Projection à l’IEP – Choisissez votre film !

Mercredi 8 octobre se déroulera notre seconde projection annuelle (en amphi Leclair, à 18h), qui succédera à Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodòvar. Après avoir voulu faire échos au sein de nos murs à l’actualité lyonnaise bouillonnante dans l’attente du coup d’envoi de la sixième édition du Festival Lumière, nous souhaitons nous tourner pour notre nouvelle projection vers l’actualité nationale et revenir à des films plus récent. Quel film vous présenterons-nous ? Nous le saurons bientôt, quand vous, chers IEPiens, aurez choisi lequel vous souhaité voir projeté ! Bobinophile innove en vous laissant la possibilité jusqu’à samedi soir de décider lequel des deux films que nous avons pré-sélectionnés vous préférez. Et ces deux films sont…Choisissez votre film

J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan

Drame, Canada, 1h40, avec Xavier Dolan, Anne Dorval et Suzanne Clément

Synopsis : Hubert Minel (Xavier Dolan) n’aime pas sa mère (Anne Dorval). Du haut de ses 17 ans, il la jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitsch et les miettes de pain qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange bruyamment. Au-delà de ces irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la culpabilisation, mécanismes chers à sa génitrice.J-ai-tue-ma-mere Confus par cette relation amour-haine qui l’obsède de plus en plus, Hubert vague dans les arcanes d’une adolescence à la fois marginale et typique -découvertes artistiques, expériences illicites, ouverture à l’amitié, sexe et ostracisme- rongé par la hargne qu’il éprouve à l’égard d’une femme qu’il aimait pourtant jadis.

Notre avis : Quoi de plus évident, le jour de la sortie en salle de Mommy, de revenir vers le film qui a dévoilé le jeune réalisateur québécois Xavier Dolan, qui met aujourd’hui la critique d’accord par la générosité de son dernier film. Si le style du réalisateur, très distingué, s’est affiné au fil du temps pour permettre à ses beaux personnages d’exister davantage à l’écran, il n’en demeure pas moins que les portraits durs, radicaux et touchants qu’il peint l’ont très tôt imposé comme le « prodige » du cinéma québécois. Si cette année, lorsqu’il s’est vu remettre le prix du Jury au dernier Festival de Cannes, son discours véhiculait l’émotion du réalisateur, ce dernier fut aussi acclamé en 2009 lorsque J’ai tué ma mère était présenté à Cannes dans la section parallèle de la Quinzaine des réalisateurs (il en était reparti avec trois prix, dont « regard jeune »). L’intérêt de projeter J’ai tué ma mère réside dans l’échos qui pourra résonner dans l’esprit des spectateurs qui pourront analyser le chemin parcouru entre ce premier film et Mommy, dans la mesure où ces deux films, à quelques années d’écart, s’emparent du thème délicat de la maternité à travers le caractère turbulent d’un fils. Restent ces artifices visuels, laissés à l’appréciation de chacun, esthétiques sinon esthétisants, dont l’utilité peut être questionnée au cœur du récit. A vous d’en juger.J'ai tué ma mère 3

Voir la bande-annonce de J’ai tué ma mère.

*

*           *

Naissance des pieuvres, de Céline Sciamma

Drame, France, 1h22, avec Adèle Haenel, Pauline Acquart, Louise Blachère

Synopsis : L’été quand on a 15 ans. Rien à faire si ce n’est regarder le plafond. Elles sont trois : Marie, Anne, Floriane. Dans le secret des vestiaires leurs destins se croisent et le désir surgit. Si les premières fois sont inoubliables c’est parce qu’elles n’ont pas de lois.naissance-des-pieuvres-15-08-2007-1-g

Notre avis : Rare sont les premiers films d’une telle maîtrise, tant dans leur analyse des personnage, des thématiques qui soulèvent leur parcours, de la mise en scène qui replace sans cesse leurs émotions au cœur du dispositif filmique. Céline Sciamma fait partie de ces jeunes réalisateurs sur lesquels on compte désormais beaucoup pour nous parler de la jeunesse. Il ne s’agit certainement pas d’une coïncidence si les films récents marquants sont ceux de jeunesréalisateurs ou réalisatrices en début de carrière, tels que Katell Quillévéré avec Suzanne (2013) ou Mia Hansen-Love avec Un amour de jeunesse (2011) et dont nous attendons également beaucoup Eden (en salle le 9 novembre 2014), ou encore Thomas Cailley avec Les combattants, dans lequel nous retrouvions Adèle Haenel. Le choix de Naissance des pieuvres anticipe la sortie du troisième film de Céline Sciamma, le magnifique et très attendu Bande de filles (en salle le 22 octobre, nous vous en parlerons bientôt). En à peine 1h20, la jeune réalisatrice synthétise les désirs tentaculaires mais pudiques émergeant à travers le trio eGs3dDkyMTI=_o_naissance-des-pieuvres-water-lilies---final---para-oneféminin adolescent formé par Marie, Floriane et Anne, respectivement incarnées par les jeunes et débutantes Pauline Acquart, Adèle Haenel et Louise Blachère. La délicatesse du traitement, l’approche du thème de la sexualité, de la féminité sont autant de piste lui permettant de décliner sous différents angles une synchronisation essentielle en phase d’adolescence entre l’expression du corps et les maux du cœur, dans une harmonisation bleutée des tons. Chez Sciamma, de Naissance des pieuvres à Bande de filles, le bleu est une couleur chaude.

Voir la bande annonce de Naissance des Pieuvres.

*

*        *

Ces deux films sont donc soumis à votre choix, et il nous semble tout à fait cohérent de les confronter l’un à l’autre dans la mesure où ils recoupent de nombreux points communs. Quand bien même le second évacue la présence parentale pour se recentrer sur la jeunesse tandis que le premier offre un portrait brûlant à travers une relation mère-fils comme socle du scénario, Naissance des pieuvres et J’ai tué ma mère sont deux premiers films récents, de deux réalisateurs sur lesquels la critique presse autant que les spectateurs portent leurs espoirs et leurs attentes. Enfin, chacune de ces deux œuvres est une proposition forte de cinéma par leurs partis pris visuels qui tracent, depuis lors, l’identité de l’oeuvre des deux réalisateurs respectifs. 

Nous comptons sur vos votes et, bien évidemment, sur votre présence dans l’Amphi Leclair, mercredi 8 octobre à 18h, pour visionner le film que vous aurez choisi. A vous ! 

L’équipe de Bobinophile

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s