Newsletter du dimanche 5 octobre 2014

SEMAINE DU 6 AU 12 OCTOBRE

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PROJECTION A L’IEPJ'ai tué ma mère 6

PROJECTION – MERCREDI 8 OCTOBRE à 18h en AMPHI LECLAIR
Vous avez voté pour J’ai tué ma mère de Xavier Dolan. Retrouvez les informations sur le film ici.

Venez nombreux !

SORTIES NATIONALES (mercredi 8 octobre)

Nous avons vu et unanimement aimé :

Mommy de Xavier Dolan (Drame, Canada, 2h18) : Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent profondément turbulent. Ensemble, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de la mystérieuse voisine d’en face, Kyla. Pour la première fois, bien plus encore que dans Laurence Anyways, les exubérantes de Xavier Dolan ne sont plus tant des tics visuels qui confinent à l’hystérie mais des outils qui permettent à ce jeune réalisateur, désormais incontournable, d’amplifier son sujet jusque dans les moindres recoins de son cadrage minutieusement pensé et conçu. Car l’important réside dans ce trio de personnages dont l’humanité dépasse le cadre de la fiction pour toucher au cœur du spectateur, bouleversé. L’adéquation du fond et de la forme est enfin atteinte dans une quasi-perfection, sidérante d’une beauté et d’une générosité couronnée du prix du jury cannois, amplement mérité. Les sceptiques seront confondus, définitivement.539215

Nous parions sur :

Papa was not a rolling stoned de Sylvie Ohayon (Comédie dramatique, France, 1h39) : Dans les années 80, Stéphanie grandit à La Courneuve auprès d’une mère absente et d’un beau-père brutal. Très vite, elle décide de se sortir de son quotidien morose.508784

Gone Girl de David Fincher (Thriller, Etats-Unis, 2h29) : A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

National Gallery de Frederik Wiseman (Documentaire, Etats-Unis, 2h53) : Portrait de la fameuse National Gallery de Londres au jour le jour.

Le Paradis d’Alain Cavalier (Expérimental, France, 1h10) : Depuis l’enfance, j’ai eu la chance de traverser deux mini dépressions de bonheur et j’attends, tout à fait serein, la troisième. Ça me suffit pour croire en une certaine beauté de la vie et avoir le plaisir de tenter de la filmer sous toutes ses formes : arbres, animaux, dieux, humains…

ENCORE EN SALLE

Nous avons aimé :079944

Léviathan de Andrei Zviaguintsev : Dans ce quatrième long-métrage de Andrei Zviaghintsev, laRussie réside dans ces restes d’épaves désolées qui animent le paysage de leur funeste beauté. Leviathan, dès les premières seconde, impose sa puissance thématique et libère ses effluves tragiques dans la violence des vagues qui se brisent sur les rochers saillants et dont le retentissement se noie dans l’écho immersif de la bande originale. L’ensemble du film est empli d’une gravité étouffante, celle d’un Etat qui s’impose à l’intime dans chaque parcelle de vie pour en retirer l’humanité. Il ne reste plus que la vodka pour espérer échapper à cette réalité sordide. Un prix du scénario amplement mérité à Cannes qui, succédant à A Touch of Sin de Jia Zhang-Ke, revient une nouvelle fois à un film éminemment politique, engagé, radical et, de fait, impressionnant. 

L’institutrice de Nadav Lapid : Loin de se limiter à une éloge de l’art dans un monde médiocre, Lapid signe un double portrait de l’innocence et de ses ambiguïtés, à travers l’histoire de cette 448852institutrice qui décèle chez un enfant de 5 ans un don prodigieux pour la poésie. Dans un même mouvement, il filme le miracle, sa pureté, sa force manipulatrice et la fascination, ses espoirs, ses mystères et ses dangers. Assurément l’un des grands films de l’année.

Les combattants de Thomas Cailley : Thomas Cailley, pour un premier film, fait preuve d’une admirable maîtrise de son scénario et jongle avec les genres cinématographiques avec une habilité déconcertante. En construisant son film sur l’antagonisme de deux personnages principaux, il établit un glissement malicieux de la comédie décapante au film catastrophe. Et de cette jeunesse qu’il enregistre dans un cadre dont les couleurs évolue au film de l’histoire, passant d’un bleu métallique à la chaleurs des tons orangers, on parvient à un degré consensuel qui chasse l’urgence du présent pour laisser place à un bel espoir pour l’avenir. Lire une critique par un membre de Bobinophile.

Mange tes morts – Tu ne diras point, de Jean-Charles Hue : Autant que l’on passe du réel à l’immersion fictionnelle, ces personnages ordinaires deviennent des héros de cinéma, nerveux, incandescents. Jean-Charles hue explose à tous les niveaux, tant dans sa maîtrise formelle que dans l’intensité de ses portraits, tant dans l’approche des genres que la création d’un nouveau mythe pour le cinéma français, faisant de Mange tes morts le film le plus incontournable de la rentrée. Lire une critique par un membre de Bobinophile.

Ils nous ont divisés :

The tribe de Myroslav Slaboshpytskiy : Le dispositif contre-productif de The Tribe étouffe tout : l’histoire qui peine à être suivie tant on se sent mis à l’écart au fil de ces 2h12 rapidement éprouvantes et interminables ; les personnages qui doivent subir les péripéties douteuses d’un scénario qui, en souhaitant dénoncer une certaine violence physique, psychologique et éventuellement politique, en vient à la célébrer ; les sentiments, et c’est un comble quand l’intention même du film est de vouloir retrancher les mots sans lesquels nous étions censés 007118accéder à la puissance de l’amour et de la haine ; la possibilité d’une empathie, rompue par l’amoralité des scènes dérangées, sexuellement outrancières que le réalisateur étire dans le temps ; le spectateur, somme-toute. The Tribe est donc l’exemple parfait du faux film « coup de poing ».

Still the water de Naomi Kawase : La vie, la mort, l’amour. Naomi Kawase étire son récit sur deux heures interminables qui effilochent les thématiques et écrasent la sensibilité du sujet sous l’insistance d’un dispositif contemplatif beaucoup trop « still » pour combler les lacunes et lâchetés du scénario. Même la photographie, qui aurait dû être somptueuse et douce est trahie par la caméra à l’épaule de la réalisatrice, inadaptée et agaçante.

Cœurs de Benoît Jacquot : Dans une ville de province, une nuit, Marc rencontre Sylvie alors qu’il a raté le train pour retourner à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, parlant de tout sauf d’eux-mêmes, dans un accord rare. Quand Marc prend le premier train, il donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, quelques jours après. Ils ne savent rien l’un de l’autre. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, par malheur, non. Il la cherchera et trouvera une autre, Sophie, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie… Benoit Jacquot signe un mélo à la première partie soporifique et à la narration plombante. Le seul véritable intérêt du film demeure Charlotte Gainsbourg dont le jeu puissant, mais tout en retenu, apporte quelques beaux moments de tension.

Saint Laurent de Bertrand Bonello : La densité d’une décennie tourmentée est le socle d’un perfectionnement classieux de la mise en scène, à tel point que l’on ne voit plus que Bertrand Bonello affûter son montage pour densifier son récit et relayer au second plan la pure noirceur du personnage-titre, dont le portrait reste finalement assez froid, sans pour autant ouvrir une réflexion plus large sur la vaine beauté de surface qui couvrait une vie instantanément fanée. Restent quelques scènes marquantes, esthétiquement irréprochables, qui parviennent à partager par intermittence la dose d’hypnose tant attendue.281973

Hippocrate de Thomas Lilti : Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence. Hippocrate a le défaut de ses qualités : à vouloir embrasser un ensemble de thématiques, la comédie et le drame, il s’éparpille jusqu’à un dénouement consensuel. Il n’en demeure pas moins que ce film tourné dans un hôpital public français, réalisé par un médecin, met en lumière avec intelligence les problèmes quotidiens du milieu hospitalier, bien loin du caractère divertissant des séries médicales.

Elle l’adore de Jeanne Herry : Muriel invente toujours des histoires farfelues et est fan absolue du chanteur à succès Vincent Lacroix. Lorsqu’une nuit Vincent, son idole, sonne à la porte de Muriel, elle est entrainée dans une histoire qu’elle n’aurait pas osé inventer. Le film Elle l’adore entre rapidement dans les clous d’un scénario trop consciencieusement élaboré. On ne ressent pour autant jamais le besoin de blâmer l’un ou l’autre du duo ambigu, Jeanne Herry évitant le manichéisme. Elle l’adore, plutôt que de se concentrer sur les différences des deux personnages principaux, privilégie leur similitude, à savoir un sentiment de solitude et de désœuvrement de deux parcours, parfois court-circuités par des détournements dispensables autour des aléas sentimentaux des policiers. Le film n’est donc jamais réellement déplaisant, quand bien même un gros travail reste à parcourir pour trouver l’inspiration de la mise en scène. Interview de Sandrine Kiberlain et de Jeanne Henry par un membre de Bobinophile.

ÉVÉNEMENTS

168713Lundi 6 octobre à 20h au Comoedia : Avant-première du film Geronimo en présence du réalisateur Tony Gatlif et de la comédienne Céline Sallette. Sud de la France. Dans la chaleur du mois d’août, Geronimo, une jeune éducatrice veille à apaiser les tensions entre les jeunes du quartier Saint Pierre. Tout bascule quand Nil Terzi, une adolescente d’origine turque s’échappe de son mariage forcé pour retrouver son amoureux, Lucky Molina, un jeune gitan. Leur fuite met le feu aux poudres aux deux clans. Projection suivie d’un cocktail en musique avec un orchestre jazz manouche.

Mardi 7 octobre à 16h à l’UGC Confluence : Projection du film culte Monty Python Sacré Graal de Terry Jones, Terry Gilliam. Le roi Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde se lancent à la conquête du Graal, chevauchant de fantômatiques montures dans un bruitage de noix de coco cognées. La petite troupe va devoir passer mille épreuves, dont un chevalier à trois têtes, des jouvencelles en chaleur, voire même un terrible lapin tueur. « L’humour anglais à son paroxysme. […] Il m’a été impossible de rester de marbre devant cette comédie déjantée. » (sens critique). Place à 5 euros sur présentation d’une carte de fidélité UGC.

Mardi 7 octobre à 20h au Comoedia : Soirée de clôture des 100 ans du Comoedia Session Bouchées Mix : Avant-première du film Une nouvelle amie de François Ozon : À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie.
+ cocktail, animation musicale et cadeaux à gagner !5ConseilsCineJuillet2014-lmc-06

Dimanche 12 octobre à 18h00 au Comoedia : Projection du film culte Seconds – l’opération diabolique de John Frankenheimer. Un homme d’âge mur, déçu par son existence monotone, reçoit un jour un coup de téléphone d’un ami qu’il croyait mort. Celui-ci lui propose de refaire sa vie en simulant sa mort. Il finit par signer un contrat qui lui permet de changer de visage et de repartir de zéro mais tout a un prix et cette nouvelle existence n’ira pas sans poser quelques problèmes. « Si Seconds crée efficacement l’inquiétude, […] il bouleverse, parce que derrière la peur, il instille une autre émotion, moins évidente et moins superficielle : l’empathie avec une désillusion cruelle. Seconds nous attache aux pas d’un homme dont on ignore les désirs et qui longtemps les ignore lui-même… » (critikat). Tarif à 4.80 euros sur présentation d’une carte de la B.M. valide. Lire la critique d’un membre de Bobinophile.

À L’INSTITUT LUMIÈRE

25 rue du Premier-Film
Métro D Monplaisir-Lumière
Tél. 04 78 78 18 95
http://www.institut-lumiere.org

On pense à faire son programme pour le Festival Lumière, qui débute le 13 octobre. Billetterie en ligne.lumiere2014

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Lundi :

  • Entre les Murs de Laurent Cantet à 20h45 sur France ô

Jeudi :

Samedi :

  • Faites le mur ! de Banksy à 23h05 sur Arte

Dimanche :

  • [le choix de la rédaction] Inglourious Basterds de Quentin Tarantino à 20h45 sur France 2 : Le prix Lumière de l’année dernière signe avec Inglourious Basterds une belle lettre d’amour au 7ème art en lui prêtant la capacité de recréer l’histoire. Réinvention des genres hollywoodiens, dialogues décoiffant, rythme idéal, direction d’acteurs hors pair : on a là un concentré du meilleur de Tarantino ;
  • Tous en scène ! de Vincente Minnelli à 20h45 sur Arte ;
  • The Dark Knight, le chevalier noir de Christopher Nolan à 20h55 sur TF1

Bobinophile vous souhaite une bonne semaine de cinéma !

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