[NEWSLETTER] SEMAINE DU 08 AU 14 DÉCEMBRE

SORTIES NATIONALES 

(mercredi 10 décembre)

Nous avons vu :

Timbuktu de Abderrahmane Sissako (Drame, 1h37, France, Mauritanie): Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

Avis partagé entre les membres de Bobinophile:
Timbuktu marque, pour son réalisateur, le mise en images cinématographiques, des bouleversements politiques survenus au Mali en 2012 avec l’arrivée des islamistes souhaitant imposer la charia au nord du pays. Le sujet, absolument nécessaire et profondément personnel, se maintient pourtant sur le papier. Car Timbuktu égraine les (belles) scènes et les (magnifiques) plans dans une discontinuité inexplicable. Sissako privilégie la poésie sur le réel et perd largement en puissance subversive du fait même qu’il manque à cette histoire un liant pour lui donner corps. L’urgence du contexte se fait ainsi attendre, et c’est bien dommage…

Nous parions sur :

Qu’Allah bénisse la France de Abd Al Malik (Comédie dramatique, 1h36, France): Adapté du livre autobiographique de Abd Al Malik, « Qu’Allah bénisse la France » raconte le parcours de Régis, enfant d’immigrés, noir, surdoué, élevé par sa mère catholique avec ses deux frères, dans une cité de Strasbourg. Entre délinquance, rap et islam, il va découvrir l’amour et trouver sa voie.

Men Women Children de Jason Reitman (Comédie dramatique, 1h59, Etats-Unis): Men, Women & Children brosse le portrait de lycéens leurs rapports, leurs modes de communication, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et leur vie amoureuse. Le film aborde ainsi plusieurs enjeux sociétaux, comme la culture des jeux vidéo, l’anorexie, l’infidélité, la course à la célébrité et la prolifération de contenus illicites sur Internet. Tandis que les personnages s’engagent dans des trajectoires, dont l’issue est parfois heureuse et parfois tragique, il est désormais évident que personne ne peut rester insensible à ce bouleversement culturel qui déferle sur nos téléphones, nos tablettes et nos ordinateurs.

ENCORE EN SALLE

Nous avons aimé

White Dog de Kornel Mundruczo (Drame, 1h59, Hongrie, Allemagne, Suède): Pour favoriser les chiens de race, le gouvernement inflige à la population une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent, les refuges sont surpeuplés. Lili, 13 ans, adore son chien Hagen, mais son père l’abandonne dans la rue. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen, livré à lui-même, découvre la cruauté des hommes. Il rejoint une bande de chiens errants prêts à fomenter une révolte contre les hommes. Leur vengeance sera sans pitié. Lili est la seule à pouvoir arrêter cette guerre.
Dans cette chorégraphie enragée et cathartique, les chiens bousculent le fondement des rapports d’autorité, incarnent autant qu’ils réparent le chaos de nos sociétés modernes. White God, dans la lignée de White Dog de Samuel Fuller davantage que des terrifiants Oiseaux de Alfred Hitchcock, orchestre une montée en puissance saisissante à forte propension parabolique, dans un contexte hongrois marqué par la politique des libéraux-conservateurs et une échelle européenne heurtée par la rigueur et la montée des extrêmes. Mais au-delà de sa portée politique, il anime au niveau intime une belle réflexion sur l’adolescence à travers le personnage de Lili. Le grand prix Un certain regard à Cannes est hautement mérité, autant que la « palme Dog » remise à Body, « acteur » magistral de cette révolution canine. Lire une critique par un membre de Bobinophile

Retour à Ithaque de Laurent Cantet (Comédie dramatique, 1h35, France): Une terrasse qui domine la Havane, le soleil se couche. Cinq amis sont réunis pour fêter le retour d’Amadeo après 16 ans d’exil. Du crépuscule à l’aube, ils évoquent leur jeunesse, la bande qu’ils formaient alors la foi dans l’avenir qui les animait … mais aussi leur désillusion d’aujourd’hui.
A Cuba, de vieux amis se retrouvent le temps d’une soirée sur un toit de la Havane. Entre nostalgie, rancœurs et joie des retrouvailles, ce huis clos en extérieur aux fausses allures de théâtre filmé est avant tout le récit d’une Odyssée de l’absence dans une Cuba détruite par les dérives de la révolution.

The Search de Michel Hazanavicius (Drame, 2h14, France): Le film se passe pendant la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999. Il raconte, à échelle humaine, quatre destins que la guerre va amener à se croiser. Après l’assassinat de ses parents dans son village, un petit garçon fuit, rejoignant le flot des réfugiés. Il rencontre Carole, chargée de mission pour l’Union Européenne. Avec elle, il va doucement revenir à la vie. Parallèlement, Raïssa, sa grande sœur, le recherche activement parmi des civils en exode. De son côté, Kolia, jeune Russe de 20 ans, est enrôlé dans l’armée. Il va petit à petit basculer dans le quotidien de la guerre.
The Search, s’il n’est pas dépourvu de longueurs et d’une certaine tendance à vouloir dérouler le contexte géopolitique dans des dialogues/monologues parfois trop didactiques et mal amenés, déploie sa force à travers une mise en scène grandiose dont la puissance est décuplée par l’impact, la précisions et la radicalité de la violence à l’écran. Le plus surprenant est de constater l’audace d’un réalisateur capable de jongler entre les genres avec une aisance certaine et de s’en sortir avec les honneurs. The Search combine ainsi socle conflictuel et approche du mélodrame pour mieux approcher l’humain grâce à la relation qui unit le personnage de Bérénice Béjo à l’enfant, sidérant dans chacune de ses expressions. Non, The Search est bien loin du navet qu’on nous annonçait il y a quelques mois.

L’homme du peuple de Andrzej Wajda (Biopic, 2h08, Pologne): Lech Walesa est un travailleur ordinaire, un électricien qui doit composer avec une vie de famille, et sa femme Danuta. Alors que les manifestations ouvrières sont durement réprimées par le régime communiste, il est porté par ses camarades à la table des négociations. Son franc-parler et son charisme le conduisent vite à endosser un rôle national.  Il ne se doute pas encore que sa vie va basculer, en même temps que la grande Histoire.
L’Homme du peuple est un biopic intelligent et dynamique sur une histoire qu’on ne connaît finalement pas si bien. Le film reste heureusement 100% polonais et évite le pièges grossiers du genre. On saluera la performance des interprètes, la rigueur du scénario et ces très belles scènes de manifestations contre le régime soviétique sur fond de punk rock polonais (si si ça existe).

Quand vient la nuit de Michel R. Roskam (Thriller, 1h47, Etats-Unis): Bob Saginowski, barman solitaire, suit d’un regard désabusé le système de blanchiment d’argent basé sur des bars-dépôts – appelés « Drop bars » – qui sévit dans les bas-fonds de Brooklyn. Avec son cousin et employeur Marv, Bob se retrouve au centre d’un braquage qui tourne mal. Il est bientôt mêlé à une enquête qui va réveiller des drames enfouis du passé…

Très loin de faire un remake de Bullhead, Michel R. Roskam réalise un anti-polar en désamorçant un à un tous les codes du genre : le braquage n’est pas vraiment un braquage, la mafia et la police toujours tenue à distance. Au contraire, le film prend peu à peu un ton langoureux, chaleureux pour mieux masquer la dangerosité et la brutalité et s’érige autour de la grande performance ambiguë de Tom Hardy, indiscutablement un des acteurs anglophones les plus intéressants aujourd’hui.  Critique par un membre de Bobinophile

Une nouvelle amie de François Ozon (Drame, France, 1h47): À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais une découverte surprenante au sujet du mari de son amie va lui redonner goût à la vie.
Dans son dernier film, Ozon brode autour de l’image transgenre pour mieux nous amener à considérer ces beaux personnages, dans les moindres recoins de leur intimité, comme des êtres humains qui doivent affronter l’épreuve de la mort et s’affirmer dans le deuil. La démarche de Ozon est nécessairement politique dans le contexte actuel, quand bien même elle peut être maladroite . En effet, le réalisateur accorde parfois trop d’importance à la couture minutieuse de ses péripéties alors même que l’analyse des personnages mérite d’être creusé.

Bande de filles de Céline Sciamma (Drame, 1h52, France): Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse.
Les plus beaux personnages sont ceux qui naissent sous la plume des réalisateurs qui croient profondément en eux. Céline Sciamma façonne une jeunesse à l’image du réel, et lui permet de s’échapper dans des parenthèses fulgurantes d’un esthétique toujours plus maîtrisé. Affirmation d’une héroïne dans la fleur de l’âge, Bande de fille est une histoire d’émancipation face à la cellule familiale, face au sexe opposé, face au collectif fragilisé… Une nouvelle fois, Sciamma trouve en sa jeune actrice débutante, la très belle Karidja Touré, une figure d’espoir, de force et de détermination. Et l’on tient avec elle l’une des jeunes réalisatrices les plus prometteuses de son temps. Critique par un membre de Bobinophile

Gone Girl de David Fincher (Thriller, 2h29, Etats-Unis): Un 5 juillet. Une disparition. Un postulat de départ très simple faisant de Nick (Ben Affleck) le parfait suspect du meurtre de sa femme Amy (Rosamund Pike) le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, deux personnages/acteurs admirable de maîtrise de chaque expression de leurs visages.
Ce film marque le retour d’un inlassable – et désormais inégalable – manipulateur du public des salles obscures, David Fincher (Seven, Fight Club, The Social Network…). Ce nouveau thriller psychologique, glacé et ardant traduit le malaise permanent, sinon la perversion irréversible, de l’homme moderne et d’une société tout entière. Critique par un membre de Bobinophile

Mommy de Xavier Dolan (Drame, 2h18, Canada): Une jeune mère veuve, Diane (Anne Dorval) voit revenir son fils de 16 ans à la maison, Steve (Antoine Olivier Pilon), victime d’un trouble psychologique du déficit de l’attention avec hyperactivité et récemment expulsé du centre de rééducation pour la jeunesse dans lequel il avait été placé.
Pour la première fois, bien plus encore que dans Laurence Anyways, les exubérantes de Xavier Dolan ne sont plus tant des tics visuels qui confinent à l’hystérie mais des outils qui permettent à ce jeune réalisateur, désormais incontournable, d’amplifier son sujet jusque dans les moindres recoins de son cadrage minutieusement pensé et conçu. Car l’important réside dans ce trio de personnages dont l’humanité dépasse le cadre de la fiction pour toucher au cœur du spectateur, bouleversé. L’adéquation du fond et de la forme est enfin atteinte dans une quasi-perfection, sidérante de beauté et de générosité. Les sceptiques seront confondus, définitivement. Critique par un membre de Bobinophile

Mange tes morts – Tu ne diras point, de Jean-Charles Hue (Drame, 1h34, France): Concentrée sur une nuit de « chourave », l’action de Mange tes morts (l’insulte suprême pour un Gitan) évoque un mélange de polar et de road-movie. Après avoir récupéré son fidèle bolide, Fred embarque ses deux jeunes frères dans une virée qui devient un rituel initiatique, un apprentissage des codes du “chouraveur”.
Splendide photo crépusculaire, gros plans quasi abstraits, acteurs en transe qui manient un langage gitan-ch’ti… Un film qui prend aux tripes.
Critique par un membre de Bobinophile

Ils nous ont divisés

Mr. Turner de Mike Leigh (Biopic, Drame, 2h30, Angleterre): Les dernières années de l’existence du peintre britannique, J.M.W Turner (1775-1851). Artiste reconnu, membre apprécié quoique dissipé de la Royal Academy of Arts, il vit entouré de son père qui est aussi son assistant, et de sa dévouée gouvernante. Il fréquente l’aristocratie, visite les bordels et nourrit son inspiration par ses nombreux voyages. La renommée dont il jouit ne lui épargne pas toutefois les éventuelles railleries du public ou les sarcasmes de l’establishment. A la mort de son père, profondément affecté, Turner s’isole. Sa vie change cependant quand il rencontre Mrs Booth, propriétaire d’une pension de famille en bord de mer.
Mr. Turner, dès les premiers plans et les premières lueurs du jour, s’impose sans mal comme un grand « film-tableau », la mise en scène de Mike Leigh reflétant par l’usage de la lumière la naissance de l’impressionnisme en peinture. Mais d’un endroit majestueux, ce faux-biopic glisse rapidement vers un envers monstrueux, une immonde misanthropie incarnée dans une palette de grognements/grimaces, si présents qu’il devient impossible de briser la carapace du personnage-titre, accablé et humilié par l’aigreur humaine. Le film devient très long, et aussi très douloureux…

Eden de Mia Hansen-Løve (Comédie dramatique, 2h11, France): Au début des années 90, la musique électronique française est en pleine effervescence. Paul, un DJ, fait ses premiers pas dans le milieu de la nuit parisienne et créé avec son meilleur ami le duo «Cheers». Ils trouveront leur public et joueront dans les plus grands clubs de la capitale. C’est le début pour eux d’une ascension euphorique, vertigineuse, dangereuse et éphémère. C’est aussi le parcours sentimental d’un jeune homme qui accumule les histoires d’amour et qui n’arrive pas à construire. Eden tente de faire revivre l’euphorie des années 90 et l’histoire de la French Touch : cette génération d’artistes français qui continue de briller dans le monde entier.
Mia Hansen-Love nous invite, au cœur de la salle de cinéma, aux soirées House les plus électrisantes, pleines de rythme et de couleurs, de variations et de beautés. Mais là où – malgré une élégante mise en scène – la jeune réalisatrice déçoit, c’est qu’elle ne raconte pas tant la trajectoire de personnages que celle de ces vibrations musicales qui ont façonné l’univers nocturne de la House music. Eden se réduit donc malheureusement à sa bande non-originale, laissant en arrière plan la psychologie de ses personnages qui subissent, de plus, la fadeur de jeu des deux acteurs principaux, Felix de Givry et Pauline Etienne. Jamais la réalisatrice ne capte un brin de fougue, de folie, tant tout est amorphe. C’est une catastrophe, longue qui plus est.

La prochaine fois je viserai le cœur de Céric Anger (Policier, 1h51, France): Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes. Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages. Il en réchappe d’autant plus facilement qu’il est en réalité un jeune et timide gendarme qui mène une vie banale et sans histoires au sein de sa brigade. Gendarme modèle, il est chargé d’enquêter sur ses propres crimes jusqu’à ce que les cartes de son périple meurtrier lui échappent.
Dans La prochaine fois je viserai le cœur, Cédric Angier donne l’impression qu’il n’assume jamais complètement le potentiel fictionnel que pourrait avoir ce fait divers tiré de faits réel. Il y reste accroché de très près , jusqu’à reprendre de façon mécanique des dialogues sans questionner leur pertinence et leur justesse. Le fait divers devient un boulet d’écriture extrêmement lourd et plombant pour cette oeuvre de cinéma.

Interstellar de Christopher Nolan (Science-Fiction, 2h49, Etats-Unis): Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs  qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines  et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.
L’une des grosses attentes de cette fin d’année offre un beau spectacle, impressionnant de par sa structure et son ambition. Christopher Nolan a beau être l’architecte d’un édifice visuel monumental, Interstellar entre dans les clous d’une recette qu’il répète depuis Memento. Si cette fois-ci, le spectacle ne prend pas, c’est parce qu’il sacrifie le pur divertissement à la leçon théorique philosophico-scientifique indigeste qui perd le spectateur en route.
On ne peut que le comparer à ce qui a déjà été fait (2001, Inception, Gravity) tant le film manque clairement d’une identité propre, à la limite du plagiat. L’espace, pour Nolan, se conquiert avec de gros sabots qui cherchent tant bien que mal à se détacher des grands classiques du genre sans y arriver complètement. La plus grosse frustration de l’année.

Samba d’Olivier Nakache et Eric Toledano (Comédie dramatique, 1h54, France): Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?
Olivier Nakache et Eric Toledano se sont reposés sur leurs lauriers après Intouchables et n’offrent avec Samba qu’une pâle copie de ce qu’ils avaient réussi en 2011. On retrouve un mélange de comédie et de drame social qui reste pertinent, agréable et très bien porté par Omar Sy et Tahar Rahim. Cependant, l’ajout d’une romance semble incohérent et surfait. Charlotte Gainsbourg déçoit dans son incapacité à faire progresser son personnage et son registre de jeu.

Mais aussi

La French de Cédric Jimenez (Drame, 2h15, France): Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa, figure emblématique du milieu et parrain intouchable. Mais il va rapidement comprendre que, pour obtenir des résultats, il doit changer ses méthodes.

God help the Girl de Stuart Murdoch (Drame, Comédie Musicale, 1h51, Angleterre): La jeune Eve écrit des chansons en rêvant de les entendre un jour à la radio.À l’issue d’un concert, elle rencontre James, musicien timide et romantique qui donne des cours de guitare à Cassie, une fille des quartiers chics. Dans un Glasgow pop et étudiant, ils entreprennent bientôt de monter leur propre groupe.

Love is Strange d’Ira Sachs (Drame, 1h38, Etats-Unis, France): Après 39 ans de vie commune, George et Ben décident de se marier. Mais, au retour de leur voyage de noces, George se fait subitement licencier. Du jour au lendemain, le couple n’est plus en mesure de rembourser le prêt de son appartement new yorkais. Contraints de vendre et déménager, ils vont devoir compter sur l’aide de leur famille et de leurs amis. Une nouvelle vie les éloignant l’un de l’autre, s’impose alors dans leur quotidien.

Casanova variations de Michael Sturminger (Historique, 1h58, Portugal, France, Autriche, Pologne): Casanova a accepté la proposition du duc de Waldstein : il est bibliothécaire du château de Dux, en Bohême. En fin de vie, il s’est mis à y écrire ses Mémoires. C’est là qu’il reçoit la visite d’Elisa von der Recke, qui s’intéresse de près à son manuscrit. Casanova ne reconnaît pas dans les traits de cette femme pleine de charme une jeune fille qu’il avait séduite jadis et qui avait voulu mourir pour lui. Pour le fameux libertin, l’arrivée d’Elisa est à la fois stimulante, l’occasion de se lancer un nouveau défi (celui de la conquérir), et menaçante (il s’interroge sur la motivation de la voyageuse). Vient-elle pour se faire confier le texte et le publier ? Est-elle poussée par la curiosité, inquiète de ce qu’il a pu livrer de leur liaison ? A-t-elle l’intention de lire le texte convoité afin de s’en inspirer pour écrire elle-même une biographie à charge, comme elle le fit pour Cagliostro dans un ouvrage ayant rencontré un réel succès ? Elisa suscite à la fois chez son hôte un sursaut de vie insouciant et la lassitude lucide d’un corps fatigué qui craint la mort.

Un illustre inconnu de Matthieu Delaporte (Drame, 1h58, France): Sébastien Nicolas a toujours rêvé d’être quelqu’un d’autre. Mais il n’a jamais eu d’imagination. Alors il copie. Il observe, suit puis imite les gens qu’il rencontre. Il traverse leurs vies. Mais certains voyages sont sans retour.

Night Call de Dan Gilroy (Thriller, 1h57, Etats-Unis): Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite…

Mercuriales de Virgil Vernier (Drame, 1h44, France): « Cette histoire se passe en des temps reculés, des temps de violence.Partout à travers l’Europe une sorte de guerre se propageait. Dans une ville il y avait deux sœurs qui vivaient… »
 

ÉVÉNEMENTS

– Mardi 9 décembre à 20h30 au Comoedia: Projection unique du film « Lancelot du lac » de Robert Bresson. Présentation de la séance par Vincent Amiel auteur de « Lancelot du lac de Robert Bresson ». Lancelot revient à la cour du roi Arthur, après l’échec de sa quête du Graal.

– Mercredi 10 décembre au Comoedia: Avant-première du film « Charlie’s country » en présence du réalisateur Rolf de Heer.
Charlie est un ancien guerrier aborigène. Alors que le gouvernement amplifie son emprise sur le mode de vie traditionnel de sa communauté, Charlie se joue et déjoue des policiers sur son chemin. Perdu entre deux cultures, il décide de retourner vivre dans le bush à la manière des anciens. Mais Charlie prendra un autre chemin, celui de sa propre rédemption.

– Samedi 13 décembre au Comoedia: La Nuit Hallucinée de 19h30 à 6h du matin en partenariat avec ZoneBis et Nanarland. Toutes les informations ici !

INSTITUT LUMIERE

INSTITUT LUMIÈRE
25 rue du Premier-Film
Métro D Monplaisir-Lumière
Tél. 04 78 78 18 95
http://www.institut-lumiere.org
http://www.institut-lumiere.org/cinema/programme-calendrier.html

ELIA KAZAN

A l’Est d’Eden de Elia Kazan , USA , 1955

1914, Californie. Cal est convaincu que son père ne l’aime pas et que sa mère est morte… Un hymne à la liberté  et à la jeunesse voulant s’affranchir des codes établis, et le premier rôle de James Dean, à la fois poétique et douloureux. Au coeur du film, une thématique majeure chez Kazan, et toute personnelle : les rapports entre père  et fils. D’après John Steinbeck.

Séances : Ma 9/12 à 14h30 – Sa 13/12 à 21h – Di 14/12 à 18h30

Viva Zapata de Elia Kazan , USA , 1952

Zapata, paysan mexicain, entre en conflit avec le gouvernement du président dictateur, et déclenche la révolution de 1911. Pour avoir attaqué des représentants de l’ordre, il doit prendre le maquis et devient une légende… Un des films préférés de Kazan, sur un scénario de John Steinbeck. Et une passionnante réflexion politique : que deviennent les idéaux quand la bataille est gagnée ?

Séances : Ma 9/12 à 16h45 – Ve 12/12 à 16h45 – Di 14/12 à 14h30

Les Visiteurs de Elia Kazan , USA , 1972

Deux anciens combattants du Vietnam s’installent chez un ex-compagnon qui vit désormais avec sa femme et son fils. Peu à peu, ils commencent à régler leurs comptes… Réalisé en plein conflit, ce film est le premier à parler depuis les Etats-Unis de la guerre du Vietnam et des conséquences désastreuses causées sur ceux qui en sont revenus.

(1h30, couleur, avec Patrick McVey, Patricia Joyce, James Woods)

Séances : Sa 13/12 à 11h En présence de Michel Ciment

Elia Kazan Outsider de Michel Ciment et Annie Tresgot , France , 1982

Dans sa propriété du Connecticut, Elia Kazan évoque sa Turquie natale, sa vie d’immigré, ses débuts au Group Theatre, ses débuts d’acteur à Hollywood, l’Actors Studio, ses projets… Par l’un des spécialistes du cinéaste, Michel Ciment.

Séances : Sa 13/12 à 14h45 (Salle 2) En présence de Michel Ciment

Baby Doll de Elia Kazan , USA , 1956

Baby Doll rend fou de désir son mari, qui a promis à son  beau-père de ne pas consommer le mariage avant les 20 ans de celle-ci… Scandale à sa sortie, peinture acide du Sud des Etats-Unis, une tragi-comédie qui parle avec  brio d’une société et de ses moeurs, magnifiquement  photographiée par le chef-opérateur Boris Kaufman.

Séances : Sa 13/12 à 16h15 En présence de Michel Ciment

Panique dans la rue de Elia Kazan , USA , 1950

Le cadavre d’un inconnu tué par balle est retrouvé dans le port de la Nouvelle-Orléans. Le mort avait la peste, la ville risque la contamination… Avec ce film, Kazan « trouve sa voie » : il tourne « en décors naturels, avec seulement des élément réels. Et sans vedettes d’Hollywood. » (Une odyssée américaine par Elia Kazan, M. Ciment)

Séances : Sa 13/12 à 19h En présence de Michel Ciment

CENTENAIRE DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Johnny Got his Gun de Dalton Trumbo , USA , 1971

L’histoire terrible d’un jeune soldat américain mutilé par un obus pendant la Première guerre mondiale. Dévisagé, aveugle, sourd et muet, sans bras, ni jambes, il est pourtant toujours parfaitement conscient…
L’unique film du scénariste Dalton Trumbo, l’un des artistes « blacklistés » du maccarthysme. Une oeuvre bouleversante, un réquisitoire humaniste et implacable contre la guerre à travers les souvenirs et les rêves de ce jeune soldat.

Séances : Ma 9/12 à 19h

Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick , USA , 1957

En 1916, sur le front, le colonel Dax est chargé de conduire une attaque suicidaire contre une position allemande imprenable. Ses hommes, épuisés par les combats précédents, n’avancent que péniblement. L’attaque échoue, le général Mireau exige un conseil de guerre et une décision exemplaire…
Kubrick met au point son art poétique : les longs travellings arrière dans les tranchées préfigurent la schizophrénie labyrinthique de Shining, la scène du tribunal militaire avec ses cadrages annonce le délire de Docteur Folamour, la valse viennoise du bal militaire sera reprise dans 2001.
Un portrait féroce de la hiérarchie militaire, l’un des meilleurs films de guerre et le premier film où éclata le génie de Kubrick.

Séances : Me 10/12 à 19h, présenté par Fabrice Calzettoni – Di 14/12 à 16h45

La Chambre des officiers de François Dupeyron , France , 2000

Aux premiers jours de la guerre, un jeune lieutenant est grièvement blessé au visage. La guerre, c’est au Val de Grâce qu’il la passe, dans la chambre des officiers… Copie restaurée par ARP Sélection.

Séances : Me 10/12 à 21h Séance unique

Joyeux Noël de Christian Carion , France , 2005

L’histoire méconnue et passionnante de la fraternisation entre soldats de camps ennemis.

Séances : Jeudi 11 décembre à 20h – Séance unique,  en présence de Christian Carion.

Le Déserteur de Léonide Moguy , France , 1939

Paul déserte son poste de soldat pour quelques heures, afin de retrouver ses parents et sa fiancée… L’un des coups de coeur présentés par Quentin Tarantino au festival Lumière 2013.

Séances : Ve 12/12 à 19h Séance unique

L’ÉPOUVANTABLE VENDREDI

Shaun of the dead d’Edgar Wright avec Simon Pegg, Kate Ashfield, Nick Frost 2004 – GB – 1h35 – couleur –  VOST

Shaun ne fait pas grand-chose de sa vie. Il est quitté par Liz, sa petite amie qui ne supporte plus de le voir trainer. Mais Shaun est décidé à tout réparer, et tant pis si les zombies déferlent sur Londres…! La grande qualité du film tient au burlesque qui naît de la rencontre entre ce petit groupe purement «British» et ces revenants du film de genre. Une des grandes réussites cinématographiques du comique horrifique.

ET AUSSI

Le Héros de Satyajit Ray , Inde , 1966

Une star de cinéma voyage jusqu’à Dehli pour recevoir un prix couronnant sa carrière. En prise à des angoisses existentielles, il rencontre une jeune journaliste, qui ne partage pas l’enthousiasme de l’opinion publique sur son travail… Portrait d’une célébrité dont le succès lui est monté à la tête. Le film, qui réunit deux grandes vedettes, fut récompensé en Inde et à Berlin.

Séances : Ma 9/12 à 21h – Je 11/12 à 17h – Ve 12/12 à 14h30

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

– Lundi : La dernière piste de Kelly Reichardt à 22h30 sur Arte

– Mercredi : [le choix de la rédaction] The Tree of Life, l’arbre de vie de Terrence Malick à 20h50 sur Arte : The Tree of Life est un grand film courageux, un objet qui explose totalement les règles, oscillant entre le sublime et l’embarrassant. La grande force du film c’est de donner à chaque événement une densité émotionnelle et sensorielle rarement vue : l’espace-temps est défié, toutes les dimensions de la vie restituées. La partition cinématographique de Malick est donc époustouflante. On aime toutefois moins quand le cinéaste se fait métaphysicien et qu’il souligne lourdement par la voix off ce que les images suggèrent déjà.

– Jeudi : Il était une fois en Amérique de Sergio Leone à 22h35 sur Numéro 23

– Dimanche : Soirée Marlon Brando : La poursuite impitoyable d’Arthur Penn avec Marlon Brando à 20h45 sur Arte suivi du documentaire Marlon Brando, un acteur nommé désir de Philippe Kohly à 22h55 // Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher à 22h55 sur France 2

Toute l’équipe de Bobinophile vous souhaite une belle semaine de cinéma !

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