[Newsletter] – Dimanche 12 octobre 2014

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SEMAINE DU 13 AU 19 OCTOBRE

SORTIES NATIONALES (mercredi 15 octobre)

Nous avons vu :

Geronimo de Tony Gatlif (Comédie dramatique, 1h44, France) : Dans la chaleur du mois d’août,Geronimo, une jeune éducatrice veille à apaiser les tensions entre les jeunes du quartier Saint Pierre. Tout bascule quand Nil Terzi, une adolescente d’origine turque 168713s’échappe de son mariage forcé pour retrouver son amoureux, Lucky Molina, un jeune gitan. Leur fuite met le feu aux poudres aux deux clans. Lorsque l’affrontement éclate en joutes et battles musicales, Geronimo va tout tenter pour arrêter la folie qui embrase le quartier. Gatlif fait preuve d’un talent certain pour mettre en place les scènes de groupe durant lesquelles la violence des luttes communautaires s’expriment à travers une musique aux divers horizons, qui puisent ses inspirations en Turquie, en Espagne et dans la communauté des gens du voyage. Il offre un beau rôle à Céline Salette mais malheureusement, les élans libertaires de cette jeunesse en ébullition se trouvent freinés par le désordre insurmontable dans lequel le film s’enferme, et une dramaturgie artificielle qui souffre parfois du jeu approximatif des nombreux acteurs non-professionnels. Dommage.

Nous parions sur :

Samba d’Olivier Nakache et Eric Toledano (Comédie dramatique, 1h54, France) : Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ? Le tandem de la comédie retentissante Intouchables revient avec un film qui, sous ses airs populaire, accapare des 330339enjeux sociétaux que l’on souhaite ne pas voir détournés au profit d’un simple comique de situation. On se réjouit d’avance du casting…

White bird de Greg Araki (Drame, thriller, 1h31,Etats-Unis) : Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité,  Kat semble  à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère… 

Le sel de la terre de Juliano Ribeiro Solgano et Wim Wenders (Documentaire, 1h50, Brésil, France, Italie) : Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode… Il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète. Sa vie et son travail nous sont révélés par les regards croisés de son fils, Juliano, qui l’a accompagné dans ses derniers périples et de Wim Wenders, lui-même photographe. Prix du jury Un certain regard à Cannes 2014, Le sel de la Terre est l’une de nos plus grandes attentes automnale, par le réalisateur de Paris, Texas, Palme d’Or 1984.473568

ENCORE EN SALLE

Papa was not a rolling stone de Sylvie Ohayon : Dans les années 80, Stéphanie grandit à La Courneuve auprès d’une mère absente et d’un beau-père brutal. Très vite, elle décide de se sortir de son quotidien morose.

National Gallery de Frederik Wiseman : Portrait de la fameuse National Gallery de Londres au jour le jour.

Nous avons aimé :

508784Gone Girl de David Fincher : Un 5 juillet. Une disparition. Un postulat de départ très simple faisant de Nick (Ben Affleck) le parfait suspect du meurtre de sa femme Amy (Rosamund Pike) le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, deux personnages/acteurs admirable de maîtrise de chaque expression de leurs visages. Un 5 juillet qui marque, le 8 octobre 2014, le grand retour d’un inlassable – et désormais inégalable – manipulateur du public des salles obscures, David Fincher (Seven, Fight Club, The Social Network…) à l’occasion d’un nouveau thriller psychologique, glacé et ardant, qui catalyse sous la surface le malaise permanent, sinon la perversion irréversible, de l’homme moderne et d’une société tout entière. Adapté de l’œuvre littéraire Les apparences de Gillian Flynn, obsession instantanée pour un jeu malsain qui nous hantera pendant longtemps. Lire la critique complète d’un membre de Bobinophile.

Léviathan de Andrei Zviaguintsev : Dans ce quatrième long-métrage de Andrei Zviaghintsev, la Russie réside dans ces restes d’épaves désolées qui animent le paysage de leur funeste beauté. Leviathan, dès les premières seconde, impose sa puissance thématique et libère ses effluvesLeviathan 9 tragiques dans la violence des vagues qui se brisent sur les rochers saillants et dont le retentissement se noie dans l’écho immersif de la bande originale. L’ensemble du film est empli d’une gravité étouffante, celle d’un Etat qui s’impose à l’intime dans chaque parcelle de vie pour en retirer l’humanité. Il ne reste plus que la vodka pour espérer échapper à cette réalité sordide. Un prix du scénario amplement mérité à Cannes qui, succédant à A Touch of Sin de Jia Zhang-Ke, revient une nouvelle fois à un film éminemment politique, engagé, radical et, de fait, impressionnant. Lire la critique complète d’un membre de Bobinophile.

Mommy de Xavier Dolan : Une jeune mère veuve, Diane (Anne Dorval) voit revenir son fils de 16 ans à la maison, Steve (Antoine Olivier Pilon), victime d’un trouble psychologique du déficit de l’attention avec hyperactivité et récemment expulsé du centre de rééducation pour la jeunesse dans lequel il avait été placé. Pour la première fois, bien plus encore que dans Laurence Anyways, les exubérantes de Xavier Dolan ne sont plus tant des tics visuels qui confinent à l’hystérie mais des outils qui permettent à ce jeune réalisateur, désormais incontournable, d’amplifier son sujet jusque dans les moindres recoins de son cadrage minutieusement pensé et conçu. Car l’important réside dans ce trio de personnages dont l’humanité dépasse le cadre de la fiction pour toucher au cœur du spectateur, bouleversé. L’adéquation du fond et de la forme est enfin atteinte dans une quasi-perfection, sidérante de beauté et de générosité. Les sceptiques seront confondus, définitivement. Lire la critique complète d’un membre de Bobinophile.068027

Mange tes morts – Tu ne diras point, de Jean-Charles Hue : Concentrée sur une nuit de « chourave », l’action de Mange tes morts (l’insulte suprême pour un Gitan) évoque un mélange de polar et de road movie. Après avoir récupéré son fidèle bolide, Fred embarque ses deux jeunes frères dans une virée qui devient un rituel initiatique, un apprentissage des codes du “chouraveur”. Splendide photo crépusculaire, gros plans quasi abstraits, acteurs en transe qui manient un langage gitan-ch’ti… Un film qui prend aux tripes. Lire une critique complète d’un membre de Bobinophile.

Ils nous ont divisés :

Pride de Matthew Warchus : Eté 1984 – Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de leur marche à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se158254 décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause. Chaleureux et humain, Pride fait béatement naître une nostalgie de la solidarité, combinée au charme « british » du feel-good movie… Un certain temps. Et puis l’on ne fait attention qu’au « remplissage » forcé qu’il soumet à son scénario pour lui permettre d’exister, avec une répétition de gags convenus qui viennent contrebalancer de justesse les scènes maladroites durant lesquelles le film se prend un peu plus au sérieux. Quant à la portée socio-politique, inexistante, elle n’apporte aucun élément d’enseignement tant elle propose une vision unilatérale de l’alliance entre la communauté gay et lesbienne et les mineurs. Une relecture de l’Histoire qui n’a d’ambition que de nous faire sortir les mouchoirs. Et ça marche.

The Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy :  Le dispositif contre-productif de The Tribe étouffe tout : l’histoire qui peine à être suivie tant on se sent mis à l’écart au fil de ces 2h12 rapidement éprouvantes et interminables ; les personnages qui doivent subir les péripéties douteuses d’un scénario qui, en souhaitant dénoncer une certaine violence physique, psychologique et éventuellement politique, en vient à la célébrer ; les sentiments, et c’est un comble quand l’intention même du film est de vouloir retrancher les mots sans lesquels nous étions censés accéder à la puissance de l’amour et de la haine ; la possibilité d’une empathie, rompue par 007118l’amoralité des scènes dérangées, sexuellement outrancières que le réalisateur étire dans le temps ; le spectateur, somme-toute. The Tribe est donc l’exemple parfait du faux film « coup de poing ».

Still the water de Naomi Kawase : La vie, la mort, l’amour. Naomi Kawase étire son récit sur deux heures interminables qui effilochent les thématiques et écrasent la sensibilité du sujet sous l’insistance d’un dispositif contemplatif beaucoup trop « still » pour combler les lacunes et lâchetés du scénario. Même la photographie, qui aurait dû être somptueuse et douce est trahie par la caméra à l’épaule de la réalisatrice, inadaptée et agaçante.

3 Coeurs de Benoît Jacquot : Il fallait un certain courage pour s’approprier un genre que le spectateur regarde avec énormément d’exigence, qui peut rapidement sombrer dans les retournements convenus de l’histoire. S’il parvient à dégager une certaine grâce, 3 cœurs est pourtant bien loin des grands classiques du genre. Le fait est qu’il est, en tout premier lieu, difficile de croire à ce triangle amoureux qui repose sur un postulat de départ complètement hasardeux, qui dépeint une rencontre sous un angle idéal, donc irréel. On a le sentiment que Benoît Jacquot ne pense qu’à l’élaboration d’un nœud de relations alambiquées, avec ses rebondissement parfois convenus, mais son analyse des sentiments amoureux et des passions humaine restent constamment en surface. La faute, également, à des acteurs jamais habités – Benoît Poolvorde est continuellement agaçant et peu convainquant dès lors qu’il essaye d’être sérieux, Mastroianni et Gainsbourg sont quant à elles trop mielleuses pour partager une quelconque force de caractère et la douleur qui la défie (quoi que l’évanescence de cette dernière dégage un charme autrement plus efficace que la première). Quant au récit très classique et linéaire, avec ses sauts elliptiques introduit par une narration grossière, il ne retire en grandeur que sa touchante scène finale, qui soumet l’hypothèse d’une autre vie, laissée à l’imagination du spectateur.281973

Saint Laurent de Bertrand Bonello : La densité d’une décennie tourmentée est le socle d’un perfectionnement classieux de la mise en scène, à tel point que l’on ne voit plus que Bertrand Bonello affûter son montage pour densifier son récit et relayer au second plan la pure noirceur du personnage-titre, dont le portrait reste finalement assez froid, sans pour autant ouvrir une réflexion plus large sur la vaine beauté de surface qui couvrait une vie instantanément fanée. Restent quelques scènes marquantes, esthétiquement irréprochables, qui parviennent à partager par intermittence la dose d’hypnose tant attendue;

Elle l’adore de Jeanne Herry : Le film Elle l’adore entre rapidement dans les clous d’un scénario trop consciencieusement élaboré. On ne ressent pour autant jamais le besoin de blâmer l’un ou l’autre du duo ambigu, Jeanne Herry évitant le manichéisme. Elle l’adore, plutôt que de se concentrer sur les différences des deux personnages principaux, privilégie leur similitude, à savoir un sentiment de solitude et de désœuvrement de deux parcours, parfois court-circuités par des détournements dispensables autour des aléas sentimentaux des policiers. Le film n’est donc jamais réellement déplaisant, quand bien même un gros travail reste à parcourir pour trouver l’inspiration de la mise en scène. Lire une interview de Sandrine Kiberlain et de Jeanne Henry par un membre de Bobinophile. 

ÉVÉNEMENTS

Mardi 14 octobre à 15h45 à l’UGC Confluence : Projection du film culte Le Jour se lève de Marcel Carné. En 1939, dans une ville industrielle. Un homme a commis un meurtre. Barricadé dans sa chambre, assiégé par la police, il revit au cours d’une nuit, l’histoire d’amour qui a fait de lui un assassin. « Nous sommes en 1939, l’Allemagne a déjà enclenché sa machine de guerre et toutes les formes de haine atteignent leur paroxysme. Pour Carné, l’amour n’a plus sa place dans la rue et Le Jour se lève se présente comme une œuvre d’anticipation poétique, triste et profondément bouleversante. » (dvdclassik). Place à 5 euros sur présentation d’une carte de fidélité UGC.

Jeudi 16 octobre à 19h au Comoedia : Projection du film Le Paradis et rencontre avec le réalisateur Alain Cavalier. « Depuis l’enfance, j’ai eu la chance de traverser deux mini dépressions de bonheur et j’attends, tout à fait serein, la troisième. Ça me suffit pour croire en une certaine beauté de la vie et avoir le plaisir de tenter de la filmer sous toutes ses formes : arbres, animaux, dieux, humains… et cela à l’heure où l’amour est vif. L’innocence, le cinéaste en a perdu une partie. C’est si délicat à repérer autour de soi, si difficile à ne pas perdre au tournage. Ma reconnaissance va à ceux que vous regarderez à l’écran. Pour tenir tête au temps, j’ai une parade qui est de fouiller dans mon stock d’émotions et d’images anciennes. Non pour retrouver ce qui ne reviendra pas mais pour deviner dans l’hiver les signes du printemps. Cela permet de recommencer encore une journée d’un pas aisé. » (Alain Cavalier)

À L’INSTITUT LUMIÈRE

25 rue du Premier-Film
Métro D Monplaisir-Lumière
Tél. 04 78 78 18 95
http://www.institut-lumiere.orglumiere2014

Du lundi 13 octobre au dimanche 19 octobre, c’est le Festival Lumière à Lyon !

Comme tous les ans au mois d’octobre depuis 2009, 33 salles de cinémas de Lyon et ses environs nous font revivre les plus grands moments du cinéma. Les films de Pedro Almodóvar sont à l’honneur cette année mais pas que ! Foncez découvrir (ou redécouvrir) Frank Capra et Claude Sautet, jubiler devant des westerns italiens, assister à des masters classes, revoir des films cultes entre potes et passer une nuit à la Halle Tony Garnier en compagnie des quatre Alien. En bref, plein de supers excuses pour venir s’enfermer avec nous dans les salles obscures cette semaine !

6€ la séance sans accréditation, 5€ avec accréditation. La programmation des quelques 300 séances : http://www.festival-lumiere.org/

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Mardi :

  • American Beauty de Sam Mendes à 22h40 sur Numéro 23

Mercredi :

  • Le petit lieutenant de Xavier Beauvois à 20h45 sur France 4
  • [le choix de la rédaction] Hunger de Steve Mc Queen à 22h40 sur France 4 : pour son premier film, Steve Mc Queen (Twelve years a slave) plonge dans les profondeurs très sombres d’une prison, où les séparatistes républicains, dans l’Irlande des années 80, sont en grève de l’hygiène et où Bobby Sands (incroyable métamorphose de Michael Fassbender), mène le mouvement, entamant une grève de la faim qui se transforme inévitablement en cauchemar de l’individu, physique et psychologique, également teinté de rapports de force politiques et collectifs. Des visions presque insoutenables pour le spectateur, mais un film qui paraît essentiel.18996429

Dimanche :

  • Dark Shadows de Tim Burton à 20h45 sur France 2
  • E.T. l’extraterrestre de Steven Spielberg à 20h45 sur France 4

Bobinophile vous souhaite une bonne semaine de cinéma !

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