[NEWSLETTER] SEMAINE DU 02 AU 08 FÉVRIER

SORTIES NATIONALES 

(mercredi 4 février)

Nous parions sur :

123225.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLe prix à payer de Harold Crooks (Documentaire, 1h33, Canada): L’évasion fiscale à grande échelle, telle que les géants de la nouvelle économie la pratiquent, creuse l’écart des revenus entre les privilégiés et le reste du monde, appauvrit les classes moyennes, et affaiblit les fondations de nos sociétés. Et si le prix à payer était la mort des démocraties ?

Avant-première présentée par le professeur Yves Crozet, le lundi 2 Février à l’UGC Confluence. Gratuit après inscriptions auprès de Bobinophile.

Felix et Meira de Maxime Giroux (Drame, 1h45, Canada): Tout oppose Félix et Meira. Lui mène542854.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx une vie sans responsabilité ni attache. Son seul souci, dilapider l’héritage familial. Elle est une jeune femme juive hassidique, mariée et mère d’un enfant, s’ennuyant dans sa communauté. Rien ne les destinait à se rencontrer, encore moins à tomber amoureux.

ENCORE EN SALLE

Nous avons aimé

Foxcatcher de Bennett Miller (Drame, 2h14, Etats-Unis): Inspiré d’une histoire vraie, Foxcatcher raconte l’histoire tragique et fascinante de la relation improbable entre un milliardaire excentrique et deux champions de lutte.

Lorsque le médaillé d’or olympique Mark Schultz est invité par le riche héritier John du Pont à emménager dans sa magnifique propriété familiale pour aider à mettre en place un camp d’entraînement haut de gamme, dans l’optique des JO de Séoul de 1988, Schultz saute sur l’occasion : il espère pouvoir concentrer toute son attention sur son entraînement et ne plus souffrir d’être constamment éclipsé par son frère, Dave. Obnubilé par d’obscurs besoins, du Pont entend bien profiter de son soutien à Schultz et de son opportunité de « coacher » des lutteurs de réputation mondiale pour obtenir – enfin – le respect de ses pairs et, surtout, de sa mère qui le juge très durement.

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Flatté d’être l’objet de tant d’attentions de la part de du Pont, et ébloui par l’opulence de son monde, Mark voit chez son bienfaiteur un père de substitution, dont il recherche constamment l’approbation. S’il se montre d’abord encourageant, du Pont, profondément cyclothymique, change d’attitude et pousse Mark à adopter des habitudes malsaines qui risquent de nuire à son entraînement. Le comportement excentrique du milliardaire et son goût pour la manipulation ne tardent pas à entamer la confiance en soi du sportif, déjà fragile. Entretemps, du Pont s’intéresse de plus en plus à Dave, qui dégage une assurance dont manquent lui et Mark, et il est bien conscient qu’il s’agit d’une qualité que même sa fortune ne saurait acheter. Entre la paranoïa croissante de du Pont et son éloignement des deux frères, les trois hommes semblent se précipiter vers une fin tragique que personne n’aurait pu prévoir…

L’apparent naturalisme de la mise en scène suggère toujours plus de noirceur dans les rapports humains, qui auraient pu toutefois gagner en profondeur si Miller n’avait pas vainement cherché à rattacher ce parcours intime à l’histoire de l’Amérique. Mais cette noirceur, le réalisateur la doit aussi beaucoup au jeu convaincant de ses acteurs – Channing Tatum et Mark Ruffalo en tête, plus que Steve Carrell qui, d’impressionnant, révèle les limites de son personnage par l’accumulation des mimiques. Malgré les défauts qui éparpillent l’histoire, Miller s’impose comme un réalisateur à suivre, et à cet égard, il n’a pas démérité son prix cannois.

Critique par un membre de Bobinophile

594635.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLoin des hommes de David Oelhoffen (Drame, 1h41, France): 1954. Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au coeur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

C’est principalement grâce à ses acteurs, sobres et grandioses, que le film laisse s’échapper d’un mince récit de belles séquences d’émotion. Les échanges de regards suffisent à dire autant que ce qu’auraient pu exprimer des mots, et c’est ainsi à travers cette relation – simple d’apparence mais toujours plus profonde qu’elle le suggère – que Oelhoffen tire la beauté d’un parcours en marge de la grande Histoire de l’Algérie à l’aube de l’indépendance. Reste que la contemplation s’accorde avec parfois trop de longueurs pour maintenir l’attention, malgré les plans soignés du cadre de l’action.

Whiplash de Damien Chazelle (Drame, 1h47, Etats-Unis): Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

Whiplash est un drame dynamique qui se construit autour des rythmes jazz et les obstacles qu’Andrew rencontre dans sa quête de l’excellence. La musique est mise à l’honneur dans ce film qui présente une bande originale jazzy et entrainante. Un film saisissant et pertinent sur le dépassement de soi.

A Most Violent Year de J. C. Chandor (Drame, 2h05, Etats-Unis): New York – 1981. L’année la plusa most violent year 2 violente qu’ait connu la ville. Le destin d’un immigré qui tente de se faire une place dans le business du pétrole. Son ambition se heurte à la corruption, la violence galopante et à la dépravation de l’époque qui menacent de détruire tout ce que lui et sa famille ont construit.

Personne ne sort sans égratignures de ce drame à la fois subtil et magnifiquement élaboré. Même pas le spectateur. A Most Violent Year ne se limite pas à analyser la violence, il met en exergue ses répercussions. Le très charismatique Oscar Isaac est une victime parfaite pour cet engrenage qui ne comprend aucun échappatoire.

Critique par un membre de Bobinophile

Timbuktu de Abderrahmane Sissako (Drame, 1h37, France, Mauritanie): Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans. En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

téléchargement (3)Avis partagé entre les membres de Bobinophile:

Timbuktu marque, pour son réalisateur, le mise en images cinématographiques, des bouleversements politiques survenus au Mali en 2012 avec l’arrivée des islamistes souhaitant imposer la charia au nord du pays. Le sujet, absolument nécessaire et profondément personnel, se maintient pourtant sur le papier. Car Timbuktu égraine les (belles) scènes et les (magnifiques) plans dans une discontinuité inexplicable. Sissako privélégie la poésie sur le réel et perd largement en puissance subversive du fait même qu’il manque à cette histoire un liant pour lui donner corps. L’urgence du contexte se fait ainsi attendre, et c’est bien dommage…

Ils nous ont divisés

L’affaire SK1 de Frédéric Tellier (Drame, 2h00, France): Paris, 1991. Franck Magne, un jeune inspecteur fait ses premiers pas à la Police Judiciaire, 36 quai des Orfèvres, Brigade Criminelle. Sa première enquête porte sur l’assassinat d’une jeune fille. Son travail l’amène à étudier des dossiers similaires qu’il est le seul à connecter ensemble. Il est vite confronté à la réalité du travail d’enquêteur : le manque de moyens, les longs horaires, la bureaucratie… Pendant 8 ans, obsédé par cette enquête, il traquera ce tueur en série auquel personne ne croit. Au fil d’une décennie, les victimes se multiplient. Les pistes se brouillent. Les meurtres sauvages se rapprochent. Franck Magne traque le monstre qui se dessine pour le stopper. Le policier de la Brigade Criminelle devient l’architecte de l’enquête la plus complexe et la plus vaste qu’ait jamais connu la police judiciaire française. Il va croiser la route de Frédérique Pons, une avocate passionnée, décidée à comprendre le destin de l’homme qui se cache derrière cet assassin sans pitié. Une plongée au cœur de 10 ans d’enquête, au milieu de policiers opiniâtres, de juges déterminés, de policiers scientifiques consciencieux, d’avocats ardents qui, tous, resteront marqués par cette affaire devenue retentissante : « l’affaire Guy Georges, le tueur de l’est parisien ».

L’affaire SK1 se heurte à ce que l’ensemble des faits divers retranscrits au cinéma importent en terme de difficultés quasi incontournables : un naturalisme plombant qui maintient au plus bas niveau la réalisation, bloquée entre le documentaire poisseux et le téléfilm amélioré, comme si le cinéma français de genre n’arrivait pas à s’accommoder d’effets réels de cinéma sans perdre la réalité d’une affaire. Aussi, on peut avoir le sentiment que cette inévitable tendance est impulsée par un rapport déontologique du réalisateur à l’affaire SK1, se refusant – et on peut le comprendre – à une prise de liberté dans le propos. Il n’en demeure pas moins que ce film parvient à conserver un rythme haletant et offre de beaux moments de tension jusqu’à un dénouement qui sauve rigoureusement la mise : Frédéric Tellier est parvenu tant bien que mal à atteindre son but, traquer le monstre, mais également l’humain qui se cache derrière lui.

ÉVÉNEMENTS

Mardi 3 février à 16h au cinéma UGC Confluence: Séance culte avec la projection du film Soleil Vert de Richard Fleisher.

En 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Seul le soleil vert, sorte de pastille, parvient à nourrir une population miséreuse qui ne sait pas comment créer de tels aliments. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l’ordre. Accompagné de son fidèle ami, un policier va découvrir, au péril de sa vie, l’effroyable réalité de cette société inhumaine.

Un classique du cinéma d’anticipation. Ce film de 1973 a certes un peu vieilli sur certains aspects (notamment les scènes d’action) mais propose une réflexion sur la question écologique qui fait encore écho de nos jours. On retrouve de plus une belle interprétation de la part de Charlton Heston.

Dimanche 8 février à 18h au cinéma Comoedia: Projection de Monsieur Klein de Joseph Losey

En 1942, à Paris, un Français d’origine alsacienne qui s’occupe d’œuvres d’art, découvre qu’un homonyme juif se sert de lui comme paravent pour de mystérieuses activités. (En partenariat avec la Bibliothèque Municipale de Lyon 7ème . Tarif 4.80€ sur présentation d’une carte de la B.M. valide.)

INSTITUT LUMIÈRE

Nous vous recommandons

Seconds – L’Opération diabolique (J. Frankenheimer, 1h47)

Un homme d’âge mur, déçu par son existence monotone, reçoit un jour un coup de téléphone d’un ami qu’il croyait mort. Celui-ci lui propose de refaire sa vie en simulant sa mort. Il finit par signer un contrat qui lui permet de changer de visage et de repartir de zéro mais tout a un prix et cette nouvelle existence n’ira pas sans poser quelques problèmes.

Un film de 1966 terriblement surprenant et novateur de par certains procédés expérimentaux. Un film sombre, paranoïaque: une véritable claque cinématographique à ne pas manquer !

Critique par un membre de Bobinophile

Ma 3/02 à 14h30 (salle 2) – Me 4/02 à 18h – Je 5/02 à 18h – Ve 6/02 à 21h

Les Enchaînés (A. Hitchcock, 1h41)

Alicia, fille d’un espion nazi, mène une vie dépravée. Devlin lui propose de travailler pour les Etats-Unis afin de réhabiliter son nom. Elle épouse donc un ancien ami de son père afin de l’espionner. Devlin et elle s’aiment sans oser se l’avouer, attendant chacun que l’autre fasse le premier pas. Lorsque le rôle qu’elle tient est découvert, son mari décide de l’empoisonner.

Un classique de la filmographie d’Alfred Hitchcock. Entre film d’espionnage où le suspens est à son comble et remarquable romance, Les Enchaînés est porté par deux acteurs phares cinéma américain: Ingrid Bergman et Cary Grant.

Ma 3/02 à 19h Séance présentée – Me 4/02 à 16h – Ve 6/02 à 17h – Di 8/02 à 14h30

Les Sept samouraïs (A. Kurosawa, 3h27)

Au Moyen-Age, la tranquillité d’un petit village japonais est troublée par les attaques répétées d’une bande de pillards. Sept samouraïs sans maître acceptent de défendre les paysans impuissants.

Un des films les plus connus du cinéma japonais mais aussi de la filmographie d’Akira Kurosawa. Un film certes long mais pouvant être réellement apprécié dans une salle de cinéma. Le film évite tout manichéisme, propose une réflexion sur l’honneur, l’engagement dans une esthétique typiquement japonaise…

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Lundi : La nuit nous appartient de James Gray à 20h50 sur Arte // Full Metal Jacket de Stanley Kubrick à 23h10 sur D8 : Si le thème de la guerre rappelle Les Sentiers de la gloire, Full Metal Jacket s’éloigne de ce film, encore emprunt d’humanisme, pour se rapprocher de 2001 ou de Shining, films plus mentaux qui s’intéressent aux dysfonctionnements destructeurs et pathologiques. Kubrick construit son récit en trois parties très distinctes. Les deux premières parties, l’insoutenable transformation de jeunes garçons en machines à tuer puis le quotidien du soldat au Vietnam, sont traitées de manière quasi clinique et documentaire. A cela s’oppose le dernier tiers du film, une reconstitution très stylisée et géométrique de l’offensive du Têt qui débouche sur une vision cauchemardesque de la guerre. Ce sont ces scènes, d’une étrangeté sans précédent, qui font de Full Metal Jacket un réel choc visuel.

Jeudi : Pulp Fiction de Quentin Tarantino à 22h50 sur NT1

Dimanche : La guerre est déclarée de Valérie Donzelli à 20h50 sur France 2 // Margin Call de JC Chandor à 20h45 sur Arte

Toute l’équipe de Bobinophile vous souhaite une belle semaine de cinéma.

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