Exposition François Truffaut à la Cinémathèque de Paris: la vie d’un cinéaste et cinéphile.

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   Depuis le 9 octobre 2014 se tient à la Cinémathèque de Paris une exposition consacrée à François Truffaut, cinéaste emblématique de la Nouvelle Vague et du cinéma français. Une exposition riche, instructive mais aussi très émouvante qui nous parle avant tout d’un homme cinéaste et cinéphile à travers la densité de son œuvre. Petit compte-rendu d’une très belle exposition que vous pourrez découvrir jusqu’au 1er février 2015…

   Une vive émotion nous parcoure tout au long cette exposition qui relie intelligemment l’œuvre de François Truffaut et sa vie elle-même : comment occulter la part d’autobiographie présente dans beaucoup ses films tels que Les Quatre Cent Coups, la saga Antoine Doinel ou encore La Nuit Américaine ? Du casting de Jean-Pierre Léaud pour Les Quatre Cent Coups à l’improbable participation en tant qu’acteur de Truffaut à Rencontre du troisième type de Steven Spielberg: aucune facette du travail du réalisateur n’est occultée. Certes l’enfance et l’adolescence du réalisateur sont peut être un peu plus mises en avant mais ce choix est justifié tant ces périodes sont importantes pour comprendre certains films et choix de François Truffaut. La première partie de l’exposition consacrée à la jeunesse du réalisateur et à ses premiers films est d’ailleurs l’une des plus réussies et des plus intéressantes. On fait réellement la connaissance de Truffaut enfant, faisant l’école buissonnière et fréquentant déjà assidûment les salles obscures parisiennes. Le cinéma est une échappatoire pour Truffaut, enfant assez délaissé par ses parents. C’est cela qu’il raconte à travers le personnage d’Antoine Doinel dans Les Quatre Cent Coups puis de manière plus générale dans d’autres de ses films. Quand le personnage de Ferrand, dans La Nuit Américaine, dit à Alphonse : « Les films sont plus harmonieux que la vie. […] Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail de cinéma », François Truffaut parle à travers lui et livre une de ses convictions les plus profondes. L’exposition montre bien cette facette de la personnalité de Truffaut et quels liens elle entretient avec ses films…

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   La force de l’exposition repose sur la présence de ces nombreuses lettres, notes et scripts annotés : l’admirateur de Truffaut aura envie de tout lire dans le détail avec émerveillement. L’analyse des films en eux-même n’est pas très développée: l’exposition nous brosse plutôt le portrait de l’homme, de sa cinéphilie précoce, de son rapport au cinéma, à ses acteurs (son attachement tout particulier à Jean-Pierre Léaud par exemple) et actrices. De ce fait, l’exposition contente à la fois la personne peu connaisseuse de l’œuvre de Truffaut et l’amateur plus averti. On comprend mieux la manière dont travaillait le cinéaste, quelles étaient ses sources d’inspiration. Il est passionnant de pouvoir lire les petites listes et critiques de films que Truffaut écrivait enfant ou bien ses échanges épistolaires avec Alfred Hitchcock, dont il admirait énormément le travail. De même, lire ses réflexions sur l’écriture de tel ou tel scénario, sur tel ou tel choix de musique nous en apprend plus sur le processus de création de ses films. De par ces témoignages écrits personnels mais aussi les nombreux objets et accessoires originaux tirés de certains films, l’émotion est réellement au rendez-vous pour tout amateur de l’œuvre de Truffaut.

Armelle Boucher

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