 25 Février 14H30 – Jeudi 27 Février 21H.

Les Aventures de Robin des Bois (The Adventures of Robin Hood, USA, 1938, 1h42, couleur, avec Errol Flynn, Olivia de Havilland, Claude Rains) : Les exploits du célèbre voleur de la forêt de Sherwood… Christian Viviani : « La réussite du film est imputable à toute une équipe fabuleuse de techniciens, comédiens… Il s’agit effectivement d’un chef-d’oeuvre, mais plus du système hollywoodien que de Curtiz : celui-ci ne fit qu’y apporter le sel de son enthousiasme et la vitalité de son style. » Séances: Mercredi 26 Février 17H – Jeudi 27 Février 17H – Vendredi 28 Février 14H30 – Dimanche 2 Mars 14H30

Le Vaisseau fantôme (The Sea Wolf, 1941, 1h40, N&B, avec Edward G. Robinson, Ida Lupino, John Garfield) : À la suite d’un accident de ferry-boat, un écrivain et une évadée de prison sont recueillis sur le navire d’un loup de mer qui refuse de les débarquer. Poussé à bout par sa cruauté, l’équipage décide de se révolter… Un grand film d’aventures, sombre et ambigu, d’après le roman de Jack London. Séance : mardi 25 Février 17H.

Mais aussi…

Lettre d’une inconnue de Max Ophuls (Letter from an Unknown Woman, USA, 1948, 1h27, N&B, avec Joan Fontaine, Louis Jourdan) : La passion secrète de la jeune Lisa pour son voisin, le frivole Stefan… Le plus grand film américain du cinéaste, qui, exilé, évoque la Vienne de la Belle Époque. Joan Fontaine, disparu récemment, est ardente et sensible, dans cette sublime adaptation de Stefan Zweig. Séances : Mercredi 26 Février 19H – Jeudi 27 Février 14H30 – Vendredi 28 Février 19H – Samedi 1 mars 20H45 – Dimanche 2 Mars 18H30

À l’assaut de la montagne – Dans la tempête et la glace d’Arnold Fanck (1921, 1h15, N&B) : Un homme et une femme se lancent à l’assaut d’un sommet des Alpes valaisannes, le Liskamm, parfois surnommé ”le mangeur d’hommes”… Un film muet, hommage à la beauté de la nature et documentaire autour d’un sport alors à ses débuts, le ski. Avec deux skieurs hors-pair, Hannes Schneider, fondateur d’une école de ski alpin, et Ilse Rohde, alors meilleure skieuse de la Forêt-Noire. Version restaurée, musique originale de Paul Hindemith enregistrée sous la direction de Frank Strobel. Séance le mardi 25 Février à 20H45 en hommage à Arnold Fanck.

ÉVÉNEMENT : JEAN DOUCHET PARLE DE R.W. FASSBINDERfassbinder-rainer-werner-1-gGrâce à notre partenariat avec l’Institut Lumière, les quatre séances suivantes sont au prix de 4€ pour tous les étudiants de Sciences Po Lyon sur présentation de la carte d’étudiant

Le Mariage de Maria Braun (Die Ehe der Maria Braun, All., 1978, 2h, couleur, avec Hanna Schygulla, Klaus Löwitsch, Ivan Desny) : De 1943 à 1954, portrait d’une femme et d’un pays. Partis sur le front russe juste après leur mariage, Hermann est porté disparu, tandis que Maria devient entraîneuse dans un bar pour G.I.’s où elle rencontre Bill, un soldat noir… Le film propulsa Hanna Schygulla, égérie de Fassbinder, en star internationale. Un mélodrame et une critique acerbe de l’Allemagne d’après-guerre. Séance le Vendredi 28 Février à 20H45.

Le Droit du plus fort (Faustrcht der Freiheit, All., 1974, 2h03, couleur, avec Rainer Werner Fassbinder, Peter Chatel, Karl Heinz Böhm) : Franz, dit Fox, forain au chômage, drague Max, antiquaire qui va l’introduire dans la société homosexuelle bourgeoise. Franz gagne au loto et emménage avec Eugen… Autre mélodrame, des plus cruels. Fassbinder dresse un portrait tranchant de la lutte des classes, avec des héros homosexuels. Plus méconnu, Le Droit du plus fort reste l’une de ses œuvres les plus marquantes. Séance le Samedi 1 mars 10H30.

Tous les autres s’appellent Ali (Angst essen Seele auf, All., 1973, 1h33, couleur, avec Brigitte Mira, El Hedi Ben Salem) : Dans un café fréquenté par des travailleurs immigrés, Emmi, 60 ans, fait la connaissance d’Ali, un Marocain plus jeune qu’elle. Il s’installe chez elle et ils se marient. Leur union fait scandale… Un mélodrame inspiré de Tout ce que le ciel permet de Douglas Sirk (dont Fassbinder était un fervent admirateur), une bouleversante célébration de l’amour. Séance le samedi 1er mars à 15H.

Le Secret de Veronika Voss (Die Sehnsucht der Veronika Voss, All., 1981, 1h44, N&B, avec Rosel Zech, Hilmar Thate, Cornelia Froboess) : Munich, 1955. La rencontre entre Robert Krohn, chroniqueur sportif, et Veronika Voss, star de cinéma d’avant-guerre. Robert découvre qu’elle vit sous l’influence d’une femme, Dr Katz, qui l’approvisionne en morphine… Le cinéaste n’a cessé d’ausculter l’histoire allemande. Avec cet avant-dernier film, il clôt un cycle dédié à l’histoire de son pays vue à travers des portraits de femmes. Séance le Samedi 1er mars à 17h45.

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Lundi :

  • Capitaine Conan de Bertrand Tavernier avec Philippe Toreton, Samuel Le Bihan à 20h50 sur Arte ;
  • Johnny S’en Va-t-en Guerre de Dalton Trumbo avec Timothy Bottoms, Kathy Fields à 23h00 sur Arte ;
  • Le Cochon De Gaza de Sylvain Estibal avec Sasson Gabai, Baya Belal à 20h50 sur France Ô.

Mardi :

  • The Queen de Stephen Frears avec Helen Mirren à 22h50 sur HD1

Mercredi :

  • Un Poison Violent de Katell Quillévéré avec Clara Augarde, Michel Galabru à 20h50 sur Arte, premier film de la réalisatrise du très beau Suzanne, sorti en décembre dernier.

Jeudi :

  • [le choix de la rédaction] Le Discours D’un Roi de Tom Hooper avec Colin Firth, Geoffrey Rush à 20h45 sur France3 : Tom Hooper propose un biopic humaniste autour d’une histoire à enjeux multiples. Un sujet aussi beau qu’original, magnifiquement porté par ses acteurs, Colin Firth en tête, et par une bande originale sublime signée Alexandre Desplat.

Dimanche :

  • Devine Qui Vient Diner de Stanley Kramer avec Sidney Poitier, Katharine Hepburn à 20h45 sur Arte suivi d’un documentaire sur la grande Katharine Hepburn ;
  • Lignes De Front de Jean-Christophe Klotz avec Jalil Lespert, Cyril Guei à 20h30 sur LCP;
  • Vous Allez Rencontre Un Bel Et Sombre Inconnu de Woody Allen avec Anthony Hopkins, Naomi Watts, Josh Brolin à 20h50 sur HD1.

Bonne semaine et bons films à tous !

L’équipe de Bobinophile

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