[NEWSLETTER] SEMAINE DU 01 AU 07 DÉCEMBRE

 

 

 

SORTIES NATIONALES (mercredi 3 décembre)

Nous parions sur :

Retour à Ithaque de Laurent Cantet (Comédie dramatique, 1h35, France): Une terrasse qui domine la Havane, le soleil se couche. Cinq amis sont réunis pour fêter le retour d’Amadeo après 16 ans d’exil. Du crépuscule à l’aube, ils évoquent leur jeunesse, la bande qu’ils formaient alors la foi dans l’avenir qui les animait … mais aussi leur désillusion d’aujourd’hui.
A Cuba, de vieux amis se retrouvent le temps d’une soirée sur un toit de la Havane. Entre nostalgie, rancœurs et joie des retrouvailles, ce huis clos en extérieur aux fausses allures de théâtre filmé est avant tout le récit d’une Odyssée de l’absence dans une Cuba détruite par les dérives de la révolution.

La French de Cédric Jimenez (Drame, 2h15, France): Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa, figure emblématique du milieu et parrain intouchable. Mais il va rapidement comprendre que, pour obtenir des résultats, il doit changer ses méthodes.

God help the Girl de Stuart Murdoch (Drame, Comédie Musicale, 1h51, Angleterre): La jeune Eve écrit des chansons en rêvant de les entendre un jour à la radio. À l’issue d’un concert, elle rencontre James, musicien timide et romantique qui donne des cours de guitare à Cassie, une fille des quartiers chics. Dans un Glasgow pop et étudiant, ils entreprennent bientôt de monter leur propre groupe. Un film musical de Stuart Murdoch, leader du groupe Belle & Sebastian.

ENCORE EN SALLE

Love is Strange d’Ira Sachs (Drame, 1h38, Etats-Unis, France): Après 39 ans de vie commune, George et Ben décident de se marier. Mais, au retour de leur voyage de noces, George se fait subitement licencier. Du jour au lendemain, le couple n’est plus en mesure de rembourser le prêt de son appartement new new-yorkais. Contraints de vendre et déménager, ils vont devoir compter sur l’aide de leur famille et de leurs amis. Une nouvelle vie les éloignant l’un de l’autre, s’impose alors dans leur quotidien.

Un illustre inconnu de Matthieu Delaporte (Drame, 1h58, France): Sébastien Nicolas a toujours rêvé d’être quelqu’un d’autre. Mais il n’a jamais eu d’imagination. Alors il copie. Il observe, suit puis imite les gens qu’il rencontre. Il traverse leurs vies. Mais certains voyages sont sans retour.

Night Call de Dan Gilroy (Thriller, 1h57, Etats-Unis): Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite…

Mercuriales de Virgil Vernier (Drame, 1h44, France) : « Cette histoire se passe en des temps reculés, des temps de violence. Partout à travers l’Europe une sorte de guerre se propageait. Dans une ville il y avait deux sœurs qui vivaient… »

Nous avons aimé

The Search de Michel Hazanavicius (Drame, 2h14, France) : Le film se passe pendant la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999. Il raconte, à échelle humaine, quatre destins que la guerre va amener à se croiser. Après l’assassinat de ses parents dans son village, un petit garçon fuit, rejoignant le flot des réfugiés. Il rencontre Carole, chargée de mission pour l’Union Européenne. Avec elle, il va doucement revenir à la vie. Parallèlement, Raïssa, sa grande sœur, le recherche activement parmi des civils en exode. De son côté, Kolia, jeune Russe de 20 ans, est enrôlé dans l’armée. Il va petit à petit basculer dans le quotidien de la guerre.
The Search, s’il n’est pas dépourvu de longueurs et d’une certaine tendance à vouloir dérouler le contexte géopolitique dans des dialogues/monologues parfois trop didactiques et mal amenés, déploie sa force à travers une mise en scène grandiose dont la puissance est décuplée par l’impact, la précisions et la radicalité de la violence à l’écran. Le plus surprenant est de constater l’audace d’un réalisateur capable de jongler entre les genres avec une aisance certaine et de s’en sortir avec les honneurs. The Search combine ainsi socle conflictuel et approche du mélodrame pour mieux approcher l’humain grâce à la relation qui unit le personnage de Bérénice Béjo à l’enfant, sidérant dans chacune de ses expressions. Non, The Search est bien loin du navet qu’on nous annonçait il y a quelques mois.

L’homme du peuple de Andrzej Wajda (Biopic, 2h08, Pologne): Lech Walesa est un travailleur ordinaire, un électricien qui doit composer avec une vie de famille, et sa femme Danuta. Alors que les manifestations ouvrières sont durement réprimées par le régime communiste, il est porté par ses camarades à la table des négociations. Son franc-parler et son charisme le conduisent vite à endosser un rôle national.  Il ne se doute pas encore que sa vie va basculer, en même temps que la grande Histoire.
L’Homme du peuple est un biopic intelligent et dynamique sur une histoire qu’on ne connaît finalement pas si bien. Le film reste heureusement 100% polonais et évite le pièges grossiers du genre. On saluera la performance des interprètes, la rigueur du scénario et ces très belles scènes de manifestations contre le régime soviétique sur fond de punk rock polonais (si si ça existe).

Quand vient la nuit de Michel R. Roskam (Thriller, 1h47, Etats-Unis): Bob Saginowski, barman solitaire, suit d’un regard désabusé le système de blanchiment d’argent basé sur des bars-dépôts – appelés « Drop bars » – qui sévit dans les bas-fonds de Brooklyn. Avec son cousin et employeur Marv, Bob se retrouve au centre d’un braquage qui tourne mal. Il est bientôt mêlé à une enquête qui va réveiller des drames enfouis du passé…
Très loin de faire un remake de Bullhead, Michel R. Roskam réalise un anti-polar en désamorçant un à un tous les codes du genre : le braquage n’est pas vraiment un braquage, la mafia et la police toujours tenue à distance. Au contraire, le film prend peu à peu un ton langoureux, chaleureux pour mieux masquer la dangerosité et la brutalité et s’érige autour de la grande performance ambiguë de Tom Hardy, indiscutablement un des acteurs anglophones les plus intéressants aujourd’hui.

Une nouvelle amie de François Ozon (Drame, France, 1h47): À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie.
Dans son dernier film, Ozon brode autour de l’image transgenre pour mieux nous amener à considérer ces beaux personnages, dans les moindres recoins de leur intimité, comme des êtres humains qui doivent affronter l’épreuve de la mort et s’affirmer dans le deuil. La démarche de Ozon est nécessairement politique dans le contexte actuel, quand bien même elle peut être maladroite . En effet, le réalisateur accorde parfois trop d’importance à la couture minutieuse de ses péripéties alors même que l’analyse des personnages mérite d’être creusé.

Ils nous ont divisés

Eden de Mia Hansen-Løve (Comédie dramatique, 2h11, France): Au début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo «Cheers». Ils trouveront leur public et joueront dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère. C’est aussi le parcours sentimental d’un jeune homme qui accumule les histoires d’amour et qui n’arrive pas à construire. Eden tente de faire revivre l’euphorie des années 90 et l’histoire de la French Touch : cette génération d’artistes français qui continue de briller dans le monde entier.
Mia Hansen-Love nous invite, au cœur de la salle de cinéma, aux soirées House les plus électrisantes, pleines de rythme et de couleurs, de variations et de beautés. Mais là où – malgré une élégante mise en scène – la jeune réalisatrice déçoit, c’est qu’elle ne raconte pas tant la trajectoire de personnages que celle de ces vibrations musicales qui ont façonné l’univers nocturne de la House music. Eden se réduit donc malheureusement à sa bande non-originale, laissant en arrière plan la psychologie de ses personnages qui subissent, de plus, la fadeur de jeu des deux acteurs principaux, Felix de Givry et Pauline Etienne. Jamais la réalisatrice ne capte un brin de fougue, de folie, tant tout est amorphe. C’est une catastrophe, longue qui plus est.

La prochaine fois je viserai le cœur de Céric Anger (Policier, 1h51, France): Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.
Dans La prochaine fois je viserai le cœur, Cédric Angier donne l’impression qu’il n’assume jamais complètement le potentiel fictionnel que pourrait avoir ce fait divers tiré de faits réel. Il y reste accroché de très près , jusqu’à reprendre de façon mécanique des dialogues sans questionner leur pertinence et leur justesse. Le fait divers devient un boulet d’écriture extrêmement lourd et plombant pour cette oeuvre de cinéma.

Interstellar de Christopher Nolan (Science-Fiction, 2h49, Etats-Unis): Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs  qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines  et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.
L’une des grosses attentes de cette fin d’année offre un beau spectacle, impressionnant de par sa structure et son ambition. Christopher Nolan a beau être l’architecte d’un édifice visuel monumental, Interstellar entre dans les clous d’une recette qu’il répète depuis Memento. Si cette fois-ci, le spectacle ne prend pas, c’est parce qu’il sacrifie le pur divertissement à la leçon théorique philosophico-scientifique indigeste qui perd le spectateur en route.
On ne peut que le comparer à ce qui a déjà été fait (2001, Inception, Gravity) tant le film manque clairement d’une identité propre, à la limite du plagiat. L’espace, pour Nolan, se conquiert avec de gros sabots qui cherchent tant bien que mal à se détacher des grands classiques du genre sans y arriver complètement. La plus grosse frustration de l’année.

Samba d’Olivier Nakache et Eric Toledano (Comédie dramatique, 1h54, France): Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?
Olivier Nakache et Eric Toledano se sont reposés sur leurs lauriers après Intouchables et n’offrent avec Samba qu’une pâle copie de ce qu’ils avaient réussi en 2011. On retrouve un mélange de comédie et de drame social qui reste pertinent, agréable et très bien porté par Omar Sy et Tahar Rahim. Cependant, l’ajout d’une romance semble incohérent et surfait. Charlotte Gainsbourg déçoit dans son incapacité à faire progresser son personnage et son registre de jeu.

ÉVÉNEMENTS

Lund 1er décembre à 20h à l’UGC Confluence: Avant-première du film « La French » de Cédric Jimenez. (voir catégorie « Nous parions sur » ! )

Mardi 2 décembre à 20h au Comoedia: Projection-rencontre du film « Le Secret de Chanda« en présence d’Albertine Pabingui, anthropologue et coordinatrice de l’association Datiseni et du Dr Florence Brunel-Dalmas, Service de médecine de la transplantation et d’immunologie, Hospices civils de Lyon. Toutes deux membres du groupe de travail « Femmes et VIH » du COREVIH Lyon Vallée du Rhône.
Dans la poussière d’un township proche de Johannesburg, Chanda douze ans, découvre à la mort de sa sœur à peine née, qu’une rumeur enfle dans le voisinage, détruit sa famille, et pousse sa mère à fuir. Devinant que ces commérages se nourrissent d’a priori et de superstition, Chanda part à la recherche de sa mère et de la vérité…

INSTITUT LUMIERE

INSTITUT LUMIÈRE
25 rue du Premier-Film
Métro D Monplprogramme-calendrier.htmlaisir-Lumière
Tél. 04 78 78 18 95
http://www.institut-lumiere.org
http://www.institut-lumiere.org/cinema/programme-calendrier.html

Mardi 2 décembre

CINÉ-CONCERT / CENTENAIRE DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

J’accuse ( Abel Gance, 2h46)

Accompagnement au piano par Romain Camiolo

La souffrance des hommes face aux horreurs de la guerre, à travers la vie d’un ancien poilu devenu pacifiste convaincu…

Séances: 14h30 et 20h

Jeudi 4 décembre

SOIRÉE JUSTINE DELUBAC / MUSÉE DES BEAUX ARTS DE LYON

En présence d’Olivier Barrot

19h Faisons un rêve (S. Guitry, 1h20)
Vingt-quatre heures de la vie d’un Monsieur entreprenant qui séduit une jolie femme, mariée…

21h Le Nouveau testament (S. Guitry, 1h40)
Un médecin se sait trompé. Il sème la panique dans son entourage en faisant apporter chez lui son veston dans lequel on trouve un testament…

MAIS AUSSI

Un tramway nommé désir (E. Kazan, 2h)
Blanche s’installe chez sa soeur et son mari Stanley, ouvrier instinctif et rustre. La sensibilité aiguë de la jeune femme se heurte à la sensualité lourde et primitive de Stanley… Une tragédie psychologique d’après la pièce – puis le scénario – de Tennessee Williams avec Vivien Leigh et Marlon Brando, jeune star à l’aura irrésistible.

Séances: Me 03/12 à 21h et Sa 06/12 à 21h

A l’Est d’Eden (E. Kazan, 1h55)
Une petite ville des Etats-Unis à l’aube de la Première Guerre mondiale. Cal, jeune révolté, s’oppose, en faisant fortune, à son père qui lui préfère son frère.

Séances: Ve 05/12 à 21h30 et Di 07/12 à 16h45

Johnny Got his Gun (D. Trumbo, 1h50)

L’histoire terrible d’un jeune soldat américain mutilé par un obus pendant la Première guerre mondiale. Dévisagé, aveugle, sourd et muet, sans bras, ni jambes, il est pourtant toujours parfaitement conscient…
L’unique film du scénariste Dalton Trumbo, l’un des artistes « blacklistés » du maccarthysme. Une oeuvre bouleversante, un réquisitoire humaniste et implacable contre la guerre à travers les souvenirs et les rêves de ce jeune soldat.

Me 3/12 à 19h – Di 7/12 à 19h – Ma 9/12 à 19h

Le Coup de grâce (V. Schlöndorff, 1h37) – SÉANCE UNIQUE ! Le samedi 6 décembre à 16h30

A la fin de la Grande Guerre, deux officiers allemands liés d’amitié rejoignent la sœur de l’un d’eux… Une rareté, l’histoire d’une passion tragique.

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Mardi : Star Wars Episode V : l’Empire contre-attaque d’Irvin Kershner à 20h50 sur W9

Mercredi : Le grand soir de Gustave Kervern et Benoît Delépine à 20h50 sur Arte

Jeudi : L’ivresse du pouvoir de Claude Chabrol à 20h45 sur Arte

Dimanche : [le choix de la rédaction ex-æquo] Les temps modernes de Charles Chaplin à 20h30 sur La Chaîne parlementaire : Si vos professeurs d’Histoire et d’Économie vous l’ont mainte fois conseillé pour étudier le taylorisme, on vous le conseille tout simplement parce que c’est un chef d’œuvre intemporel. // Drive de Nicolas Winding Refn à 22h30 sur France 4 //  [le choix de la rédaction ex-æquo] Volver de Pedro Almodóvar à 22h20 sur HD1 : Volver, plus qu’un concentré de l’univers d’Almodóvar, est un objet de maîtrise et de maturité dont la grande force réside dans la perfection du scénario. // Polisse de Maïwenn à 23h30 sur Arte

Toute l’équipe de Bobinophile vous souhaite une belle semaine de cinéma !

 

 

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