Newsletter du dimanche 14 septembre 2014

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Femmes au bord de la crise de nerfs 5

La première projection aura lieu mercredi 17 septembre à 18h en Amphi Leclair, en l’honneur de Pedro Almodovar, Prix Lumière 2014. Nous projetterons Femmes au bord de la crise de nerfs (1988, 1h30) : Ivan et Pepa, deux comédiens de doublage, prêtent leur voix aux grandes stars du cinéma et se jurent chaque matin dans la pénombre du studio un amour éternel. Mais Ivan abandonne subitement Pepa. Celle-ci va mener son enquête et découvrir la double vie de l’homme qu’elle aime. 

Le film sera précédé d’une présentation globale de l’association Bobinophile ainsi que d’une introduction à la programmation du Festival Lumière 2014. 

SEMAINE DU 15 AU 21 SEPTEMBRE

SORTIES NATIONALES (mercredi 17 septembre)

Nous avons vu :

3 Coeurs de Benoît Jacquot (Romance, France, 1H46) : Dans une ville de province, une nuit, Marc rencontre Sylvie alors qu’il a raté le train pour retourner à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, parlant de tout sauf d’eux-mêmes, dans un accord rare. Quand Marc prend le premier train, il donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, quelques jours après. Benoit Jacquot signe un mélo à la première partie soporifique et à la narration plombante. Le seul véritable intérêt du film demeure Charlotte Gainsbourg dont le jeu puissant, mais tout en retenu, apporte quelques beaux moments de tension.

Mange tes morts – Tu ne diras point, de Jean-Charles Hue (Drame, France, 1h34) : 18 ans, appartient à la communauté des gens du voyage. Il s’apprête à célébrer son baptême chrétien alors que son demi-frère Fred revient après plusieurs années de prison. Ensemble, accompagnés de leur dernier frère, Mickael, un garçon impulsif et violent, les trois Dorkel partent en virée dans le monde des « gadjos » à la recherche d’une cargaison de cuivre. Ce second long-métrage de Hue a reçu le prix Jean Vigo 2014, signe d’un film inclassable qui se distingue par son sujet audacieux qui l’inscrit dans un cinéma français à la marge mais d’autant plus prometteur. Jean-Charles Hue radicalise son approche du cinéma par rapport à son premier film qui portait à l’écran les mêmes acteurs non-professionnels : du réel à l’immersion fictionnel, ces personnages ordinaires deviennent de véritables héros de cinéma, nerveux, incandescents. A voir, assurément !295959

Nous parions sur :

Sin City : j’ai tué pour elle, de Franz Miller et Robert Rodriguez (Action, Etats-Unis, 1h42) : Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices. Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d’un tas de cadavres… L’esthétique de ce second opus devrait se placer dans la lignée du premier, cette forme de BD au cinéma fascinante, que d’autres pourront interpréter comme un ersatz vainement tape-à-l’oeil.158254

Pride de Matthew Warchus (Comédie, Grande-Bretagne, 1h57) : Eté 1984 – Alors que MargaretThatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de la Gay Pride à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs en grève, mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas et décide de s’embarquer à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres au fin fond du pays de Galles.

Un homme très recherché d’Anton Corbijn (Thriller, Etats-Unis et Grande-Bretagne, 2h02) : Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center. Lorsqu’un immigré d’origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Nouvelle adaptation de l’oeuvre de John le Carré après le tortueux La Taupe de Thomas Alfredson en 2011, Un homme très recherché fait partie de nos plus grandes attentes de cette rentrée. Les premières critiques sont élogieuses. Casting de haut rang et rôle posthume très attendu pour le regretté Philip Seymour Hoffman.122863

ENCORE EN SALLE

Nous avons aimé :

26Les combattants de Thomas Cailley (Comédie, France, 1h38) : Arnaud, adolescent perdu et penaud rencontre Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux. Thomas Cailley, pour un premier film, fait preuve d’une admirable maîtrise de son scénario et jongle avec les genres cinématographiques avec une habilité déconcertante. En construisant son film sur l’antagonisme de deux personnages principaux, il établit un glissement malicieux de la comédie décapante au film catastrophe. Et de cette jeunesse qu’il enregistre dans un cadre dont les couleurs évolue au film de l’histoire, passant d’un bleu métallique à la chaleurs des tons orangers, on parvient à un degré consensuel qui chasse l’urgence du présent pour laisser place à un bel espoir pour l’avenir.Ceylan 5

Winter sleep de Nuri Bilge Ceylan (Drame,Turquie, 3h16) : Aydin, comédien à la retraite, tient un petit hôtel en Anatolie centrale avec sa jeune épouse Nihal, dont il s’est éloigné sentimentalement, et sa sœur Necla qui souffre encore de son récent divorce. En hiver, à mesure que la neige recouvre la steppe, l’hôtel devient leur refuge mais aussi le théâtre de leurs déchirements. De grandeurs en décadences impétueuses, Nuri Bilge Ceylan organise dans un cocon troglodytique, la fin d’un règne. Dans cette unité d’espace et de temps, la déconstruction de l’édifice des acquis auto-proclamés remet tout en cause. Le couple, la famille, la société, la vie. C’est impressionnant de justesse, de beauté et de volupté. Analyse et critique par un membre de Bobinophile.

Gemma Bovary d’Anne Fontaine (Comédie, France, 1h39) : Situé dans un parfait cliché de village en Normandie, le film raconte l’histoire d’un quinqua boulanger passionné de littérature qui voit son quotidien bouleversé par l’arrivée d’un couple d’anglais : Charles et Gemma Bovery. Obsédé par cette nouvelle voisine au nom et comportement flaubertien, Martin Joubert (Fabrice Luchini) se lance, cœur simple, dans un jeu dangereux de séduction et manipulation. Mais il va peu à peu se perdre entre l’art et la vie, au risque de mettre en péril sa voisine. L’adaptation du roman graphique de Posy Simmonds (auteure de Tamara Drewe) réunit de bons acteurs : Gemma Arteton est sensuelle et ingénue, Niels Schneider est parfait dans le rôle du bellâtre bourgeois pas très malin et Fabrice Luchini incarne à merveille un personnage cynique et bienveillant. Evidemment on peut considérer ce film comme un énieme Luchini-movie (après Alceste à bicyclette), une comédie populaire bourrée de références littéraires qui s’adresse aux happy few. Mais l’ensemble est agréable. Et le twist final permet de faire de Gemma Bovery une comédie légère et drolatique.

Ils nous ont divisés :

Boyhood de Richard Linklater (Drame, Etats-Unis, 2h45) : Chaque année, durant 12 ans, le 533334réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte… Filmer une famille sur le temps long est un pari fou. Ce procédé apporte un réalisme sidérant qui invite le spectateur à apprécier avec d’autant plus d’efficacité le passage du temps, la maturation des personnages – enfants comme adultes. Boyhood offre un kaleidoscope d’images réjouissantes dans lesquelles chacun pourra se retrouver. Oeuvre universelle ? Non. Et on peut anticiper le vieillissement d’un film qui récite des passages obligés de l’histoire américaine de façon presque grossière. La place du politique est bien peu subtile. Quelques fulgurances rattrapent les maladresses, en particulier dès que Patricia Arquette envahit l’écran avec force et émotion. Touchant, mais surestimé. Lire une critique (positive) par un membre de Bobinophile.

16Sils Maria d’Olivier Assayas (Drame, France, Etats-Unis, 2h14) : À dix-huit ans, Maria Enders a connu le succès au théâtre en incarnant Sigrid, jeune fille ambitieuse et au charme trouble qui conduit au suicide une femme plus mûre, Helena. Vingt ans plus tard on lui propose de reprendre cette pièce, mais cette fois de l’autre côté du miroir, dans le rôle d’Helena. Olivier Assayas est peut être le réalisateur français le plus ambitieux de son temps. Son sujet promettait beaucoup et, au demeurant, il est décevant. Le film souffre du manque de talent du réalisateur dans la mise en scène et dans l’écriture de ses personnages. Il en ressort ainsi un interminable flot de dialogues insipides qui entame parfois le jeu de Juliette Binoche, et dont on ne peut tirer aucun trouble tant le fondu entre le réel et la répétition de la pièce est trahi par les défauts d’une mise en scène composite – tantôt rock’n roll, tantôt publicitaire, tantôt contemplative… On ne retiendra comme point fort majeur de Sils Maria que le personnage de Valentine, le seul qui soit justement écrit et merveilleusement interprété par Kristen Stewart.

Métamorphoses de Christophe Honoré (Comédie dramatique, France, 1h42) : Devant son lycée, une fille se fait aborder par un garçon très beau mais étrange. Elle se laisse séduire par ses histoires, des histoires sensuelles et merveilleuses où les dieux tombent amoureux de jeunes mortels. Le garçon propose à la fille de le suivre. Métamorphoses est une œuvre désincarnée qui ne fait que réciter un verbiage pompeux. Ou comment la mythologie grecque se retrouve à arpenter le discours bobo parisien d’un réalisateur au plus haut de sa suffisance.

Hippocrate de Thomas Lilti (Comédie dramatique, France, 1h36) : Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. Hippocrate a le défaut de ses qualités : à vouloir embrasser un ensemble de thématiques, la comédie et le drame, il s’éparpille jusqu’à un dénouement consensuel. Il n’en demeure pas moins que ce film tourné dans un hôpital public français, réalisé par un médecin, met en lumière avec intelligence les problèmes quotidiens du milieu hospitalier, bien loin du caractère divertissant des séries médicales. Le film, évidemment, jouit de sa tête d’affiche – Vincent Lacoste et Reda Kateb – deux personnages attachants et touchants. Ils auraient malgré tout mérité qu’on leur prête davantage d’attention dans le cadrage. La mise en scène naturaliste est parfois contre-productive ; elle immerge ses personnages principaux dans le flot de personnages secondaires présents dans les scènes de groupe. Hippocrate est convenu, mais sympathique.

Nous vous déconseillons :

Les gardiens de la galaxie de James Gunn (Sience fiction, Etats-Unis 2h10) : Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates. Cette nouvelle bande de héros n’apporte pas le vent de nouveauté escompté à l’univers Marvel. Les scènes d’action s’enchaînent à 200 à l’heure, et les personnages sont dépeints de manière tellement superficielle qu’il est difficile de s’y attacher. Quelques éléments malgré tout sauvent le film: La bande-son vintage, tout d’abord, avec des titres des Jackson 5, de David Bowie ou encore des Runaways. Sont aussi intéressants certains passages qui soulignent et détournent plus ou moins habilement les codes des films de super-héros. Enfin, le choix de placer l’action complètement hors de la Terre détonne, mais le scénario est si attendu que cela ne nous surprend pas bien longtemps.

Lucy de Luc Besson (science fiction, Etats-unis, 1h29) : Lucy peut se résumer en ces termes : une fille sexy poursuivie par des gros méchants. Ceux-ci la séquestrent et se servent d’elle comme d’une mule pour faire transiter en Europe leur produit, une puissante drogue de synthèse, le CPH4. Le sachet se déchire et au lieu de mourir, Lucy subit une transformation qui décuple ses capacité cognitives. Que se passe-t-il si l’être humain utilisait 100% de son cerveau ? La représentation d’une cognition supérieure de Besson est un univers connecté absurde qui fait penser à des publicités pour smartphones. Loin de proposer un univers science-fictionnel original, Lucy n’imagine rien d’autre que la transformation programmée de l’humain…en clé usb. L’hommage au 2001 de Stanley Kubrick, lorsque le réalisateur confronte sa nouvelle Eve à son ancêtre australopithèque (l’autre Lucy) est tellement peu subtil qu’il en devient drôle. Un film involontairement hilarant.

EVÉNEMENTS

Dans le cadre des 100 ans du Comoedia, le cinéma nous offre une belle et riche semaine de rencontres :

Mercredi 17 Septembre à 14h00 : CINE-RIRE / Ciné-Concert de l’ARFI.
Programme de 4 courts métrages de l’Âge d’Or du burlesque mis en musique par le Workshop de Lyon / Arfi. Durée totale : 1h00.
Offre 100 ans déjà ! : 1 place Plein Tarif achetée = 1 place offerte !

Jeudi 18 Septembre à 20h00 : Projection/Rencontre Near Death Experience en présence du réalisateur du film Gustave Kervern Paul (Michel Houellebecq), un employé sur une plateforme téléphonique, est en plein burn-out. Un vendredi 13, la chronique du journal télévisé sur ce jour particulier lui apparaît comme un signal pour passer à l’acte. Décidé à concrétiser son geste, Il s’enfuit dans la montagne où il va vivre une expérience unique.

Dimanche 21 septembre à 11h15 : Marina Abramovic The Artist is Present de Matthew Akers. Projection en présence de la chorégraphe Anne Juren, chorégraphe française qui revisite dans son spectacle Magical la performance emblématique de Marina Abramovic : Freeing the body.
Tarif unique : 4,80€.

A L’INSTITUT LUMIÈRE

25 rue du Premier-Film
Métro D Monplaisir-Lumière
Tél. 04 78 78 18 95
http://www.institut-lumiere.org

Le cycle CINEMA ITALIEN DES ANNEES 70 continue avec :

Mimi métallo blessé dans son honneur (L. Wertmüller, 2h) : Mimi, manoeuvre sicilien, refuse de se plier aux règles de la mafia et doit s’expatrier, laissant sa femme en Sicile. Séance : Mardi 16 à 14h30.

Sacco et Vanzetti (G. Montaldo, 2h04) : Massachusetts, 1920. Après un braquage qui tourne mal, deux suspects sont arrêtés : Nicola Sacco, cordonnier, et Bartolomeo Vanzetti, marchand de poissons, deux Italiens anarchistes. Séance : Mardi 16 à 17h.

Mes chers amis (M. Monicelli, 1h54) : Quatre lurons passent leur temps libre à rire et jouer des tours idiots à des inconnus. Un jour, un des quatre personnages enlève la femme d’un médecin. Loin de s’offusquer, celui-ci rejoint la joyeuse bande et participe aux blagues toujours plus saugrenues… Séances : Mercredi 17 à 16h15, Vendredi 19 à 14h30 et Dimanche 21 à 16h15.

La Propriété c’est plus le vol (E. Petri, 1h43) : Total est un employé de banque atteint d’une maladie peu commune : le contact avec l’argent lui provoque des démangeaisons. Quittant son emploi, il décide de s’attaquer au système en prenant pour cible un boucher qui étale sa fortune avec ostentation… Politique, inventivité formelle et humour : le troisième volet après La Classe ouvrière va au paradis de la « tératologie politique » du cinéaste communiste Elio Petri, dans « un style violemment expressionniste et des tonalités irréelles et grimaçantes. » (Laurence Schifano) Séance : Jeudi 18 à 19h.

JANE CAMPION par Michel Ciment : Vendredi 19 et Samedi 20 Septembre
Tous les films seront présentés par Michel CimentLeconDePiano3

Vendredi 19 :

19h30 Conférence sur Jane Campion par Michel Ciment (entrée gratuite, retrait nécessaire d’un ticket)
21h Bright Star (J. Campion, 1h59, 2010) : Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète. Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids. John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n’est pas du tout impressionnée par la littérature. C’est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie. Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l’attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l’intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus.  » J’ai l’impression de me dissoudre « , écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause… Dans la magnificence et la luminosité des plans, Jane Campion redonne aux sentiments amoureux leur pureté. Il se dégage une atmosphère sensuelle et poétique qui permet à la réalisatrice de dépasser le classicisme de son traitement et de saisir la portée de sa mise en scène fluide et contemplative. Un film certes beau et touchant, qui jamais bouleversant pour autant car souvent trop retenu, qui ne laisse jamais de place suffisante à la violence des joutes sentimentales.

Samedi 20 :

10h45 – Sweetie (J. Campion, 1h37, 1989) : Kay a  peur de tout : du présent, de l’avenir, de la vie, de la mort. Tout semble s’arranger lorsqu’elle se met en ménage avec Louis, l’ancien fiancé d’une collègue. Mais ce bonheur apparent ne dure qu’un temps et ses angoisses la reprennent. C’est alors qu’apparaît Sweetie, sa jeune soeur, obèse, debraillée et sympathique, qui laisse dans son sillage un énorme nuage d’entropie…
14h30 – Un ange à ma table (J. Campion, 2h38, 1990) : L’évocation de la vie de Janet Frame à travers l’adaptation de ses trois autobiographies To the Is-land, An angel at my table et The Envoy from Mirror City. Cette femme, issue du milieu ouvrier, fut internée pendant sept ans et dut sa libération à la notoriété que lui apportèrent ses récits.
17h45 – Portrait de femme (J. Campion, 2h24, 1996) : A la fin des années 1800, Isabel Archer, jeune Américaine en visite chez ses cousins anglais, choque son entourage par son esprit libre et aventureux. Son cousin Ralph, phtisique incurable, l’aime en secret. Elle part à Florence où une amie la jette dans les bras de son amant, Gilbert Osmond. Isabel l’épouse. Quelques années plus tard, elle découvre qu’elle a été manipulée. Elle affronte son mari et retourne auprès de Ralph, qui lui avoue son amour sur son lit de mort.
21h – La Leçon de piano (J. Campion, 2h01, 1993) : Au siècle dernier en Nouvelle-Zélande, Ada, mère d’une fillette de neuf ans, s’apprête à suivre son nouveau mari au fin fond du bush. Il accepte de transporter tous ses meubles à l’exception d’un piano qui échoue chez un voisin illettré. Ne pouvant supporter cette perte, Ada accepte le marché que lui propose ce dernier. Regagner son piano touche par touche en se soumettant à ses fantaisies. Palme d’or et prix d’interprétation féminine à Cannes en 1993. Le piano, ultime fragment de l’espoir de vivre et d’aimer, libère les passions humaines dans la nature sauvage et tumultueuse. Immersion d’une femme traumatisée par la disparition tragique de son mari en milieu hostile qui, par chantage, s’abandonne au corps comme dernier recours pour sortir de son mutisme. Jane Campion saisit la délicatesse de son personnage principal et dresse un très beau portrait de femme à travers les paysages magnifique de de la Nouvelle-Zélande (sublime photographie) qui n’est pas sans rappeler une certains inspiration malickienne. Le film aurait sans doute été un chef d’œuvre s’il avait su mieux doser la gestion des morceaux musicaux : si les notes de piano, qui font naturellement partie de musiques internes et suivent la narration de l’histoire, les musiques additionnelle viennent alourdir à (grands) coups de violon la portée mélodramatique un peu forcée du film. 

En attendant Pedro Almodóvar (Prix Lumière 2014) :

Attache-moi (P. Almodóvar, 1989, 1h51), présenté par Thierry Frémaux : Ricki, jeune homme amoureux de l’indifférente Marina, l’enlève, puis la séquestre pour lui démontrer son amour et provoquer chez elle, ce dont il est sûr, un sentiment amoureux vis-à-vis de lui. Séance : Jeudi 18 Septembre à 21h.

Mais aussi : Les Classiques31

La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock (1959, 2h16, couleur) : Roger Thornhill est pris pour un espion qu’on cherche à abattre, et à séduire… Séances : Mercredi 17 à 19h (séance présentée), Vendredi 19 à 16h45 et Dimanche 21 à 18h30.

L’homme qui tue Liberty Valence de John Ford (1962, 2h02, N&B) : Le sénateur Stoddard débarque à Shinbone pour l’enterrement d’un certain Tom Doniphon. Séance : Mercredi 17 à 21h30

La Chienne de Jean Renoir (1931, 1h31, N&B): Marié à une veuve acariâtre, M. Legrand a un violon d’Ingres : la peinture. Il tombe sous le charme de Lulu, une jeune femme amoureuse de son souteneur…Séance : Dimanche 21 à 14h30.

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Lundi :

  • Essential Killing de Jerzy Skolimowski à 22h30 sur Arte

Mardi :

  • Intolérable cruauté de Joel et Ethan Coen à 20h50 sur HD1

Mercredi :

  • Soirée Benoît Jacquot sur Arte avec Pas de scandale à 20h50 suivi de Villa Amalia à 23h25

Jeudi :

  • Les valseuses de Bertrand Blier à 22h50 sur D17

Dimanche :

  • Les infiltrés de Martin Scorsese à 20h50 sur France 2 ;
  • Match Point de Woody Allen à 20h50 sur HD1 ;
  • [le choix de la rédaction] Lost in Translation de Sofia Coppola à 23h00 sur HD1- Sofia Coppola délivre un cinéma immobile et attentif où est suggéré un maximum de chose en un minimum de mots, sans toutefois hésiter à glisser quelques notes d’humour. Le tout est porté par le magnifique couple d’acteur Bill Murray-Scarlett Johansson et une BO indie impeccable.

Bonne semaine de cinéma,

L’équipe de Bobinophile

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