[NEWSLETTER] SEMAINE DU 12 AU 18 JANVIER

SORTIES NATIONALES 

Mercredi 14 janvier

Nous parions sur

téléchargement (2)The Smell of Us de Larry Clark (Drame, 1h28, France):  Paris, Le Trocadéro. Math, Marie, Pacman, JP, Guillaume et Toff se retrouvent tous les jours au Dôme, derrière le Palais de Tokyo. C’est là où ils font du skate, s’amusent et se défoncent, à deux pas du monde confiné des arts qu’ils côtoient sans connaître. Certains sont inséparables, liés par des vies de famille compliquées. Ils vivent l’instant, c’est l’attrait de l’argent facile, la drague anonyme sur Internet, les soirées trash « youth, sex, drugs & rock’n’roll ». Toff, filme tout et tout le temps…

imagesThe Cut de Fatih Akin (Drame, 2h18, Allemagne, France): Anatolie, 1915. Dans le tumulte de la Première Guerre mondiale, alors que l’armée turque s’attaque aux Arméniens, le jeune forgeron Nazaret Manoogian est séparé de sa femme et ses deux filles. Des années plus tard, rescapé du génocide, Nazaret apprend que ses filles sont toujours en vie. Porté par l’espoir de les retrouver, il se lance dans une quête éperdue, ponctuée de rencontres avec des anges et des démons, du désert de la Mésopotamie aux prairies sauvages du Dakota…

ENCORE EN SALLE

Nous avons aimé

Hard-Day-afficheHard Day de Kim Seong-Hun (Policier, 1h41, Corée du Sud): En route pour assister aux funérailles de sa mère, et tandis qu’il est visé par une enquête pour corruption, le commissaire KO Gun-su renverse accidentellement un homme. Pour se couvrir, il décide de cacher le corps dans le cercueil de sa mère. Lorsque l’affaire est découverte, on nomme son partenaire pour mener l’enquête. Et quand l’unique témoin de l’accident l’appelle pour le faire chanter, Gun-su comprend qu’il n’est pas au bout de ses peines…

Hard Day est un thriller très rythmé qui va flirter en permanence avec la parodie. Suspens haletant et humour noir saisissant vous tiennent en haleine tout au long du film, à la fois angoissant, déjanté et drôle.

a most violent year 1A Most Violent Year de J. C. Chandor (Drame, 2h05, Etats-Unis): New York – 1981. L’année la plus violente qu’ait connu la ville. Le destin d’un immigré qui tente de se faire une place dans le business du pétrole. Son ambition se heurte à la corruption, la violence galopante et à la dépravation de l’époque qui menacent de détruire tout ce que lui et sa famille ont construit.

Personne ne sort sans égratignures de ce drame à la fois subtil et magnifiquement élaboré. Même pas le spectateur. A Most Violent Year ne se limite pas à analyser la violence, il met en exergue ses répercussions. Le très charismatique Oscar Isaac est une victime parfaite pour cet engrenage qui ne comprend aucun échapatoire.

Critique par un membre de Bobinophile

charlie's countryCharlie’s Country de Rolf de Heer (Drame, Biopic, 1h48, Australie): Charlie est un ancien guerrier aborigène. Alors que le gouvernement amplifie son emprise sur le mode de vie traditionnel de sa communauté, Charlie se joue et déjoue des policiers sur son chemin. Perdu entre deux cultures, il décide de retourner vivre dans le bush à la manière des anciens. Mais Charlie prendra un autre chemin, celui de sa propre rédemption.

Rolf de Heer parvient, dans un film finalement relativement consensuel et dont les enjeux anthropologiques sont lissés par la mise en scène, parfois lente, à questionner le processus délicat de l’acculturation. L’œil de la caméra, par le profond respect qu’elle partage envers le personnage-titre, vient appuyer le travail brillant de David Gulpilil, tant dans son travail de co-scénarisation permettant d’éviter un regard trop extérieur que dans l’expression corporelle de son jeu, juste et émouvante.

téléchargement (3)Timbuktu de Abderrahmane Sissako (Drame, 1h37, France, Mauritanie): Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

Avis partagé entre les membres de Bobinophile:

Timbuktu marque, pour son réalisateur, le mise en images cinématographiques, des bouleversements politiques survenus au Mali en 2012 avec l’arrivée des islamistes souhaitant imposer la charia au nord du pays. Le sujet, absolument nécessaire et profondément personnel, se maintient pourtant sur le papier. Car Timbuktu égraine les (belles) scènes et les (magnifiques) plans dans une discontinuité inexplicable. Sissako privélégie la poésie sur le réel et perd largement en puissance subversive du fait même qu’il manque à cette histoire un liant pour lui donner corps. L’urgence du contexte se fait ainsi attendre, et c’est bien dommage…

Men Women Children de Jason Reitman (Comédie dramatique, 1h59, Etats-Unis): Men, Women & Children brosse le portrait de lycéens leurs rapports, leurs modes de communication, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et leur vie amoureuse. Le film aborde ainsi plusieurs enjeux sociétaux, comme la culture des jeux vidéo, l’anorexie, l’infidélité, la course à la célébrité et la prolifération de contenus illicites sur Internet. Tandis que les personnages s’engagent dans des trajectoires, dont l’issue est parfois heureuse et parfois tragique, il est désormais évident que personne ne peut rester insensible à ce bouleversement culturel qui déferle sur nos téléphones, nos tablettes et nos ordinateurs.

L’ambition de traiter tous les problèmes, en particulier sexuels, liés à la dépendance à internet et aux réseaux sociaux s’accompagne forcément d’un certain nombre de clichés et d’un traitement psychologique des personnages très faible. Malgré aussi quelques longueurs et une esthétique assez conventionnelle, le film reste moins mauvais qu’on aurait pu croire. Les différentes névroses des personnages, bien servis par le casting, reposent tout de même sur des fonds de vérité et sont toujours vues sous l’angle d’une gentille ironie qui limite la prétention du propos. Un film sympathique et divertissant !

white dogWhite God de Kornel Mundruczo (Drame, 1h59, Hongrie, Allemagne, Suède): Pour favoriser les chiens de race, le gouvernement inflige à la population une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent, les refuges sont surpeuplés. Lili, 13 ans, adore son chien Hagen, mais son père l’abandonne dans la rue. Tandis que Lili le cherche dans toute la ville, Hagen, livré à lui-même, découvre la cruauté des hommes. Il rejoint une bande de chiens errants prêts à fomenter une révolte contre les hommes. Leur vengeance sera sans pitié. Lili est la seule à pouvoir arrêter cette guerre.

Dans cette chorégraphie enragée et cathartique, les chiens bousculent le fondement des rapports d’autorité, incarnent autant qu’ils réparent le chaos de nos sociétés modernes. White God, dans la lignée de White Dog de Samuel Fuller davantage que des terrifiants Oiseaux de Alfred Hitchcock, orchestre une montée en puissance saisissante à forte propension parabolique, dans un contexte hongrois marqué par la politique des libéraux-conservateurs et une échelle européenne heurtée par la rigueur et la montée des extrêmes. Mais au-delà de sa portée politique, il anime au niveau intime une belle réflexion sur l’adolescence à travers le personnage de Lili. Le grand prix Un certain regard à Cannes est hautement mérité, autant que la « palme Dog » remise à Body, « acteur » magistral de cette révolution canine.

Critique par un membre de Bobinophile. Critique par un autre membre de Bobinophile.

Ils nous ont divisés

whisplashWhiplash de Damien Chazelle (Drame, 1h47, Etats-Unis): Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

Whiplash est un film haletant, non pas sur la musique en elle-même mais plutôt sur le milieu très compétitif et parfois oppressant des conservatoires de musique prestigieux. La mise en scène est parfaitement rodée, la bande originale efficace: on entre facilement dans cette histoire de duel permanent entre les deux personnages principaux. Cependant, il est difficile de savoir quel est le réel propos porté par le film. Est-il une critique de ce milieu si particulier et fermé, de la recherche aveugle de gloire ou bien au contraire légitime t-il l’idée d’un acharnement total pour parvenir à remplir ses objectifs? Les personnages principaux se remettent en effet très peu en question …

cold in julyCold in July de Jim Mickle (Drame, 1h49, Etats-Unis, France): 1989. Texas. Par une douce nuit, Richard Dane abat un homme qui vient de pénétrer dans sa maison. Alors qu’il est considéré comme un héros par les habitants de sa petite ville, il est malgré lui entraîné dans un monde de corruption et de violence.

Le scandale Paradjanov ou La vie tumultueuse d’un artiste soviétique de Serge Avédikian et Olena Fetisova (Drame, 1h35, Ukraine, France, Géorgie, Arménie): Une évocation de la vie mouvementée de Sergei Paradjanov, réalisateur soviétique d’avant garde, à la fois poète, plasticien et touche-à-tout opposé à toute forme d’autorité. Auteur de films cultes, dont Les Chevaux de feu et Sayat Nova, son anticonformisme et son désir d’indépendance, dans un pays qui refuse les artistes déviants, lui valent cinq années d’emprisonnement dans les geôles soviétiques. S’il en ressort meurtri, Paradjanov conserve pour autant son indéfectible sens de l’humour, son excentrisme et surtout sa passion pour l’art et la beauté.

 

ÉVÉNEMENTS

Mardi 13 janvier à 16h à l’UGC Confluence: Projection culte de « Voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino, œuvre phare du réalisateur.

1968. Mike, Steven, Nick, Stan et Axel travaillent dans l’aciérie du bourg de Clairton, Pennsylvanie, et forment une bande très liée. À Clairton, les histoires de coeur vont bon train : Steven épouse Angela, bien qu’elle soit enceinte d’un autre, et Nick flirte avec Linda qui semble troubler Mike. Mais cette tranquilité est rattrapée par la guerre du Vietnam lorsque Mike, Steven et Nick sont mobilisés pour partir au combat…

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Dimanche 18 janvier à 11h au cinéma Comoedia: Projection du film « C’est dur d’être aimé par des cons » de Daniel Leconte en hommage à CHARLIE HEBDO.

Pour avoir reproduit les douze caricatures danoises ayant déclenché la colère des musulmans aux quatre coins du monde, Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, journal satirique français, est assigné en justice. Un procès hors norme que Daniel Leconte suit en temps réel. Pour décrypter, avec les acteurs clés, les enjeux politiques internationaux, médiatiques et idéologiques. Avec, en images : avocats, témoins, médias, conférences de rédaction, manifestations de soutien. Avec aussi les prises de positions des intellectuels et des hommes politiques, les réactions de l’accusation et des pays musulmans. Une réflexion sur l’Islam, sur la presse, sur l’état de l’opinion dans la société française mais aussi une tentative de réponse aux défis lancés par l’intégrisme à toutes les démocraties.

 
 
 

INSTITUT LUMIERE

Nous recommandons :

Les Raisins de la colère de John Ford , USA , 1940

L’Oklahoma, au début des années 30. Après quatre années d’incarcération, Tom Joad rejoint la ferme familiale. Mais le pays connaît alors une crise économique majeure et comme tant d’autres, le clan Joad prend la route de la Californie, cette terre promise pour tous les délaissés de l’Amérique.

Séances : Ma 13/01 à 14h30 – Je 15/01 à 16h30 – Sa 17/01 à 21h

Mariage à l’italienne de Vittorio De Sica , Italie/France , 1964

Pendant des années, Filumena a été à la fois servante et maîtresse de Domenico qui, lui, semble finalement décidé à se marier avec une jeune fille de bonne famille. Elle lui fait croire qu’elle est mourante et que son dernier désir est de se faire épouser…

Séances : Ve 16/01 à 19h – Di 18/01 à 14h30

Un Monstre à Paris de Bibo Bergeron, France, 2011,

Paris 1910, un monstre sème la panique. Traqué sans relâche par le redoutable préfet Maynott, il reste introuvable… Et si la meilleure cachette était sous les feux de « L’Oiseau Rare », un cabaret où chante Lucille, la star de Montmartre au caractère bien trempé ? L’humour, la fraîcheur des images, le duo envoûtant que forment M et Vanessa Paradis, la poésie qui nimbe le tout font de ce film un joli rendez-vous pour les petits et les grands.

Un Hommage féérique à Feuillade et Méliès !

Séances : Me 14/01 à 14h30 – Sa 17/01 à 14h30

DANS LE POSTE

Lundi : Lettre d’une inconnue de Max Ophüls à 20h50

Mardi : [le choix de la rédaction] Mulholland Drive de David Lynch à 23h00 sur Numéro 23 : le grand chef d’œuvre de David Lynch qui prend place dans un Los Angeles onirique et sombre. Un film inoubliable difficile à résumer de par son mystère et sa beauté hypnotique.

Mercredi : Bancs publics (Versailles rive droite) de Bruno Podalydès à 20h50 sur Arte

Dimanche : Le salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot à 20h45 sur Arte // Fargo de Joel Coen et Ethan Coen à 20h45 sur France 4 // Black Swan de Darren Aronofsky à 22h20 sur France 4 // 8 femmes de François Ozon à 23h00 sur HD1

Toute l’équipe de Bobinophile vous souhaite une belle semaine de cinéma !

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