Newsletter d’été

38 films pour embellir votre été !

juin – juillet – août 2014

Chers IEPiens, l’année universitaire touche déjà à sa fin, et Bobinophile en profite pour vous laisser une dernière note d’attention avant le départ, pour vous rappeler que le cinéma ne prend pas de vacances ! Ainsi, comme chaque année, nous vous proposons quelques suggestions de films à paraître sur nos écrans nationaux pendant la période estivale, comprenant les sorties du mercredi 4 juin au mercredi 27 août inclus. En essayant d’être le plus synthétiques possibles, nous avons fait suivre aux informations relatives aux films (genre, provenance, casting, durée…) leur synopsis respectif ainsi que, dans la mesure de nos attentes, un commentaire essayant de les justifier. Dans chaque section, les films ont été listés dans l’ordre chronologique de leur date de sortie en salle. Cette newsletter sera actualisée chaque semaine afin que nous puissions vous faire part de nos avis sur les films que nous aurons découvert.

NOUS AVONS VU…

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[SCIENCE-FICTION – DRAME 2.5/5] The Rover, de David Michôd (sortie nationale le 4 juin, Australie/Etats-Unis, avec Guy Pearce, Robert Pattinson, Scoot McNairy… 1h42) – Sélectionné à Cannes, hors compétition : Dix ans après l’effondrement de l’économie occidentale, les mines australiennes sont encore en activité, et cette industrie attire les hommes les plus désespérés et les plus dangereux. Là-bas, dans une société moribonde où survivre est un combat de chaque jour, plus aucune loi n’existe. Eric a tout laissé derrière lui. Ce n’est plus qu’un vagabond, un homme froid rempli de colère. Lorsqu’il se fait voler la seule chose qu’il possédait encore, sa voiture, par un gang, il se lance à leur poursuite. Son unique chance de les retrouver est Rey, un des membres de la bande, abandonné par les siens après avoir été blessé. Contraints et forcés, les deux hommes vont faire équipe pour un périple dont ils n’imaginent pas l’issue… Après le très réussi Animal Kingdom, c’est à nouveau dans un univers agressif et impitoyable, aux allures post-apocalyptiques, que David Michôd enferme ses personnages et les abandonne à la sauvagerie. La scène d’ouverture, magistrale, inscrit dans le paysage cinématographique l’une des courses poursuites les plus tendues et les plus maîtrisées que l’on ait pu voir récemment, enfouie dans un mystère total sur le lieu, l’identité des personnages et leur volonté propre. Un début très prometteur qui, hélas, comme un ballon de baudruche, se dégonfle au fur et à mesure que le récit progresse. L’ambiance tétanisante, qui confirme les talents formels du cinéaste, devient trop complaisante et le scénario ne suit jamais l’exigence de la forme : le film se mue simplement en road-movie à la recherche d’une voiture dont on devine assez rapidement la (mince) raison. Dans l’habitacle, deux personnages aux antipodes dont l’interprétation force le trait – et du stoïcisme impénétrable de Guy Pearce, et du dérangement mental surjoué de Robert Pattinson. La douleur de ce parcours chaotique n’est donc jamais si forte qu’on ne pouvait l’espérer, la fascination cède sous le poids des longueurs…

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[DRAME – FANTASTIQUE – ROMANCE – 2/5] Bird People, de Pascale Ferran (sortie nationale le 4 juin, France, avec Anaïs Demoustier, Josh Charles, Roschdy Zem… 2h08) – Sélectionné à Cannes dans la section Un certain regard : En transit dans un hôtel international près de Roissy, un ingénieur en informatique américain, soumis à de très lourdes pressions professionnelles et affectives, décide de changer radicalement le cours de sa vie. Quelques heures plus tard, une jeune femme de chambre de l’hôtel, qui vit dans un entre-deux provisoire, voit son existence basculer à la suite d’un événement surnaturel. En suivant tour à tour les questionnements de deux personnages au cœur de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, Pascale Ferran ambitionne de les libérer des chaînes du quotidien. Pourtant, tout semble rester insignifiant et indigent tant le parcours de ces personnages manque de caractère et d’originalité. L’espoir renaît à mi-parcours lorsque la réalisatrice ose un tournant fantastique, et saisit enfin la mesure de son scénario, lui permettant une mise en scène plus libre et plus immersive. Puis, dans un nouveau revirement involontaire, l’espoir s’éteint – définitivement cette fois-ci – lorsque dans la longueur, l’enthousiasme de l’envol des personnages qui s’affirment face au monde vire au grotesque, avec des passages parfois risibles de part une narrations ridiculement apposée aux images, entre un Mathieu Amalric dont on se demande ce qu’il vient faire là, et une Anaïs Demoustier fausse et sans relief. En somme, Bird People est loin de nous faire pousser des ailes. Au contraire, sa réflexion naïve et toute innocente a plutôt tendance à nous laisser bien ancré sur le planché des vaches…  

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17[COMEDIE DRAMATIQUE – 1/5] Tristesse Club, de Vincent Mariette (Sortie nationale le 4 juin, France, avec Ludivine Sagnier, Vincent Macaigne, Laurent Lafitte… 1h30) : Si vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les soeurs qui n’en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets: bienvenue au club. La ligne directrice de ce premier film de Vincent Mariette est trop fine, trop inconsistante pour hisser l’intérêt du spectateur jusqu’au dénouement, d’autant plus que la première demi-heure calamiteuse exacerbe vainement l’incongruité de ses personnages, ce qui n’est finalement ni drôle ni dramatique, plutôt ridicule et long. Tristesse club semble n’être voué qu’à jongler entre ces deux pôles sans jamais vraiment insérer les nuances de ton, ce qui donne l’impression d’assister à une accumulation de sketchs quelque fois drôles, en particulier la scène qui invite Noémie Lvovsky ou la scène nocturne de vol d’essence, dans lesquels les acteurs restent fidèles à leurs habitudes de jeu (Macaigne, bien que très drôle par ailleurs, fait encore du Macaigne). Ludivine Sagnier plonge en revanche dans une caricature agaçante en forçant constamment le trait. Le titre est pas mal trouvé finalement…

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[COMEDIE – 1/5] La ritournelle, de Jean-Marc Fitoussi (Sortie nationale le 11 juin, France, avec Isabelle Huppert, Jean-Pierre Darroussin… 1h38) : La cinquantaine alerte, Brigitte et Xavier sont éleveurs bovins. Une exploitation prospère, deux enfants grandis qui viennent de quitter le giron "La Ritournelle" de Marc Fitoussifamilial, le couple se retrouve dans un incertain tête-à-tête, enfermé dans la routine de son métier. Mais une fête d’anniversaire organisée par de jeunes Parisiens dans la maison voisine vient un jour secouer ce quotidien. Troublée par Stan, 25 ans, Brigitte est subitement prise d’une furieuse envie de vivre. Le désir de le retrouver l’embarque alors dans une folle aventure à Paris… Pas de folie bergère chez Marc Fitoussi, qui se saisit d’un sujet rebattu et choisit de le traiter grossièrement sans jamais entreprendre un dépoussiérage ambitieux. On suit ses deux personnages au gré des stéréotypes sociologiques et psychologiques, alourdis par une mise en scène poussive et abusive d’extraits musicaux au milieu desquels les deux acteurs principaux se débattent comme ils peuvent. On pourra reconnaître au réalisateur une certaine générosité, mais La Ritournelle n’en demeure pas moins raté.  

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5[DRAME – 1/5Palo Alto, de Gia Coppola (Sortie nationale le 11 juin, Etats-Unis, avec James Franco, Emma Roberts… 1h40) : Piégés dans le confort de leur banlieue chic, Teddy, April, Fred et Emily, adolescents livrés à eux-mêmes, cherchent leur place dans le monde. Ils ont soif de sensations fortes et testent leurs limites. L’alcool, les drogues et le sexe trompent leur ennui. Ils errent sans but dans les rues ombragées de Palo Alto incapables de voir clair dans le tourbillon confus de leurs émotions. Sauront-ils éviter les dangers du monde réel ? Si Palo Alto se regarde malgré tout, force est de constater qu’il ne sert à rien d’autre que d’enfoncer des portes déjà ouvertes par ascendants cinématographiques de Gia Coppola. Ainsi, on se trouve plongés au milieu de la banlieue chic de Palo Alto à regarder avec indifférence la progression d’une jeunesse dorée mais rongée par l’ennui, quelque part entre Virgin Suicides et The Bling Ring. Mais Gia Coppola adopte un traitement inapte à transmettre le spleen adolescent tant elle ne semble défendre qu’un petit trip arty et faussement borderline… Un film vide et lisse.  

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[POLICIER – DRAME – 3/5Black Coal, de Yi’nan Diao (Sortie nationale le 11 juin, Chine, avec Fan Liao, Lun-mei Gwei, Xue-bing Wang… 1h46) – Ours d’or et Ours d’argent du meilleur acteur à la Berlinale 2013 : En 1999, un employé d’une carrière minière est retrouvé assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement abandonner l’affaire après avoir été blessé lors de l’interpellation des principaux suspects. Cinq ans plus tard, deux nouveaux meurtres sont commis dans la région, tous deux liés à l’épouse de la première victime. Devenu agent de sécurité, Zhang décide de reprendre du service. Son enquête l’amène à se rapprocher dangereusement de la mystérieuse jeune femme. Black Coal est un beau polar métallique et dévitalisé, surprenant dans la mesure où il excelle là où on l’attendait pas : l’intrigue policière vaut moins pour elle-même que pour la mise en évidence de deux autres versants du film. D’une part, la superbe composition des cadres précisés par leur éclairage néon et leur ligne de fuite vers l’obscurité de ses personnages, et l’isolement croissant de ces derniers dans un environnement poisseux et morose qui reflète indirectement l’ambiance actuelle d’une société tout entière. L’image et la gestion de la temporalité cultive le mystère autour de la noirceur des hommes (et des femmes). On ne peut que regretter une dernière demi-heure qui traîne un peu trop en longueur. 

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[COMEDIE DRAMATIQUE – 1/5Au fil d’Ariane, de Robert Guédiguian (Sortie nationale le 18 juin, France, avec Ariane Ascaride, Jacques Boudet, Jean-Pierre Darroussin…1h40) : C’est le jour de son anniversaire et Ariane est plus seule que jamais dans sa jolie maison. Les bougies sont allumées sur le gâteau. Mais les invités se sont excusés… Ils ne viendront pas. Alors elle prend sa jolie voiture et quitte sa jolie banlieue pour se perdre dans la grande ville… Robert met beaucoup de cœur au service de la « famille Guédiguian » et d’un film mineur, sinon ridicule en dehors de quelques rares instants où la fantaisie qu’il revendique fonctionne, notamment lors de cette belle scène où Ariane Ascaride regarde la caméra ou que le réalisateur assume pleinement la confusion du genre théâtral avec l’œuvre cinématographique. Tout semble désuet, de l’intrigue en elle-même reposant sur un non-scénario balayé par un twist final affligeant par son manque d’originalité à la multiplication des propos qui soulignent les petits dysfonctionnements de la société. Ici, le militantisme de Guédiguian semble ressortir à travers un personnage-prétexte issu de l’immigration centre-africaine. La poésie émane d’une tortue qu’on fait parler, jusqu’à la conclusion qui résume le tout : on « regrette le rêve ». C’est surtout Les neiges du Kilimandjaro que l’on regrette…

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DIE ZWEI GESICHTER DES JANUARS[THRILLER – 0/5The two faces of January, de Hossein Amini (Sortie nationale le 18 juin, Etats-Unis/ Royaume-Uni/ France, avec Viggo Mortensen, Kirsten Dunst, Oscar Isaac… 1h37) : 1962. Un couple de touristes américains très élégants, le charismatique Chester MacFarland et sa jeune épouse Colette, arrive à Athènes. À l’Acropole, ils rencontrent Rydal, jeune guide américain parlant grec, arnaqueur de touristes à l’occasion. Séduit par la beauté de Colette et impressionné par la fortune de Chester, Rydal accepte sans hésiter leur invitation à dîner. Les McFarland se révèlent moins lisses qu’il n’y paraît : le luxe et leur raffinement cachent bien mal leur part d’ombre. Il n’y a rien dans ce film de pacotille qui ne puisse à un seul instant maintenir l’intérêt du spectateur. La prétention de hisser ce triangle amoureux au sommet de la tragédie grecque emporte le film au fin fond des catacombes des navets. Mais il y a un petit côté pratique tout de même : The Two Faces of January intègre à l’ambiance publicité pour Hugo Boss les bons plan du Lonely Planet Athènes/Istanbul. Merci pour ça !

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[COMEDIE DRAMATIQUE – 3.5/5Xénia, de Panos H. Koutras (sortie nationale le 18 juin, Grèce, avec Kostas Nikouli, Nikos9 Gelia, Yannis Stankoglou) – Présenté à Cannes dans la section Un certain regard : Le film raconte l’histoire de Danny, 16 ans, et Odysséas, 18 ans qui, étrangers dans leur propre pays après la mort de leur mère albanaise, vont traverser la Grèce de part en part, dans le but de trouver leur père grec et le forcer à les reconnaître officiellement. Sur la route, ils feront face aux fantômes de leur passé, à la cruauté des hommes et à un rêve qui doit devenir réalité, quel que soit le prix à payer. Ils parviendront finalement à devenir adultes dans un pays qui refuse de les suivre. Xenia est traversé par autant de maladresses que d’éclats lumineux, et surtout, par une générosité désarmante qui nous fait fermer les yeux sur les changements de registres parfois mal amenés et la présence trop marquée des musiques superposées au montage. Panos H. Koutras talonne ses deux personnages, émouvants et pittoresques, à la recherche d’un père, au cours d’une promenade solaire dans une Grèce sinistrée. Pourtant, le film n’a de cesse de résister au pessimisme de l’actualité qu’il aborde pour ne se concentrer que sur l’espoir qu’en ces deux êtres marginaux, la Grèce touche un avenir flamboyant. Un film inégal, mais irrésistible.  

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10[SCIENCE-FICTION – 4/5Under the Skin, de Jonathan Glazer (sortie nationale le 23 juin, Etats-Unis, avec Scarlett Johansson, Jeremy McWilliams… 1h47) – Présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2013 : Une extraterrestre arrive sur la Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître… Interroger la situation, une Scarlett Johansson à contre-emploi rôde en Ecosse pour ferrer une proie, un homme qu’elle va attirer dans un univers épuré de ses repères spatio-temporel. Interroger les images, des faisceaux lumière sous une bande-son métallique alternant silence et stridence, des images brutes qui nous ramène au cœur d’un terrain social à sonder. Interroger notre rapport à l’autre. Si l’intrigue a su pleinement conserver son mystère – plus encore dans cette première partie redoutable –, la mise en scène est quant à elle d’une cohérence et d’une limpidité exemplaire, jamais outrancière et soucieuse de retranscrire les désirs et les pulsions de malveillance par d’étranges faisceaux lumineux à la beauté singulière, par les nuances d’un noir enivrant, par la froideur d’images brutes. Jonathan Glazer façonne une œuvre éperdument sensorielle et tisse une toile de science fiction raffinée qui s’émancipe des poncifs du genre en privilégiant une image épurée qui saisit dans l’uniformité des cadres la découverte et la perdition du vivant. Under the Skin est un film hybride aussi insondable et fascinant que le Mal, qui interroge notre rapport à la matière des choses. Le noir n’aura jamais été aussi éclatant.

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LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA un film de Isao Takahata[ANIMATION – 5/5Le conte de la Princesse Kaguya, de Isao Takahata (sortie nationale le 23 juin, Japon, 2h17) – Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes : Ce long métrage est l’adaptation d’un conte populaire japonais « Le couper de bambou », un des textes fondateurs de la littérature japonaise dans lequel une minuscule princesse, Kaguya, « la princesse lumineuse », est découverte dans la tige d’un bambou. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main. Les simples cheveux de la princesse suffisent – tantôt précis quand la sérénité imprime l’image, tantôt fuyant qui dans la fuite, Takahata saisit une image mentale – pour ébahir le spectateur par la beauté et la précision du dessus. Génie du trait, le maître de l’animation japonaise signe un Conte ample qui lutte jusqu’à la fin pour souffler de toutes ses formes l’humanisme et la vitalité de son héroïne. Il s’en dégage une bonté et une sagesse que seule l’expérience peuvent permettre, plus de 14 ans après Mes voisins les Yamada. Takahata trace le plus beau des sourires à l’écran, et le voir s’effacer par le générique final provoque le déchirement d’un adieu à la plus belle des créations de l’année. Un torrent d’émotions que nous n’avions pas vus depuis… Le tombeau des lucioles ?
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[DRAME – 4/5Le Procès de Viviane Ansalem, de Ronit et Shlomi Elkabetz (Sortie nationale le018650 25 juin, Israël / France / Allemagne, avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian…) – Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes : Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, et son mari, Elisha, le lui refuse. Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n’est elle-même possible qu’avec le plein consentement du mari. Sa froide obstination, la détermination de Viviane de lutter pour sa liberté, et le rôle ambigu des juges dessinent les contours d’une procédure où le tragique le dispute à l’absurde, où l’on juge de tout, sauf de la requête initiale. Tourné entre les quatre murs d’un tribunal rabbanique, Le procès de Viviane Ansalem n’est jamais seulement circonscrit à cet espace filmique et va chercher, au delà même des revendications de liberté de son personnage-titre impressionnant et élevé à un niveau d’héroïsme retentissant jusqu’à l’usure, une ouverture politique : la société israélienne tout entière se retrouve face à ses propres contradictions, dans laquelle on vend la modernité et le libéralisme en fermant les yeux sur les lois religieuses encore en application. Ainsi « emprisonnés » dans cet espace en huis-clos, nous sondons cette société et ses traditions de l’intérieur, et chaque jeu de regard y trouve sa place, chaque mot est minutieusement pesé pour révéler les intérêts des uns et des autres. Les Elkabetz, en dépit du minimalisme, parviennent à ne jamais rester figer pour au contraire rechercher l’amplitude nécessaire à un sujet ambitieux et épineux dont la tension monte crescendo, alterne avec des scènes comiques réussie, jusqu’à un dénouement étonnamment serein qui pourtant, ne nous laisse pas moins un goût d’incertitude sur le présent et l’avenir de la société israélienne. 

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1[THRILLER – 2/5Blue Ruin, de Jeremy Saulnier (Sortie nationale le 9 juillet, Etats-Unis, avec Macon Blair, Devin Ratray, Amy Hargreaves… 1h30) – Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2013, et à de nombreux autres festivals ultérieurs : Un vagabond solitaire voit sa vie bouleversée lorsqu’il retourne à sa maison d’enfance pour accomplir une vieille vengeance. Se faisant assassin amateur, il est entraîné dans un conflit brutal pour protéger sa famille qui lui est étrangère. L’histoire de cette vengeance personnelle vaut bien plus pour sa mise en scène sèche et froide que pour le fond de son scénario très limité et déjà rabattu. La maîtrise de ce premier film se joue donc sur la forme, avec un sens de l’épure qui a le mérite de renforcer la torpeur du spectateur par la sensation que la violente est partout, qu’elle intervient sans prévenir, qu’elle s’immisce dans chaque plan alors que l’humanité semble quant à elle s’échapper pour laisser place aux pulsions animales des hommes. 
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[SCIENCE-FICTION – 0/5The Double, de Richard Ayoade (Sortie nationale le 6 août, Royaume-Uni, avec Jesse Eisenberg, Mia Wasikowska, Wallace Shawn… 1h33) : Garçon timide, Simon vit en 25reclus dans un monde qui ne lui témoigne qu’indifférence. Ignoré au travail, méprisé par sa mère et rejeté par la femme de ses rêves, il se sent incapable de prendre son existence en main. L’arrivée d’un nouveau collègue, James, va bouleverser les choses, car ce dernier est à la fois le parfait sosie de Simon et son exact contraire : sûr de lui, charismatique et doué avec les femmes. Cette rencontre amène James à prendre peu à peu le contrôle de la vie de Simon… Pendant 1h30, Richard Ayoade ne cesse d’humilier son personnage principal, réduit à un petit être pathétique, incertain et sans aucune envergure possible. Cette violence est si marquée qu’elle révèle une forme de sadisme d’un réalisateur tout puissant sur sa création, et qui sur-enchérie avec une mise en scène écrasante de symbolisme, feutrée et oppressante. Tout nous étouffe et nous dégoûte de vanité et d’abjection.  

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NOUS PARIONS FORTEMENT SUR…

Voici dans cette catégorie les plus gros paris que nous tenons. Au nombre de 15, ce qui peut paraître très réducteur, ils se résument à de grands noms, à leur passage dans les derniers grands festivals et notamment Cannes, en somme à la grande attente à laquelle ils nous soumettent…

8[BIOPIC – MUSICAL] Jersey Boys, de Clint Eastwood (sortie nationale le 18 juin, Etats-Unis, avec John Lloyd Young, Christopher Walken, Erich Bergen…) : Quatre garçons du New Jersey, issus d’un milieu modeste, décident ensemble de monter un groupe nommé « The Four Seasons », qui deviendra mythique dans les années 1960. Leurs épreuves et leurs triomphes sont ponctués par des tubes emblématiques de toute une génération qui sont repris aujourd’hui par les fans de la comédie musicale. Le retour d’un grand nom, un peu plus de deux ans après J. Edgar. Clint Eastwood, se lance à l’âge de 83 ans dans une nouvelle entreprise qui est l’adaptation de la comédie musicale homonyme de 2005, avec une équipe d’acteur non plus issus de Hollywood mais des planches. On croise les doigts pour que ce biopic ne soit pas trop poussiéreux…
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12

[HISTORIQUE – DRAME] Jimmy’s Hall, de Ken Loach (Sortie nationale le 2 juillet, Royaume-Uni/ France/ Irlande, avec Barry Ward, Simone Kirby, Jim Norton… 1h46) – Présenté en compétition au Festival de Cannes : 1932 – Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale. L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis… Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface. Âgé de 77 ans, Ken Loach a annoncé que Jimmy’s Hall serait son dernier long-métrage de fiction. Une déclaration qui ne peut que nous pousser en salle pour ainsi découvrir l’un des plus grands réalisateurs britanniques, palmé d’or en 2006 pour Le vent se lève, ovationné à Lyon en octobre 2012 lors du Festival Lumière en son honneur, connu pour une œuvre foisonnante et toujours à fleur du social. Jimmy’s Hall ne devrait pas déroger au style du réalisateur, d’autant plus qu’il a collaboré une nouvelle avec Paul Laverty pour l’écriture de son scénario.
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[DOCUMENTAIRE – DRAME] Les ponts de Sarajevo (Sortie nationale le 16 juillet, film collectif de Jean-Luc Godard, Theresa Villaverde, Aida Begic, Kamen Kalev, Vicenzo Marra, Ursula Meier, Vladimir Perisic, Isild Le Besco, Sergei Loznitsa, Cristi Pulu, Marc Recha, Angela Schanelec et Leonardo Di Costanzo) – présenté hors-compétition au Festival de Cannes : À 13travers le regard de 13 cinéastes européens, le film explore ce que Sarajevo représente dans l’histoire européenne depuis un siècle et de ce qu’elle incarne dans l’Europe d’aujourd’hui. De générations et d’origines diverses, ces auteurs marquants du cinéma contemporain proposent autant d’écritures et de regards singuliers. Qui dit film collectif dit souvent film inégal et demande au spectateur de hiérarchiser les chapitres. Pour autant, la thématique qui sous-tend l’initiative de ce film semble autrement plus passionnante qu’un regard superficiel sur une ville (comme cela a pu être fait avec Paris il y a quelques années).
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[DRAME] L’homme qu’on aimait trop, de André Téchiné (Sortie nationale le 16 juillet, France, avec Catherine Deneuve, Guillaume Canet, Adèle Haenel… 1h56) – Sélectionné hors-compétition au Festival de Cannes : Nice, 1976. Agnès Le Roux, fille de la propriétaire du
083972Palais de la Méditerranée, tombe amoureuse d’un bel avocat de dix ans son aîné Maurice Agnelet. Il a d’autres liaisons, elle l’aime à la folie. Sur fond de guerre des casinos, il la met en relation avec Fratoni, le sulfureux concurrent de sa mère, qui lui offre 3 millions de francs pour prendre le contrôle du casino. Agnès accepte mais supporte mal sa trahison. Maurice s’éloigne. Après une tentative de suicide, la jeune femme disparaît… Sélectionné à la dernière minute au Festival de Cannes (hors-compétition), L’homme qu’on aimait trop jouit d’un beau casting emmené par la Grande Catherine, pour sa septième collaboration avec le réalisateur, et les fans incontestés seront ravis de la retrouver, certainement encore une fois souveraine. Elle donnera la réplique à Guillaume Cannet et à la jeune et jolie Adèle Haenel, César du meilleur second rôle féminin cette année pour Suzanne. Croisons les doigts pour que le fond soit à la hauteur de cette distribution.

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533334[DRAME] Boyhood, de Richard Linklater (Sortie nationale le 23 juillet, Etats-Unis, avec Patricia Arquette, Ellar Coltrane, Lorelei Linklater, Ethan Hawk… 2h45) – Ours d’argent du meilleur réalisateur à la Berlinale 2014 : Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte… Le procédé filmique de départ en jette : 12 ans de tournage avec les mêmes personnages. Une idée au service du réalisme, pour une chronique familiale que l’on espèce aussi touchante et saisissante qu’elle le promet. En tout cas, 2h45 peuvent laisser à Richard Linklater l’amplitude suffisante pour nous parler du temps qui passe…

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[DRAME] Ana Arabia, de Amos Gitaï (sortie nationale le 6 août, Israël/France, avec Yuval Scharf, Yussuf Abu-Warda, Sarah Adler… 1h24) – En compétition à la Mostra de Venise 2013 : Entre Jaffa et Bat Yam, dans la banlieue sud de Tel-Aviv. Yael, une jeune journaliste enquête sur la vie de Hannah Klibanov, devenue Siam Hassan, une Israélienne convertie à l’islam. Elle est tout de suite conquise par l’histoire et le quotidien d’une communauté de Juifs et d’Arabes qui vit en paix depuis longtemps. Mis à l’honneur à la cinémathèque française cette année à l’occasion d’une 4rétrospective et d’une exposition qui lui sont consacrées, « l’artisan de la mémoire » Amos Gitaï, qui fait résonner de son nom le cinéma israélien à l’étranger, sonde le quotidien de ceux qui vivent en paix sur la terre déchirée par la conflit israélo-palestinien. Nous attendons avec Ana Arabia un geste de cinéma audacieux non seulement sur le plan technique – le film a été réalisé en un seul plan séquence de 80 minutes afin d’éviter les coupures, mais aussi sur le fond en cela que la démarche du réalisateur de filmer la paix pourra montrer la coexistence de deux communautés sur un même territoire, et par la même montrer l’absurdité des affrontements tant idéologiques que physiques. 
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[DRAME] Winter Sleep, de Nuri Bilge Ceylan (Sortie nationale le 6 août, Turquie, avec Haluk Bilginer, Melisa Sözen, Demet Akbag… 3h16) – Palme d’Or au Festival de Cannes : Aydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il s’est éloigné sentimentalement, et sa sœur Necla qui souffre encore de son récent divorce. En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge mais aussi le théâtre de leurs déchirements… Septième long-métrage du réalisateur turc et cinquième passage consécutif à Cannes, rien que ça ! Nuri Bilge Ceylan est l’auteur qui a invité la modernité dans le cinéma turc, à la façon de Bergman en Suède quelques décennies plus tôt. Nul doute que son nouveau long (très long!) métrage suivra la cohérence de sa filmographie et réponde aux mêmes codes : une mise en scène contemplative et soignée, pour un nouveau sondage de l’âme humaine en plus cœur de l’Anatolie centrale en hivers. Non loin d’être austère, Nuri Bilge Ceylan sait illuminer les cadres et les personnages imprégnés de contradiction. Comme dans son précédent film, Il était une fois en Anatolie, grand prix au Festival de Cannes 2011, nous imaginons sans peine que c’est le sous-texte qui imprégnera le film et le densifiera. On espère seulement que l’exigence du réalisateur ne nous perdra par sur le chemin de ces trois heures de projection.
> Voir la bande-annonce. WS_120x160cs4.indd[DRAME] Sils Maria, de Olivier Assayas (Sortie nationale le 20 août, France/ Allemagne/ Suisse, avec Chloë Grace Motretz, Juliette Binoche, Kristen Stewart… 2h03) – Présenté en compétition 16officielle au Festival de Cannes : A 18 ans, Maria Enders a connu le succès en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui fascine et conduit au suicide une femme mûre, Helena. Vingt ans plus tard, à l’apogée de sa gloire, elle reçoit à Zurich un prix prestigieux au nom de Wilhelm Melchior, l’auteur et metteur en scène de la pièce qui, quelques heures avant la cérémonie, meurt subitement. On propose à Maria Enders de reprendre cette pièce, mais cette fois de l’autre côté du miroir, dans le rôle d’Helena. Pour le retour en compétition d’un « presque habitué » de Cannes, on ne peut que se réjouir de la présence de Juliette Binoche, qui a pour coutume d’irradier l’écran de son grand talent d’actrice, d’autant plus que c’est elle qui a soufflé l’idée du pitch à Olivier Assayas. Ancré dans un milieu qui semblerait constituer une mise en abîme du monde du théâtre et du cinéma, on peut en attendre, à la manière de Bergman dont le réalisateur s’inspire, une analyse de la psyché féminine. Sils Maria est, de loin, l’une de nos plus grandes attentes de cet été.

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444409[THRILLER] Enemy, de Denis Villeneuve (Sortie nationale le 27 août, Canada, avec Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sarah Gadon… 1h30) : Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu’il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios… pour lui et pour son propre couple. Peu de chose ont encore filtré sur ce film qui a du attendre très longtemps d’avoir une date de sortie. En tout cas, ce dernier opus du réalisateur des très remarqués Incendies et Prisoners signe sa seconde collaboration avec Jake Gyllenhaal, qui donnera la réplique à Mélanie Laurent, dans un film mystérieux, tortueux, à l’ambiance feutrée235114

[WESTERN – DRAME] The Salvation, de Kristian Levring (Sortie nationale le 27 août, Danemark / Grande-Bretagne / Afrique du Sud, avec Mads Mikkelsen, Eva Green… 1h31) – Présenté hors-compétition au Festival de Cannes : 1871, l’Amérique attire les colons venus de toute l’Europe pour faire fortune. Lorsque Jon, un pionnier danois, tue le meurtrier de sa famille, sa tête est mise à prix par le fameux colonel Delarue et son gang. Ostracisé par la communauté, Jon devra affronter seul les hors la loi, délaissant sa vie de paisible colon pour celle d’intrépide guerrier.

POURQUOI PAS ?

Moins indispensables mais sûrement pas oubliables, nous avons sélectionné quelques autres films qu’on est également curieux de découvrir en espérant passer un bon moment, mais dont on peut craindre davantage d’être déçu…

20[DRAME] Je ne suis pas lui, de Tayfun Pirselimoglu (Ben O Değilim, sortie nationale le 25 juin, Turquie/ Grèce/ France/ Allemagne, avec Ercan Kesal, Maryam Zaree… 2h05) – Sélectionné au Festival du Film de Rome, prix du scénario : Nihat, aide-cuisinier d’âge mur, a une vie sociale aussi routinière que sa vie professionnelle. Les virées nocturnes avec ses collègues le tirent à peine de sa torpeur de vieux garçon casanier. Pourtant tout le monde l’assure qu’une collègue dont le mari croupit en prison lui fait les yeux doux. Lorsque les films turcs s’exportent à l’étranger, il s’agit presque toujours des films d’auteurs issus du « Nouveau Cinéma Turc » qui cherchent à parler d’une réalité sociale. En voici un qui ne devrait pas déroger à la règle, à défaut – on l’espère ! – de garantir une meilleure qualité que les films turcs sortis en France ces dernières années (films de Nuri Bilge Ceylan mis à part).
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[ANIMATION] Dragons 2, de Dean DeBlois (Sortie nationale le 2 juillet, Etats-Unis, avec Jay Baruchel, America Ferrera, Jonah Hill, Cate Blanchett… 1h45) – Présenté hors-compétition au Festival de Cannes : Tandis qu’Astrid, Rustik et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l’île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d’une lutte visant à maintenir la paix. Harold et Krokmou vont se battre pour défendre leurs valeurs et préserver le destin des hommes et des dragons. Quel film d’animation choisir pendant l’été, puisqu’il y en a tellement ? Celui qui a été sélectionné à Cannes et qui devrait poursuivre dans la lignée du premier volet en mettant d’accord la critique presse et celle des spectateurs.
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264132[DRAME] Sunhi, de Hong Sang-Soo (Sortie nationale le 9 juillet, Corée du Sud, avec Yu-mi Jeong…) : Diplômée en cinéma, Sunhi rend visite à l’un de ses professeurs, Choi, en vue d’obtenir une lettre de recommandation lui permettant d’aller étudier aux États-Unis. Ce jour là, elle revoit deux hommes de son passé: son ex-petit ami Munsu et Jaehak, un réalisateur diplômé de la même école qu’elle. Pendant le temps qu’ils passent ensemble, Suhni reçoit leurs différents conseils sur la vie; mais les trois hommes la définissent et parlent d’elle comme s’ils ne la connaissaient pas vraiment. Ils ont curieusement tous les trois la même opinion sur elle, formulée de manière similaire, et leurs réflexions semblent de moins en moins pertinentes. Mais heureusement Sunhi obtient une excellente lettre de recommandation qui la fait espérer que tous les compliments sur le papier correspondent à la réalité. La bande-annonce invite à la légèreté et à la simplicité dans ce nouveau film du réalisateur de In Another Country, dans lequel il avait collaboré avec Isabelle Huppert. 

> Voir la bande-annonce.387671

[DRAME – THRILLER] Locke, de Steven Knight (Sortie nationale le 23 juillet, Etats-Unis, avec Tom Hardy, Ruth Wilson, Andrew Scott… 1h25) : Ivan Locke a tout pour être heureux : une famille unie, un job de rêve… Mais la veille de ce qui devrait être le couronnement de sa carrière, un coup de téléphone fait tout basculer… Huis-clos dans lequel Tom Hardy se retrouve prisonnier de l’habitacle de sa voiture, On peut s’attendre avec Locke à un exercice de style séduisant et nerveux. Il faut simplement que les enjeux dramatiques suivent…

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[SCIENCE-FICTION] La planète des singes : l’affrontement, de Matt Reeves (Sortie nationale le 30 juillet, Etats-Unis, avec Andy Serkis, Jason Clarke, Kodi Smit-McPhee…) : Une nation de plus en plus nombreuse de singes génétiquement évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui ont survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui imposera l’espèce dominante sur Terre. Ce nouveau volet de La planète des singe est l’une des plus grosses productions de cet été. A réserver pour les amateurs du genre.
> Voir la bande-annonce.Lucy

[SCIENCE-FICTION – ACTION] Lucy, de Luc Besson (Sortie nationale le 6 août, Etats-Unis/ France, avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Min-sik Choi…) : A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté,  une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités. Faut-il encore recommander un film de Luc Besson ? C’est une question qu’on se pose à Bobinophile. En tout cas, si Lucy est médiocre, ça en sera fini de lui ! Du moins pour nous.
> Voir la bande-annonce.

[DRAME – ROMANCE] Les combattants, de Thomas Caillet (Sortie nationale le 20 août, France, Avec Adèle Haenel et Kevin Azaïs, 1h38) – Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes : Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille…Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien; elle se prépare au pire. Il se laisse porter, se marre souvent. Elle se bat, court, nage, s’affûte. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux. Un premier film de Thomas Caillet qui jouit de la présence de la belle Adèle Haenel.
> Voir la bande-annonce.26

395906[DRAME] Party Girl, de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis (Sortie nationale le 27 août, France, avec Angélique Litzenburger, Joseph Bour, Mario Theis… 1h36) – Caméra d’or au Festival de Cannes : Angélique a soixante ans. Elle aime encore la fête, elle aime encore les hommes. La nuit, pour gagner sa vie, elle les fait boire dans un cabaret à la frontière allemande. Avec le temps, les clients se font plus rares. Mais Michel, son habitué, est toujours amoureux d’elle. Un jour, il lui propose de l’épouser.

12 RESSORTIES NATIONALES EN COPIE RESTAURÉE A NE PAS MANQUER…

Alors que l’on pense l’été comme une période cinématographique creuse réservée à l’animation et aux blockbusters, il faut non seulement gratter sous la surface comme nous l’avons vu pour trouver un gage de qualité. Mais loin de se réserver seulement aux sorties nationales, n’oublions pas les ressorties nationales en copie neuve, nombreuses pendant la période estivale.

[DRAME] Sans toit ni lois, de Agnès Varda (1985, ressortie en version restaurée le 18 juin, France/ Grande-Bretagne, avec Sandrine Bonnaire, Stéphase Freiss, Macha Méril… 1h45) : Une jeune fille errante est trouvée morte de froid : c’est un fait d’hiver. Etait-ce une mort naturelle ? C’est une question de gendarme ou de sociologue. Que pouvait-on savoir d’elle et comment ont réagi ceux qui ont croisé sa route ? C’est le sujet du film. La caméra s’attache à Mona, racontant les deux derniers mois de son errance. Elle traîne. Installe sa tente près d’un garage ou d’un cimetière. Elle marche, surtout jusqu’au bout de ses forces. Prodigieuse errance d’une jeune femme qui s’efface progressivement pour bientôt ne devenir plus personne. Agnès Varda signe un film fort au sous-texte militant et remporte le Lion d’or à la Mostra de Venise 1985. Sandrine Bonnaire – César de la meilleure actrice pour son rôle en 1986, y est impressionnante.

[DRAME – POLICIER] Mean Streets, de Martin Scorcese (1973, ressortie le 18 juin, Etats-Unis, avec Robert de Niro, Harvey Keitel, David Proval… 1h50) : Dans le quartier des immigrés italiens, la mafia a pris ses marques. Johnny Boy, tête brulée et bagarreur, a emprunté de l’argent à un parrain, sans intention de rembourser. Son ami Charlie, jeune mafioso ambitieux tente de le protéger des ses créanciers. Mais Johnny Boy est incontrôlable. Un film incontournable dans l’œuvre foisonnante de Martin Scorcese.

[CONTE – COMEDIE MUSICALE] Peau d’Âne, de Jacques Demy (1970, ressortie en copie restaurée le 2 juillet, France, avec Catherine Deneuve, Jean Marais… 1h30) : La reine moribonde a fait promettre au roi de n’épouser qu’une femme plus belle qu’elle. Dans tout le royaume, une seule personne peut se prévaloir d’une telle beauté, sa propre fille. Revêtue d’une peau d’âne, la princesse désespérée s’enfuit du château familial. La féerie trouve avec Peau d’âne son emblème paroxystique dans la filmographie de Jacques Demy, grand enfant du cinéma français avec ce film enchanté. Il reprend le conte de Charles Perrault qui l’a tant fait rêvé étant petit pour partager son bonheur dans une reconstitution de décors ostentatoires et colorés, et rompt par là avec la plus grande sagesse qui caractérisait ses précédents films pour aller encore plus loin dans l’audace et se permettre un pas en avant vers la théâtralité. Ses points de continuité : une grande poésie dans l’écriture et la sublime créature Catherine Deneuve. Un joli film qui emportera la joie des enfants, mais qui ne parviendra pas à cacher ses défauts aux plus grands. 28

[DRAME – ROMANCE] Le jour se lève, de Marcel Carné (1939, ressortie en copie restaurée le 2 juillet, France, avec Jean Gabin, Arletty, Jules Berry… 1h33) : Une forte dispute éclate dans une maison, des bruits de lutte se font entendre, des cris, des coups… Puis un coup de feu ! François a tiré sur Valentin. Ce dernier convoitait la belle Clara. François, barricadé et encerclé par la police, se remémore alors toute l’histoire qui a conduit à ce drame. Immense classique du cinéma français, que Henri Langlois nous recommanderait encore, avec l’irrésistible duo Gabin-Arletty.

[DRAME] Paris, Texas, de Wim Wenders (1984, ressortie nationale en copie restaurée le 16 juillet, Etats-Unis/ Royaume-Uni/ RFA/ France, avec Harry Dean Stanton, Nastassja Kinski, Hunter Carson… 2h27) : Un homme réapparaît subitement après quatre années d’errance, période sur laquelle il ne donne aucune explication à son frère venu le retrouver. Accompagné de son fils, il part au Texas à la recherche de Jane, la mère de l’enfant. Une quête vers l’inconnu, une découverte mutuelle réunit ces deux êtres au passé tourmenté. Présenté cette année en copie restaurée à Cannes dans la section Cannes Classics, Paris, Texas y fait en fait un retour puisqu’il avait remporté la Palme d’or 30 ans plus tôt. Nostalgie égarée d’une envoûtante ballade amnésique, bouleversante et jamais remise en cause. Immanquable. 27[DRAME] La Dolce Vita, de Federico Fellini (1960, ressortie nationale en copie restaurée le 16 juillet, Italie / France, avec Marcello Mastroiani, Anouk Aimée, Anita Erkberg… 2h40) : Marcello Rubini, a quitté sa province italienne pour Rome dans le but de devenir écrivain. Mais celui-ci est devenu chroniqueur dans un journal à sensations. Il fait donc la tournée des lieux dans lesquels il est susceptible de décrocher quelques scoops afin d’alimenter sa chronique. Un soir, las de la jalousie maladive de sa maîtresse30 Emma il sort avec Maddalena. Le lendemain Sylvia, une grande star hollywoodienne fait son arrivée à Rome… Palme d’or au Festival de Cannes 1960, Fellini propose à travers La Dolce Vita une oeuvre désillusionnée foisonnante, fascinante et monumentale donc l’influence résonne encore aujourd’hui, en particulier dans le cinéma de Paolo Sorrentino. Inlassable chef-d’œuvre du cinéma italien.

[RESTROSPECTIVE] Ressortie le 6 août en copie restaurée et en intégralité les films de l’irrésistible Jacques Tati…359426

[DRAME – GUERRE] Jeux interdits, de René Clément (1952, ressortie en copie restaurée le 23 juillet, France, avec Georges Poujouly, Amédée, Brigitte Fossey… 1h25) : Les parents de la petite Paulette sont tués lors des bombardements de juin 1940, dans le centre de la France. La fillette de cinq ans est recueillie par les Dollé, une famille de paysans. Elle devient l’amie de leur jeune fils de onze ans, Michel. Après avoir enterré le chien de Paulette dans un vieux moulin abandonné, les deux enfants constituent peu à peu un véritable cimetière pour insectes et petits animaux. Les problèmes commencent lorsque Michel se met à voler des croix pour en orner les tombes du cimetière miniature. Lion d’or à la Mostra de Venise 1952, Jeux interdit est une film traversé du début à la fin par l’émotion, grâce à un récit qui naît du parcours et du regard de deux enfants. Chronique attachante devant laquelle on ne retiendra pas nos larmes face à l’insouciance de la jeunesse face à la réalité de la guerre. 31[POLICIER – AVENTURE – COMEDIE] La mort aux trousses, de Alfred Hitchcock (1959, ressortie en copie restaurée, Etats-Unis, avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason… 2h16) : Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur dans la peau d’un espion. Pris entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien inconfortable. Il fuit à travers les Etats-Unis et part à la recherche d’une vérité qui se révélera très surprenante. Faut-il encore commenter cet immense chef-d’œuvre du 7ème art ? Ce que l’on peut ajouter cependant, c’est que la copie restaurée par Carlotta Films est apparemment d’une qualité qui vaut largement le détour…

[POLICIER] Le rideau déchiré, de Alfred Hitchcock (1966, ressortie en copie restaurée le 30 juillet, Etats-Unis, avec Paul Newman, Julie Andrews, Lila Kedrova… 2h06) : Un chercheur en physique nucléaire, Armstrong, rompt sans explications avec sa fiancée et assistante, Sarah, avant de se rendre à un congrès à Copenhague. Intriguée, elle le suit et découvre qu’il part en réalite pour Berlin-Est. Décidée a comprendre elle prend le même avion et se rend compte que le professeur semble avoir choisi de vivre a l’Est… Moins connu, mais aussi moins réussi, Le rideau déchiré est un film assurément mineur dans la filmographie de Alfred Hitchcock.

[DRAME] L’étang tragique, de Jean Renoir (1941, ressortie en copie restaurée le 20 août, Etats-Unis, avec Walter Brennan, Walter Huston, Anne Baster… 1h28) : Un chasseur de primes traque un fugitif qui a trouvé refuge chez sa fille qui habite près d’un étange en Géorgie. Il tombe amoureux de la demoiselle et tente de persuader son père de revenir en ville. L’étang tragique est un film très peu connu dans la trajectoire du réalisateur, qui marque pourtant un « tournant décisif » comme l’a dit Godard, puisqu’il s’agit du premier film américain de Renoir à travers lequel celui-ci s’adapte aux production hollywoodienne tout en conservant les thèmes qui lui sont chers.

Bonnes vacances d’été et bons films à tous !

L’équipe de Bobinophile

DSC02994 - Copie

L’équipe de Bobinophile 2013-2014 presque au complet. De gauche à droite : Sidonie B-bel, Noémie Vergé, Emma Ladet, Guillaume Perret, Anaïs Justin, Armelle Boucher, Tanguy Faramin, Mar Verlhac, Clémence Michalon, Eloïse Broch et Elsa Buet. Absents : Caroline Warin et Annabelle Royer.

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