Critique – Les Combattants, de Thomas Cailley

de Thomas Cailley (Comédie, France, 1h38)

© Nord-Ouest Films et Julien Panié

© Nord-Ouest Films et Julien Panié

C’est une histoire d’amour, entre Arnaud, un jeune type doux qui s’apprête à reprendre avec son frère l’entreprise d’abris de jardin  et Madeleine passionnée de techniques de self defense et de survie en milieu hostile. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Lieu de la romance ? Un ring sur une plage puis un camp militaire pour un entrainement « aux paras ». Les Combattants est un film qui joue avec les codes du genre de la comédie romantique et avec ceux qui régissent les archétypes du féminin et du masculin. Improbable croisement entre le récit d’initiation, la romance et le film pré-apocalyptique, le premier film de Thomas Cailley est irrésistiblement drôle et surprenant.

© Nord-Ouest Films et Julien Panié

© Nord-Ouest Films et Julien Panié

Les personnages principaux, incarnés avec force et sensibilité par Kevin Azaïs et Adèle Haenel sont des personnages qui ne cessent jamais d’agir, d’avancer, d’inventer. Madeleine existe dans une pure énergie et ne se pose pas de questions. Quand elle n’aime pas, elle cogne. Quand elle veut s’excuser, elle offre des poussins congelés. Arnaud et Madeleine sont toujours en mouvement, jamais au repos, de vrais Combattants. Au début du film, le deuil ne met pas Arnaud dans une position passive : il se lève et agit, il trouve des solutions.
 Madeleine cherche toujours quelque chose à faire et s’impose cette préparation physique. Pied de nez à la situation de crise actuelle et à la passivité ambiante, le réalisateur imagine un duo qui à défaut de trouver sa place dans la société, s’invente un nouveau monde.

Chez Thomas Cailley, l’émotion vient des personnages mais elle peut surgir de la lumière d’un micro-onde ou d’un néon d’enseigne de boite de nuit. Le spectateur est déstabilisé, troublé par les scènes de drague/combat, par le ridicule des scènes de vie de caserne ou par des réflexions philosophiques type «maintenant je vois mieux au-delà des trucs».

© Nord-Ouest Films et Julien Panié

© Nord-Ouest Films et Julien Panié

Au fur et à mesure que les personnages se bricolent leur monde utopique, le cadre est de plus en plus mobile et s’ouvre sur des horizons plus larges, des perspectives plus grandes. Cette impression d’ouverture est renforcée par les couleurs qui deviennent plus chaudes.

En plus de toutes ces qualités de construction, Les Combattants est porté par une musique géniale signée Hit’n’Run. La bande originale intègre ainsi beaucoup d’éléments variés (acoustique, électrique, voix, bruits). Elle communique quelque chose d’organique, vivant, poétique et traduit la menace qui presse les personnages.

On reste à l’affût pour les prochains films de Cailley.

Découvrir la bande annonce

Annabelle ROYER

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