Newsletter du dimanche 27 avril 2014

SEMAINE DU 28 AVRIL AU 4 MAI

SORTIES NATIONALES (mercredi 30 avril)

Nous avons vu…

332211Pas son genre de Lucas Belvaux (comédie/romance, avec Emilie Dequenne et Loïc Corbery, France, 2014, 1h51) : Clément, jeune professeur de philosophie parisien est affecté à Arras pour un an. Loin de Paris et ses lumières, Clément ne sait pas à quoi occuper son temps libre. C’est alors qu’il rencontre Jennifer, jolie coiffeuse, qui devient sa maîtresse. Il y a quelque chose d’extrêmement périlleux dans ce nouveau film de Lucas Belvaux, qui marque assurément un changement de registre de la part du réalisateur, jusqu’alors connu pour ses polars. Tenter une comédie romantique fondée sur les différences socio-culturelles au sein du couple, c’est prendre le risque de favoriser l’un aux dépends de l’autre, de polariser les personnalités humaines en deux blocs au risque d’une caricature sociale. Sujet casse-gueule à travers lequel, finalement, Lucas Belvaux s’en sort plutôt bien : certes, il ne manque pas de grossir les traits du philosophe intello taciturne opposé à la simplicité de sa compagne émerveillée par les plaisirs « populaires », en particulier dans les débuts du couple. Mais dès qu’il amorce un sous-texte plus tranchant, Belvaux saisit le spectateur dans une spirale de l’incommunicabilité dans laquelle le rapport de force se stabilise et mène les personnages aveugles à devoir affronter la réalité du couple qui n’est pas tant culturelle qu’universelle, et ce jusqu’à un dénouement manifeste d’un réalisateur qui n’est pas complètement dupé par les différences culturelles. Nous ajouterons enfin que Pas son genre, en plus de donner une belle composition à Loïc Corbery, célèbre l’éclosion d’une actrice française pétillante et pleine de promesses : Emilie Dequenne.

Le dernier diamant de Eric Barbier (thriller, avec Bérénice Béjo et Yvan Attal, France, 2014, 1h48) : Simon, un cambrioleur en liberté surveillée, accepte de monter sur le plus gros coup de sa vie: Le vol du « Florentin », un diamant mythique mis en vente aux enchères par ses propriétaires. Pour réussir, il devra approcher Julia, l’experte diamantaire, pour qui la vente constitue un enjeu personnel et familial considérable. Au-delà d’un casse particulièrement osé, Simon entrainera Julia vers un destin qu’elle n’aurait pas pu imaginer. Quand on découvre finalement que Bérénice Béjo a accepté le rôle avant même la sortie de The Artist, on saisit tout de suite mieux le sens de la catastrophe. Le dernier diamant est calamiteux en tout point de vue : son scénario alambiqué alliant une tentative de polar à une romance sans intérêt est médiocre, la réalisation accélérée et dynamique ne regorge d’aucune idée mais d’une accumulations de laideurs, et le jeu des acteurs, forcément desservis par de mauvais rôles, trahit le talent qu’on leur connait. C’est affligeant.

Ali a les yeux bleus de Claudio Giovannesi (drame, Italie, 2014, 1h39) : Nader, jeune romain d’origine égyptienne, tente de se rebeller contre les valeurs de sa famille. Tiraillé entre le poids de ses origines et son désir d’intégration, courageux et amoureux à l’instar du héros d’une fable contemporaine, Nader, livré à lui-même, va affronter la solitude et la peur, et devra se résigner à la perte d’une amitié pour affirmer sa propre identité. Le quotidien d’un fils d’immigré dans un pays qui commence tout juste à réfléchir à la situation de ses banlieues : cela peut nous paraître banal, mais en Italie c’est du jamais vu ou presque. LABOR DAY

Last days of Summer de Jason Reitman (drame/romance, avec Kate Winslet et Josh Brolin,Etats-Unis, 2013, 1h51) : Lors du dernier week-end de l’été, Frank, un détenu évadé, condamné pour meurtre, oblige Adèle et son fils Henry à le cacher chez eux. Très vite, la relation entre le ravisseur et la jeune femme prend une tournure inattendue. Pendant ces quatre jours, ils vont révéler de lourds secrets et réapprendre à aimer… En dépit d’une mise en scène abusive d’effets stylistiques, Jason Reitman parvient à donner un souffle à la fois chaleureux, mystérieux et inquiétant à son film qui ne peut maintenir l’attention du spectateur que par le soin qu’il accorde à l’instauration d’une atmosphère. Pour le reste, on ne retiendra que la bonne recette de tarte aux pêches de Josh Brolin, car côté scénario, Last Days of summer manque cruellement de subtilité. Le plus dérangeant est sans doute la mauvaise gestion de la temporalité du film, laissant le spectateur incrédule face à une histoire qui se refuse à la moindre profondeur psychologique des personnages. Dommage.

Joe de David Gordon Green (polar/thriller, avec Nicolas Cage et Tye Sheridan, Etats-Unis, 2013, 1h57) : Dans une petite ville du Texas, l’ex-taulard Joe Ransom essaie d’oublier son passé en ayant la vie de monsieur tout-le-monde : le jour, il travaille pour une société d’abattage de bois. La nuit, il boit. Mais le jour où Gary, un gamin de 15 ans arrive en ville, cherchant désespérément un travail pour faire vivre sa famille, Joe voit là l’occasion d’expier ses péchés et de devenir, pour une fois dans sa vie, important pour quelqu’un. Cherchant la rédemption, il va prendre Gary sous son aile… Narration foutraque et méchants caricaturaux, le film ne présente donc pas d’autre intérêt que nous donner l’envie de revoir le très beau Mud sorti l’année précédente de Jeff Nichols, avec le même Tye Sheridan. Seule la prestation de Nicolas Cage se distingue, sans sauver le film du naufrage.

Pourquoi pas ?

Conversation animée avec Noam Chomsky, de Michel Gondry (France, 1h28) : Conversations avec le linguiste et philosophe américain Noam Chomsky, sur sa vision du monde, de l’homme et de tout ce qui nous entoure, dans une série d’interviews avec Michel Gondry, et animé à la main par ce dernier. Un nouveau film qui se réservera certainement aux amateurs du cinéaste…

ENCORE EN SALLE

Apprenti Gigolo de John Turturro ; Après la nuit de Basil Da Cunha ; Noor de Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti : Night Moves de Kelly Reichardt.

Nous avons aimé…

554550States of Grace de Destin Cretton : Il y a énormément de cœur et de générosité dans ce premier film qui nous révèle un réalisateur qui croit éperdument en la jeunesse qu’il filme entre les murs de ce foyer pour adolescents en difficulté. Il est ainsi difficile de résister au charme et à l’émotion qui traverse States of Grace. Ce film, sans éviter une approche frontal de son sujet, privilégie une vision optimiste et réjouissante façon « feel-good movie », même si les excès de tendresse du films peuvent aussi laisser transparaître une certaine immaturité d’un réalisateur dont on peut déjà attendre beaucoup, et qui offre à son actrice principale, Brie Larson, son premier grand rôle.

Tout est permis de Coline Serreau : Le dispositif mis en place par Serreau, accumulant les prises de témoignages alternant plan rapprochés et plans plus éloignés avec une caméra instable est cinématographiquement lourd sur la longueur, trop saccadé dans le rythme. Tout est permis est un film qui doit être apprécié sur le fond bien plus que sur sa forme, car il parvient, à partir d’un thème précis qui nous concerne tous – la sécurité routière et la responsabilité au volant, à extrapoler une réflexion bien plus globale sur le vivre ensemble. Sans se vouloir moraliste, Tout est permis laisse percevoir l’irrationalité des hommes en société, et quand bien même il essayent de raisonner leurs action, la passion vient presque constamment les défier. En tout cas, ce film de Coline Serreau pourrait être le meilleur levier pour sensibiliser, et nous interroge justement sur le pouvoir du cinéma à surpasser d’autres moyens plus désuets de faire passer un message et de réfléchir aux enjeux communs. 

Les trois soeurs du Yunnan de Wang Bing : Oublions la longueur et concentrons nous sur le contenu même de ce nouveau film de Wang Bing : muni d’une caméra modeste, le réalisateur s’immisce dans les cercles villageois d’une Chine provinciale isolée, sinon désolée, pour n’en capter que la banalité de la vie quotidienne à travers le regard de trois jeunes sœurs. Il se fait oublier en adoptant la distance nécessaire à un traitement documentaire qui le ramène à sa 033064propre définition et qui répond à son objectif premier : montrer la condition humaine.

Her de Spike Jonze : Très beau film sur la solitude moderne et l’amour, toujours plus virtuel. Her, par sa recherche obsédante d’un corps-sœur, est un acte résistant contre cette obsolescence programmée. Cette oeuvre est un écho puissant à la désincarnation de plus en plus prégnante des rapports humains d’aujourd’hui, jusque dans l’intime même. L’esthétique pastel du film et son rythme posé soulignent étrangement la force du propos. 478064

Dans la cour, de Pierre Salvadori : Dans la cour il y a… un nouveau concierge bourru et dépressif, un enchevêtrement de vélos aussi bordélique que la vie de ceux qui la traversent, la menace que tout peut s’effondrer. Dans la cour il y a… une rencontre, celle de deux incarnations de l’incongruité, de deux âmes esseulées qui acceptent de se prêter une épaule ou de se tendre mutuellement une oreille, une alchimie entre deux acteurs d’autant plus réjouissants et drôles qu’ils s’enfoncent progressivement dans la dépression ordinaire. Dans la cour il y a… une apparente légèreté qui, ouvrant l’entrée à l’opportunité d’un bilan de parcours et d’une réflexion sur la vie et la mort, ne cède jamais l’éloge de la simplicité. Dans la cour il y a… cette nostalgie de la lumière et cette tentation de la retrouver. Dans la cour… Il y a un monde fou et de quoi contenter les cinéphiles en quête d’une aimable et charmante tragi-comédie.

Ils nous ont divisés…

Tom à la ferme de Xavier Dolan : Changement de cap pour le jeune prodige québécois ? Oui et non. Dolan assagit sa mise en scène, beaucoup moins clinquante et abusive d’effets de style qu’auparavant, pour approcher au plus près une réalité terrifiante, ancrée dans un milieu social imprégné de haine et d’homophobie à tel point que la vérité ne peut exploser sans entrainer ses détenteurs dans la chute. Il parvient à faire de Tom à la ferme un film climatique, aussi répulsif que fascinant au fur et à mesure que la relation au cœur de l’intrigue assombrit la frontière entre attraction et répulsion, et qu’elle épaissit le mensonge latent et le processus de manipulation des personnages. Dans sa volonté de marquer une transition brutale vers le thriller psychologique, Dolan aurait cela dit mieux fait de retrancher la composition musicale au cours de certaines scènes dont la tension aurait été décuplée sans elle. Prisonnier de l’environnement – la ruralité profonde – ou des autres – joutes de plans rapprochés lors d’une confrontation de regards et de mots autour d’une table, le jeune réalisateur poursuit sa voie, exploite la nouveauté. En revanche, alors qu’il implante dans un décor profondément anxiogène une intrigue passionnante aux racines sociologiques largement exploitables, il ne manque pas de la parasiter en la restreignant parfois à une forme d’auto-contemplation narcissique, accaparant la caméra au détriment du reste, sans oublier également de faire émerger dans la ferme une vague hipster anachronique. L’expérience est donc immersive, s’attache à un sujet tout à fait louable, mais se heurte à Xavier Dolan lui-même. Bon, mais imparfait, donc.139186

Une promesse de Patrice Leconte : Cette promesse donne, comme on pouvait s’y attendre, un sentiment de déjà vu : la romance transposée dans l’Allemagne de 1912 est somme toute convenue, et cède parfois à un certain classicisme dont le défi aurait été de s’en extraire. Au final, ce nouveau film inégal ne nous permet qu’à moitié de pénétrer la tension qui s’immisce dans les regards dérobés et furtifs, et la force ascendante de l’amour se trouve de plus amoindrie par un traitement mal240408adroit de la dernière demi-heure au cours de laquelle Leconte fait éclater la réalité du contexte de la Première Guerre mondiale, rapidement expédiée, et la résistance face à l’oubli manque ainsi de force. On retiendra néanmoins l’élégance de la romance qui investit rapidement le terrain du mélodrame, interprété avec grâce, pudeur et sensibilité par le trio d’acteurs principaux.

Nebraska d’Alexander Payne : D’abord agacé et désespéré du cinéma boutiquier de Payne – road-movie, émotion forcée, misanthropie facile – on finit étrangement touché. Cela est dû en grande partie à la très belle composition de Bruce Dern, en vieil homme arc-bouté et obsédé par la quête d’une dignité perdue.

Nous vous déconseillons…

96 heures de Frédéric Schoendoerffer : Il n’y a bien que le charisme et la présence de Nils Arestrup, ascendant et imposant, qui puisse donner une âme à ce thriller, et c’est bien parce que Frédéric Schoendoerffer lui laisse l’espace nécessaire pour s’exprimer autant dans des plans très rapprochés que plus éloignés et dans un décor épuré qu’il parvient à retenir l’attention du spectateur. Mais ne pouvoir s’appuyer que sur la puissance d’un acteur – en dépit d’un rôle mince, pourtant – est loin d’être suffisant pour effacer tout le reste : la tentative d’une mise en scène sophistiquée, qui se veut élégante, cherche tellement à créer une ambiance au défit du thriller musclé basique qu’elle finit par être complètement vaine, un travail sur la temporalité laissé en surface et qu’on arbore d’un tableau de Dali comme seule référence pour lancer la poudre aux yeux d’une réflexion pseudo-philosophique, et une accumulation de rôles creux insérés dans un scénario jouant sur l’opposition en duel de deux hommes situés d’un coté et de l’autre de la loi… La facture est bien mince !

Aimer, boire et chanter d’Alain Resnais : Une bien triste fin de carrière pour notre papy du cinéma français car non seulement la pièce qui sert de support d’écriture à Alain Resnais est inintéressante, mais par dessus le marché, le traitement qu’il en fait et l’interprétation des acteurs finit par anéantir l’humour et le film lui-même (Sabine Azéma y est très agaçante). Il faut donc, au fil de ces saisons, attendre l’automne pour que Resnais s’amuse à briser l’illusion théâtrale, pour que le burlesque commence légèrement à fonctionner. Si Alain Resnais n’est pas à oublier, son dernier film en revanche, l’est.

My sweet Pepper Land de Hiner Saleem : Il y aurait tant à dire sur cette région du Kurdistan irakien, très peu traitée au cinéma. Tant de choses qu’il faudrait nécessairement faire des choix pour éviter le catalogue conflictuel. Ce que, apparemment, Hiner Saleem n’était pas prêt à faire puisqu’il nous sert un western / romance / drame social / comédie burlesque – la liste est longue ! Mais il nous apprend quand même une chose très intéressante : les habitants des montagnes reculées du Kurdistan irakien sont trop stylés, trop bien habillés, et les résistantes du PKK sont super bien maquillées. Ne retenons de cette accumulation de maladresses tant dans le scénario que dans la mise en scène que la belle photographie. Triste gâchis !

ÉVÉNEMENTS

Projection/rencontre autour du film Les chèvres de ma mère de Sophie Audier : lundi 28 avril à 20h au Comoedia. Sur un plateau isolé des gorges du Verdon, Maguy fabrique depuis 40 ans du fromages de chèvres dans le respect de la nature et des animaux. Bientôt à la retraite, elle doit céder son troupeau. Elle décide alors de parrainer Anne-Sophie, une jeune agricultrice qui souhaite s’installer. Au fil des saisons, le processus de transmission s’avère être un douloureux renoncement pour l’une et un difficile apprentissage pour l’autre. Peut-on encore aujourd’hui transmettre le goût de la liberté ? En présence du producteur du film Edouard Mauriat et d’Adrien Bouneau, éleveur caprin et producteur de fromages de chèvre à la Ferme de l’Hermitage / Limonest. Suivi d’une dégustation de fromages de chèvres !
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Projection du film culte Meurtre d’un bookmaker chinois de John Cassavetes : mardi 29 avril à 16h10 à l’UGC Confluence. Cosmo Vitelli, patron d’une boîte de strip-tease et criblé de dettes, est contraint par la Mafia de tuer un bookmaker chinois. C’est le début d’une chasse à l’homme qui va l’entraîner loin. Très loin… « Comment ne pas voir alors dans ce récit d’un directeur de cabaret, survivant seul contre tous, une allégorie de la condition de créateur dans la jungle du cinéma ? Il y a bien sûr de cela dans le personnage de Cosmo Vitelli. Mais il y a, au delà d’une représentation de l’artiste – au sens de l’homme de scène, l’homme d’image, l’homme que l’on regarde –, une cartographie de l’homme seul. » (critikat) Place à 5 euros avec la carte de fidélité.

Projection du film States of Grace de Destin Cretton : mardi 29 avril à 20h30 au cinéma les Alizés de Bron. Dans le cadre des Soirées qui font du bien, entrée à 4 euros sur présentation de la carte étudiante. Lire notre critique ci-dessus.

Jazz day à Lyon – soirée musicale : mercredi 30 avril à 19h30 au Comoedia. Projection du film Valse pour Monica de Per Fly : Au début des années 60, Monica, une jeune suédoise déterminée à devenir une icône du jazz, se lance dans la carrière de ses rêves qui la mènera de Stockholm à New York. Elle y côtoiera Miles Davis, Ella Fitzgerald, ou encore Bill Evans, qui adaptera pour elle son immense succès : « Waltz for Debby ». L’histoire vraie de Monica Zetterlund, légende suédoise du jazz, qui sacrifia son rôle de mère et sa vie amoureuse à sa quête de consécration. La première partie (musicale) de la soirée est assurée par le duo Tea for Two.

A L’INSTITUT LUMIÈRE

JE T’AIME, JE TE FILME

L’Institut Lumière se penche sur son histoire, et revient sur l’une de ses toutes premières programmations, proposée en février 1993, «Je t’aime, je te filme». Parce que l’amour et le cinéma se sont si souvent mêlés, et continuent de le faire, parce que filmer l’être aimé apparaît chez les cinéastes comme un prolongement de leurs sentiments, et parce qu’ils ont donné lieu à quelques-uns des plus beaux films de l’histoire du cinéma, hommage à ces couples de cinéma mythiques.

voyage-en-italie-1953-07-gRoberto Rossellini / Ingrid Bergman : Voyage en Italie (Viaggio in Italia, It/Fr, 1954, 1h37, N&B, avec aussi George Sanders): Un couple d’Anglais en voyage en Italie prend conscience de l’échec de leur vie commune… En 1948, Ingrid Bergman, épouse et mère, écrit cette lettre : « Cher Monsieur Rossellini, j’ai vu vos films et je les ai beaucoup aimés. Si vous avez besoin d’une actrice suédoise, qui parle très bien anglais, (…) et qui en italien ne sait dire que “ti amo”, je suis prête à venir faire un film avec vous. » Rossellini, également marié, tomba amoureux. Scandale international… Séance : mardi 29 avril 14H30

Jean-Luc Godard / Anna Karina : Vivre sa vie (Fr, 1962, 1h20, N&B, avec aussi Sady Rebbot, André S. Labarthe): Nana, 22 ans, fréquente depuis quelques années Paul. Elle voudrait changer de vie et résoudre ses problèmes d’argent. Elle entre dans le monde de la prostitution… En douze chapitres, le film plonge son héroïne, interprétée par la superbe Anna Karina, dans un Paris capté sur le vif. Elle tournera 8 films avec Godard, entre 1960 et 1966. Séance : Mardi 29 avril 17H

Claude Chabrol / Stéphane Audran : La Femme infidèle (Fr, 1969, 1h38, couleur, avec aussi Michel Bouquet, Michel Duchaussoy, Maurice Ronet) : Un homme découvre que sa femme le trompe. Il rend visite à l’amant… Le vernis sérieusement attaqué d’une famille bourgeoise bien sous tous rapports, dans un suspense hitchcockien. Avec Stéphane Audran, avec qui Chabrol tournera 24 films ! Séances: Mercredi 30 avril 17H – Vendredi 2 mai 21H – Samedi 3 mai 18H30

Alain Resnais / Sabine Azéma : Mélo (Fr, 1986, 1h50, couleur, avec aussi Fanny Ardant, André Dussollier, Pierre Arditi): Marcel et Pierre se sont liés d’amitié au Conservatoire et se retrouvent épisodiquement. Quand Marcel rencontre pour la première fois Romaine, la femme de son ami, il cherche à revoir Marcel… Quelques semaines après sa disparition, hommage à Alain Resnais, et à sa muse et interprète d’exception, Sabine Azéma, dans cette exquise et bouleversante adaptation théâtrale. Séances: Mercredi 30 avril 19H – Vendredi 2 mai 17H – Samedi 3 mai 16H30 – Dimanche 4 mai 18H30

Richard Quine / Kim Novak : Adorable voisine (Bell Book and Candle, US, 1958, 1h42, couleur, avec aussi James Stewart, Jack Lemmon): Gillian, jeune sorcière de Greenwich Village, a l’étrange pouvoir de faire et défaire à sa guise les choses de la vie. Elle sait que le jour où elle tombera amoureuse, son pouvoir disparaitra. C’est alors qu’un séduisant éditeur, locataire du troisième étage, frappe à sa porte… Kim Novak et Richard Quine s’aimaient et leurs films étaient des comédies, délicieuses, enlevées. Séances : Mercredi 30 avril 21H – Vendredi 2 mai 19H – Samedi 3 mai 20H30

MAIS AUSSI…

Cría Cuervos de Carlos Saura (1976, 1h50) : A Madrid, la vie de fillettes est bouleverse´e par la mort de leur me`re… Le chef-d’œuvre de Saura, parabole sur l’Espagne franquiste. « Nous sommes en train de vivre une période de démolition, d’où surgira autre chose. Cria Cuervos traite de ce processus de destruction et de mort » Carlos Saura. Séances : Vendredi 2 mai 14H30 – Dimanche 4 mai 14H30

La Règle du jeu de Jean Renoir (1939, 1h45) : En Sologne, chez les aristocrates, les grands bourgeois ou les domestiques, les jeux de l’amour et de la comédie tournent au drame… Dans un film choral et vaudeville à la française, Jean Renoir, dont on ne compte déjà plus les grands films à l’époque, nous invite le temps d’un weekend dans les coulisses d’une partie de chasse où vont se mêler les triangulaires amoureuses sur fond de règles soumises à la bienséance bourgeoise et sur fond de lutte des classes. Jean Renoir décrit ainsi la dérive d’une société gangrenée par ses propres atermoiements amoureux sur un ton, et c’est là la paradoxe savoureux, d’une extrême gaieté et d’une grande finesse. Le film en lui-même s’offre comme un pur délice, brillant, léger et piquant, un spectacle intelligent et enlevé qui procure un plaisir des sens immédiat avant de fournir son lot de richesses thématiques et un sentiment diffus d’éternité grâce à son mélange de comédie et de tragédie. C’est d’ailleurs ainsi que le film a été pensé, comme un « drame gai », selon les propres termes de son réalisateur. Fasciné par La règle du jeu, François Truffaut dira « qu’on a envie de le voir tous les soirs pour voir s’il s’y passe toujours la même chose », tant le fond et la forme sont riches. Séances : Samedi 3 mai 14H30 – Dimanche 4 mai 16H30regle-du-jeu-1939-06-g

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Lundi:

  • [le choix de la rédaction] Blue Valentine de Derek Cianfrance à 20h50 sur Arte : Ryan Gosling et Michelle Williams sont intenses dans leur rôle – leur histoire d’amour, magnifique et sombre, a un goût d’universel et est parfaitement bouleversante. 

Mardi:

  • Clara et moi de Arnaud Viard à 20h40 sur Numero 23

Mercredi:

  • There will be blood de Paul Thomas Anderson à 20h50 sur Arte

Dimanche:

  • Un heureux événement de Rémi Bezançon à 20h50 sur France 2
  • Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet à 20h45 sur Arte

Bonne semaine et bons films à tous !

L’équipe de Bobinophile

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