Newsletter du dimanche 30 mars 2014

SEMAINE DU 31 MARS AU 6 AVRIL

128177.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMercredi 2 avril à 20h, le Cinéma Comoedia vous propose un tarif préférentiel de 4,20€ pour la projection-débat du documentaire NO GAZARAN en présence de la réalisatrice Carole Menduni et de Robert Pili, coordinateur du collectif isérois « Stop au gaz de schiste ». Inscriptions par mail à bobinophile@gmail.com

SORTIES NATIONALES (mercredi 2 avril)

Nous avons vu :

414114La crème de la crème de Kim Chapiron (comédie dramatique, France, 2014, 1h30) : Dan, Kelliah et Louis sont trois étudiants d’une des meilleures écoles de commerce de France. Ils sont formés pour devenir l’élite de demain et sont bien décidés à passer rapidement de la théorie à la pratique. Alors que les lois du marché semblent s’appliquer jusqu’aux relations entre garçons et filles, ils vont transformer leur campus en lieu d’étude et d’expérimentation. Loin des clichés et du bling bling attendus, Kim Chapiron nous offre un portrait jouissif et de la « génération Y » porté par un vrai scénario, de très bon acteurs et des répliques hilarantes. La très bonne surprise de ce premier semestre. Interview du réalisateur Kim Chapiron et de ses acteurs bientôt sur Le Mauvais Coton.

Salaud, on t’aime de Claude Lelouch (2h40, France, Comédie dramatique) avec Sandrine Bonnaire, notre johnny national et Eddy national aussi : Un photographe de guerre et père absent, qui s’est plus occupé de son appareil photo que de ses 4 filles, coule des jours heureux dans les Alpes avec sa nouvelle compagne. Il va voir sa vie basculer le jour où son meilleur ami va tenter de le réconcilier avec sa famille en leur racontant un gros mensonge. Cela aurait pu être un téléfilm familial digne d’un lundi soir sur TF1, ce fut malheureusement pire: Lelouch nous livre ici une chimère mi-drame, mi-documentaire animalier, mi-polar, mi-clip de Moustaki. Interview de Claude Lelouch prochainement.

Nous parions sur :

240408Nebraska d’Alexander Payne (comédie, Etats-Unis, 2014, 1h55) : Woody Grant, un père de famille alcoolique, croit avoir gagner un million de dollars. L’un de ses fils accepte de le conduire jusqu’au Nebraska pour y recevoir son gain imaginaire. Sur le chemin, ils doivent s’arrêter dans une petite ville, lieu de naissance du père qui y retrouve de vieilles connaissances et de la famille. Rassurez-vous, c’est une comédie. Prix d’interprétation masculine pour Bruce Dern au Festival de Cannes 2013. 

Pelo Malo de Mariana Rondon (drame, Vénézuela, 2014, 1h33) : Junior à 9 ans. Il vit à Caracas avec sa mère et son frère de 2 ans. Junior a les cheveux frisés de son père. Il voudrait avoir les cheveux lisses de sa mère. Junior adore chanter, danser avec sa grand-mère et se coiffer devant la glace. Mais pour sa mère, Junior est l’homme de la famille. C’est comme ça qu’elle l’aime…

No gazaran de Doris Buttignol et Carole Menduni (documentaire, France, 2014, 1h30) : L’alerte est lancée dans le sud est de la France début 2011 : le gaz de schiste arrive dans nos villages, nos paysages, nos vies. Carnet de route d’une mobilisation citoyenne imprévue, le film témoigne des soubresauts d’une société prise au piège d’un modèle économique en crise.

ENCORE EN SALLE

Closed Circuit de John Crowley; Gerontophilia de Bruce LaBruce ; I am Divine de Jeffrey Schwarz; Wrong cops de Quentin Dupieux ; The Canyons de Paul Schrader

Nous avons aimé :

530705Her de Spike Jonze : Très beau film sur la solitude moderne et l’amour, toujours plus virtuel. Her, par sa recherche obsédante d’un corps-sœur, est un acte résistant contre cette obsolescence programmée. Cette oeuvre est un écho puissant à la désincarnation de plus en plus prégnante des rapports humains d’aujourd’hui, jusque dans l’intime même. L’esthétique pastel du film et son rythme posé soulignent étrangement la force du propos. Lire la critique d’un membre de Bobinophile.

Se battre de Jean-Pierre Duret et Andréa Santana : Les réalisateurs abordent la misère ordinaire avec une caméra insérée discrètement en situation, dressent un constat certes alarmant, mais ne basculent jamais dans le militantisme. Ils ont su garder tout au long de ce documentaire essentiel la distance parfaite, juste et nécessaire, entre leur regard et les personnes approchées, et ce grâce à un récit choral qui permet un traitement dont la pudeur ne retranche en rien l’émotion. Fort et poignant, Se battre l’est, et donne en effet envie de se battre.

La cour de Babel de Julie Bertuccelli : La documentariste choisit de poser sa caméra dans une classe d’accueil de la banlieue de Paris. De cette immersion dans la vie de la classe, des personnages se dessinent et les histoires de famille se précisent. Au fil des saisons, la classe se construit avec ses drames, ses départs et l’apprentissage de la différence. La Cour de Babel dresse ainsi un portrait sensible et juste des enfants. Cependant, on pourrait regretter le choix de filmer au plus prés les visages des élèves (à l’opposé de celui de la professeur,absente) qui engage le spectateur.137574

The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson : Les aventures de Gustave H. et de son allié, Zéro Mustafa, le lobby-boy, donnent l’occasion à Wes Anderson d’ériger une passerelle entre un passé en décrépitude et un avenir menacé par la montée du nazisme en Europe. Entre nostalgie et crainte, il ne s’éloigne jamais de son identité cinématographique colorée qui repousse les limites de l’absurde et fait de ce récit soigneusement écrit un moment incontestablement agréable et plaisant à regarder. La mise en scène, si elle ne manque pas d’idées, est plus millimétrée que jamais, et peut s’imposer parfois comme un affront à l’émotion: c’est peut-être ce qui empêche ce dernier opus d’Anderson d’être le chef-d’oeuvre tant attendu, malgré ses nombreuses qualités et son rythme trépidant. Lire une critique et des questions au réalisateur.

only-lovers-left-alive-tom-hiddleston-tilda-swintonOnly lovers left alive, de Jim Jarmusch : Only lovers left alive reste dans l’esprit des oeuvres précédentes de Jarmusch: un film subtil, contemplatif, auquel s’ajoute ici une esthétique vintage et sensuelle qui saisit le spectateur. Tom Hiddleston et Tilda Swinton interprètent à merveille une relation amoureuse intense qui contraste avec la fragilité des personnages. Entre les visions nocturnes des villes de Tanger et Detroit et ce couple de vampires vivant au milieu des livres et des vieux instruments, Jarmusch mêle le fantastique à un monde moderne en voie d’auto-destruction, et cette combinaison est une réussite. Un petit bémol peut-être pour certains, à propos du personnage d’Ava, des dialogues et de la latence du récit, mais cela n’empêche pas Only lovers left alive d’être un film profondément poétique qui s’offre à nous en tant que contemplation onirique de l’éternité.

Un été à Osage county de John Wells : Étrange réunion de famille que celle qui rassemble Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan McGregor et Benedict Cumberbatch autour de la même table. On pouvait s’attendre à ce que ces grands acteurs hollywoodiens nous offre une vision assez stéréotypée des déchirements familiaux des Weston: or, ce film touche juste, et fait preuve d’un réalisme poignant, sans pour autant sombrer dans le pathos. Meryl Streep porte à merveille le film en incarnant une matriarche auto-destructrice qui donne quelque chose de burlesque à cette famille parfaitement dysfonctionnelle.

Ils nous ont divisés :

Dans l’ombre de Mary – La promesse de Walt Disney de John Lee Hancock : Ce film, on pouvait s’en douter, est une vraie retombée en enfance: on se réjouit de retrouver les chansons de Mary Poppins, ainsi qu’un personnage principal décalé, autoritaire mais attachant. Cependant, Dans l’ombre de Mary reste très classique et attendu, voire un peu larmoyant dans les passages qui concernent l’enfance de l’auteure P. L. Travers. Tom Hanks et Emma Thompson, pour leur part, effectuent une performance sans surprises. Cette production Disney sur Disney, qui fait parfois un peu trop penser à de l’autopromotion, ne nous laissera donc pas un souvenir impérissable.174935

Les chiens errants de Tsai Ming-liang : l’histoire de ce père et de ses deux enfants nous entraîne au coeur de la misère taïwanaise, à travers une succession de tableaux d’un esthétisme incroyable. C’est à la fois la force et la faiblesse de ce film qui n’est composé que de plans-séquences: on perd la notion du temps devant ces scènes quasi-immobiles, ou le mouvement et la parole ne sont plus que des exceptions face au silence et à la force de la nature. Si le réalisateur offre un film incroyablement proche du réel, il est souvent difficile pour le spectateur d’apprécier vraiment une scène de dix minutes ou il ne se passe strictement rien.

Free Fall de Stephan Lacant : S’il louche parfois du coté du Secret de Brokeback Mountain, Free Fall n’a pas son ampleur ni même sa profondeur. Stephan Lacant se débrouille mieux à analyser l’état d’esprit de son personnage principal placé dans une situation impossible où il est amené, par la force des conventions, à choisir entre sa femme et son amant, qu’à porter un regard plus ambitieux sur ce milieu dans lequel il replace son film : les rangs policiers reconnus comme étant homophobes. En cela, Free Fall est quelque peu limité dans sa démarche et dans sa résonance politique. Pour autant, la sobriété du traitement et le duo d’acteurs choisis, qui offrent de beaux moments de passion et de tension, suffisent à nous contenter.

Real de Kiyoshi Kurosawa : Real ne manque pas d’ambition. Le propos soulève de nombreuses questions existentielles et il y a quelques bonnes idées. Et pourtant, ce voyage expérimental de l’autre coté du réel ne marquera pas longtemps nos esprits, car le traitement est si lisse qu’il aplatît l’histoire hors du commun d’un couple. Au fil des rebondissements convenus, Real nous conduit à un dénouement qui frôle le grotesque. Loin de nous plonger dans un profond coma, c’est dans l’indifférence que le film nous transporte. Dommage.

Nous vous déconseillons :

Aimer, boire et chanter d’Alain Resnais : Une bien triste fin de carrière pour notre papy du cinéma français car non seulement la pièce qui sert de support d’écriture à Alain Resnais est inintéressante, mais par dessus le marché, le traitement qu’il en fait et l’interprétation des acteurs finit par anéantir l’humour et le film lui-même (Sabine Azéma y est très agaçante). Il faut donc, au fil de ces saisons, attendre l’automne pour que Resnais s’amuse à briser l’illusion théâtrale, pour que le burlesque commence légèrement à fonctionner. Si Alain Resnais n’est pas à oublier, son dernier film en revanche, l’est.

21028193_20130814100149953Monuments Men de Georges Clooney : Clooney choisit de traiter un aspect méconnu d’un moment de l’Histoire, et si l’idée de départ était louable, tout le traitement choisi y est affligeant : le ton humoristique qu’il emploie ne sert qu’à décrédibiliser l’Histoire elle-même ! Le film semble se soustraire à sa ligne directrice faute d’un scénario qui ne cherche qu’à accorder à ses personnages un moment de bravoure entre une scène burlesque et une scène à faire pleurer les chaumières (musique grandiloquente à l’appui!). Monuments Men n’avance jamais, n’apporte rien, mais prouve une grande tendance à l’académisme derrière lequel Clooney ne sait pas trop sur quel pied danser et se plante lamentablement tant dans sa réalisation amorphe que dans sa direction d’acteurs inexistante. Naufrage complet. George nous avait pourtant habitué à mieux.

ÉVÉNEMENTS

Projection du film culte Bonnie and Clyde de Arthur Penn (1967) : mardi 1er avril à 15h40 à l’UGC Confluence. Etats-Unis, les années 1930. C’est la Grande Dépression, suite au krach boursier de 1929. Un couple d’amants criminels, Bonnie Parker et Clyde Barrow, sillone le pays en braquant des banques. Bientôt, l’Amérique ne parle plus que de ces hors-la-loi inexpérimentés. Certains les admirent. D’autres sont horrifiés. Quoiqu’il en soit, poursuivis par la police, ils devront bientôt faire face à leur destin… « Ce classique du film de gangsters repose sur un couple glamour imparable, un scénario bien huilé et une mise en scène diablement efficace. Dommage que son discours contestataire fasse fi de toute réalité historique au profit d’une iconisation des deux truands » (àvoiràlire).

Soirée projection/débat du film documentaire No Gazaran : mercredi 2 avril à 20h au Comoedia. L’alerte est lancée dans le sud est de la France début 2011 : le gaz de schiste arrive dans nos villages, nos paysages, nos vies. Carnet de route d’une mobilisation citoyenne imprévue, le film témoigne des soubresauts d’une société prise au piège d’un modèle économique en crise. En présence de la co-réalisatrice Carole Menduni et de Robert Pili, coordinateur du collectif isérois “Stop au gaz de schiste” – tarif préférentiel à 4,20 euros avec Bobinophile, inscription par mail à bobinophile@gmail.com.

023_REFLETS-DU-CINEMA-IBERIQUE-ET-LATINO-AMERICAIN-affiche-2014Festival Quais du Polar : du 4 au 6 avril au Comoedia, à l’Institut Lumière et au Pathé Cordeliers. A cette occasion, le Comoedia vous propose d’assister à l’avant-première du film Joe de David Gordon Green et de voir ou revoir quatre grands polars de ces dix dernières années : La nuit nous appartient de James Gray, Bullhead de Michaël R.Roskam, Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier en sa présence et The Chaser de Na Hong Jin. Lisez les critiques du Mauvais Coton et la rubrique ci-dessous & Voyez le reste de la fascinante programmation ici.

Festival Reflets du cinéma Ibérique & latino-américain : du 19 mars au 2 avril au cinéma Le Zola (Villeurbanne). Voyez la programmation ici et lire notre article.

A L’INSTITUT LUMIÈRE
25 rue du Premier-Film
Métro D Monplaisir-Lumière
Tél. 04 78 78 18 95
http://www.institut-lumiere.org

Rétrospective Ingmar Bergman

Auteur d’une oeuvre à la fois profondément suédoise et touchant à l’universel, Bergman n’aura eu de cesse d’ausculter les tréfonds de l’âme humaine avec une acuité bouleversante. Cinéaste du couple, de l’existence mise à nu, il est aussi un cinéaste des sens, de la sensualité, du désir, de la sexualité, où l’humour et l’ironie peuvent poindre même au coeur du drame. Lire notre article « Ingmar Bergman, le magicien du nord en 9 films ».sf4300Monika (Sommaren med Monika, Suède, 1953, 1h34, N&B, avec Harriet Andersson, Lars Ekborg) : La rencontre de Monika et Harry et leur fuite estivale sur une île… Le surgissement de Bergman sur la scène internationale, un scandale – on l’accuse de ornographie – et la révélation Harriet Andersson, « dont le charme érotique et sauvage n’avait pas d’égal » dira Bergman. Séances : mardi 1er avril à 19h

La Nuit des forains (Gycklarnas afton, Suède, 1953, 1h33, N&B, avec Åke Grönberg, Gunnar Björnstrand, Harriet Andersson) : 1900. Un petit cirque dirigé par Alberti, en couple avec Anne, s’installe dans une bourgade où vit Agda, l’ex-femme d’Alberti… « Une oeuvre majeure, incomprise à l’époque », où « Bergman mêle avec virtuosité le réalisme le plus cru à un expressionisme onirique. » (N.T. Binh) Séances : jeudi 3 avril 17H – Vendredi 4 avril 14H30

Le Septième sceau (Det sjunde inseglet, Suède, 1957, 1h36, N&B, avec Max von Sydow, Gunnar Björnstrand, Bengt Ekerot, Nils Poppe, Bibi Andersson) : Au Moyen-Âge, un chevalier rentre des croisades… L’un des chefs-d’oeuvre du cinéaste. Ingmar Bergman : « Une allégorie sur l’homme, sa recherche éternelle de Dieu, avec la mort comme seule certitude. » Séances : mardi 1er avril à 21H

Cris et chuchotements (Viskningar och rop, Suède, 1972, 1h31, couleur, avec Harriet Andersson, Kari Sylwan, Ingrid Thulin, Liv Ulmann, Erland Josephson): La lente agonie d’Agnès, entourée de ses deux soeurs et de la servante Anna, seule à trouver la force pour l’accompagner vers la mort… Un drame intime et universel où les personnages se confrontent à la mort, à l’amour, à la perte des êtres chers, à la difficulté de vivre. Séances: Mercredi 2 avril 21H – Jeudi 3 avril 19H

Saraband (Suède, 2003, 1h47, couleur, avec Erland Josephson, Liv Ullmann, Börje Ahlstedt, Julia Dufvenius): Trente ans après, Marianne et Johan, le couple de Scènes de la vie conjugale, se retrouvent. Marianne fait la connaissance du fils de Johan et de sa petite fille… Ultime chef-d’oeuvre du cinéaste, bouleversantes retrouvailles avec deux de ses acteurs phares et dernière mise à nu du couple et de la famille. Séances : mercredi 2 avril 19H – Vendredi 4 avril 17H

Rêves de femmes (Kvinnodröm, Suède, 1955, 1h28, N&B, avec aussi Gunnar Björnstrand, Ulf Palme): Suzanne, directrice d’une agence photo, et Doris, jeune mannequin, partent en reportage à Göteborg. L’une va retrouver un ancien amant, l’autre rencontrer un vieux consul… Avec les deux figures féminines bergmaniennes de cette période, Harriet Andersson et Eva Dahlbeck. Séances : Mercredi 2 avril 17H – Jeudi 3 avril 14H30

Mais aussi…

La Piscine de Jacques Deray (1969, 1h59) : En plein été, la quiétude d’un couple (Alain Delon, Romy Schneider) est troublée par l’arrivée d’un ami et de sa (très jolie) fille (Maurice Ronet, Jane Birkin). Sensualité, jalousie et suspense… Séance le mardi 1er avril à 14H30

La Strada de Federico Fellini (1954, 1h48) : Le monde des forains vu par Fellini, mis en musique par Nino Rota, avec Anthony Quinn et Giulietta Masina. Séance le mardi 1er avril à 17H

Villa Amalia de Benoît Jacquot (2009, 1h34) : La séance sera suivie d’une rencontre avec Isabelle Huppert. Séance le jeudi 3 avril à 21H15. Lire notre article498762

WEEK-END FILMS NOIRS/QUAIS DU POLAR

Vendredi 4 avril à 20h30 :

  • James Ellroy présente Le Rôdeur de Joseph Losey (1952, 1h31) : Seule chez elle, Susan croit entendre un rôdeur. Elle appelle la police, qui ne découvre rien. Le lendemain, Webb, le policier, revient… Une romance passionnelle où morale, corruption et justice s’entremêlent.  Joyau inclassable dans la filmographie de Losey, Le Rôdeur est un catalogue de perversions, de déviances, et de corruption. Un film subversif et fiévreux, tournée dans l’urgence en pleine tyrannie maccarthyste , et écrit par Dalton Trumbo, l’un des plus célèbres des blacklistés de la « Chasse aux sorcières ». Il n’apparaitra d’ailleurs pas au générique, et n’aura pu travailler sur le film que grâce à un ami scénariste qui lui servira de prête-nom. On doit l’exhumation et la restauration de ce dernier film américain de Losey à la Film Noir Foundation et son président Eddie Muller, venu présenté Gun Crazy à Lyon lors du dernier festival Lumière.

Samedi 5 avril :

  • A 14h30 : Victor Del Arbol présente Amours chiennes d’Alejandro González Iñárritu : Quand il dit avoir  » mis beaucoup de ses tripes  » dans ce premier film à la construction narrative complexe (et que l’on retrouvera dans 21 grammes et Babel) le réalisateur mexicain est encore loin de la réalité. Car c’est du sang que naît la flagrante opposition entre ces différents personnages rencontrés dans les rues de la grouillante métropole. Ce sang qui s’échappe de nombreuses plaies béantes (dûes à une série de meurtres, d’avortements et de combats de chiens) est également celui que l’on transmet par filiation. Nourri d’obsessions personnelles, ce film aussi fort que noir, dresse le portrait d’un pays en mal de vivre et livré à une violence bestiale.
  • A 17h45 : George Pelecanos présente Le Violent de Nicholas Ray : In a Lonely Place est un film rare de Nicholas Ray. On y retrouve son goût pour des héros consumés par leurs pulsions et leur violence intérieure. De fait, ces personnages sous tension, ici le scénariste interprété par Bogart (l’un de ses plus beaux rôles), se prêtent particulièrement bien au film noir. Mais le cinéma de genre est surtout prétexte à une plongée sans concession dans le miroir aux alouettes de l’industrie du rêve hollywoodienne et à une réflexion sur la fragilité de l’artiste. Il est frappant de constater que Le Violent sort en 1950, la même année que Sunset Boulevard et All about Eve, deux films aux sujet similaire, et qui eux sont devenus de grands classiques. L’occasion de redécouvrir un grand film.
  • A 20h : Camilla Läckberg présente Usual Suspects de Bryan Singer (1995, 1h46) : Un magnat du crime contraint cinq malfrats à s’acquitter d’une tâche très périlleuse. A la clé : 91 millions de dollars… L’un des films choc des années 90, au final renversant, avec Kevin Spacey, Gabriel Byrne, Benicio Del Toro.

Dimanche 6 avril à 15h :

  • A 15h : Deon Meyer présente Le Troisième homme de Carol Reed (1949, 1h44) : Dans la tourmente de l’après-guerre, un Américain cherche son ami disparu à Vienne… Palme d’Or 1949 pour cet immense film d’espionnage, avec Orson Welles, Joseph Cotten, Alida Valli.
  • A 17h30 : Patrick Raynal et Didier Daeninckx présentent La Soif du mal d’Orson Welles (1958, 1h50) : A la frontière mexicaine, l’explosion d’une voiture fait surgir une affaire de drogue… Un film noir au panthéon des classiques, avec Charlton Heston, Janet Leigh, Orson Welles, Marlene Dietrich. 

 
DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

044206_im1Lundi :

  • Dracula de Francis Ford Coppola à 20h50 sur Arte suivi de Les Envoûtés de John Schlesinger

Mardi :

  • Seven de David Fincher à 22h45 sur D8
  • Oliver Twist de Roman Polanski à 20h50 sur HD1

Mercredi :

  • L’art d’aimer de Emmanuel Mouret à 20H50 sur Arte
  • Hanna de Joe Wright à 20h45 sur France4 suivi de Frozen river de Courtney Hunt

Jeudi :

  • Coco avant Chanel de Anne Fontaine à 20h45 sur France3
  • La Boum de Claude Pinoteau à 20h55 sur TMC

Dimanche :

  • La Couleur des sentiments de Tate Taylor à 20h50 sur France2
  • L’amant de Jean-Jacques Annaud à 20h50 sur Arte suivi de Hiroshima mon amour d’Alain Resnais
  • Les Valseuses de Bertrand Blier à 20h50 sur D8
  • Walk the line de James Mangold à 20h40 sur Numero23
  • [le choix de la rédaction] Eyes wide shut de Stanley Kubrick à 20h50 sur HD1 : un film fascinant et sombre sur les relations d’un couple (incroyables Nicole Kidman et Tom Cruise), leur rapport à la sexualité et à la tentation, qui offre quelques scènes de cinéma mythiques – à voir !

Bonne semaine et bons films à tous !

L’équipe de Bobinophile

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