[NEWSLETTER] SEMAINE DU 23 FEVRIER AU 01 MARS

 

SORTIES NATIONALES 

(mercredi 25 février)

Nous parions sur :

511837_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxBirdman de Alejandro Gonzalez Iñarritu (Comédie, Drame, 1h59, Etats-Unis): À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…

526935_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLe Dernier Loup de Jean-Jacques Annaud (Aventure, 1h55, France, Chine): 1969. Chen Zhen, un jeune étudiant originaire de Pékin, est envoyé en Mongolie-Intérieure afin d’éduquer une tribu de bergers nomades. Mais c’est véritablement Chen qui a beaucoup à apprendre – sur la vie dans cette contrée infinie, hostile et vertigineuse, sur la notion de communauté, de liberté et de responsabilité, et sur la créature la plus crainte et vénérée des steppes – le loup. Séduit par le lien complexe et quasi mystique entre ces créatures sacrées et les bergers, il capture un louveteau afin de l’apprivoiser. Mais la relation naissante entre l’homme et l’animal – ainsi que le mode de vie traditionnel de la tribu, et l’avenir de la terre elle-même – est menacée lorsqu’un représentant régional de l’autorité centrale décide par tous les moyens d’éliminer les loups de cette région.

ENCORE EN SALLE

Nous avons aimé

Hope de Boris Lojkine (Drame, 1h31, France): En route vers l’Europe, Hope rencontre Léonard. Elle a besoin d’un protecteur, il n’a pas le coeur de l’abandonner. Dans un monde hostile où chacun doit rester avec les siens, ils vont tenter d’avancer ensemble, et de s’aimer.

On se réjouit toujours, autant que l’on peut le craindre, de voir un cinéaste s’approprier un sujet aussi audacieux que l’immigration africaine en Europe, car ce sujet mérite d’être éclairé par le cinéma, en dépit de son exigence impliquant les risques d’une lecture orientaliste. A cet égard, Hope fait la démonstration d’un travail en amont extrêmement documenté du réalisateur français Boris Lojkine, réalisant son premier long-métrage de fiction après deux documentaires au Vietnam. Aussi Hope, aventure individuelle à travers les ténèbres de deux migrants épris l’un de l’autre, Hope et Leonard, dépasse son intrigue romantique pour dresser le paysage des ghettos dans lesquels ils font escale, et décrire leur organisation hiérarchique impliquant conflits d’intérêts et violences tant physiques que symboliques. La force de Hope tient à ce substrat documentaire dont la crédibilité sidérante revient aux acteurs non-professionnels. L’émotion, elle, revient à ces deux compagnons que l’on suit au fil du chemin, vers la lumière, animés par l’espoir, ces migrants qui tentent d’avancer, de survivre, de s’aimer en dépit de la dimension très individuelle du périple.

Interview du réalisateur par un membre de Bobinophile

Snow Therapy de Ruben Östlund (Drame, 1h58, Suède, Danemark, France, Norvège): Une famille suédoise passe ensemble quelques précieux jours de vacances dans une station de sports d’hiver des Alpes françaises. Le soleil brille et les pistes sont magnifiques mais lors d’un déjeuner dans un restaurant de montagne, une avalanche vient tout bouleverser. Les clients du restaurant sont pris de panique, Ebba, la mère, appelle son mari Tomas à l’aide tout en essayant de protéger leurs enfants, alors que Tomas, lui, a pris la fuite ne pensant qu’à sauver sa peau… Mais le désastre annoncé ne se produit pas, l’avalanche s’est arrêtée juste avant le restaurant, et la réalité reprend son cours au milieu des rires nerveux. Il n’y a aucun dommage visible, et pourtant, l’univers familial est ébranlé. La réaction inattendue de Tomas va les amener à réévaluer leurs rôles et leurs certitudes, un point d’interrogation planant au dessus du père en particulier. Alors que la fin des vacances approche, le mariage de Tomas et d’Ebba est pendu à un fil, et Tomas tente désespérément de reprendre sa place de patriarche de la famille. Snow Therapy est une comédie grinçante sur le rôle de l’homme au sein de la famille moderne.

Un film à l’humour pince-sans-rire, portant une réflexion incisive sur la famille et les rôles sociaux liés à cette dernière. Un film dérangeant et troublant à bien des égards, le spectateur étant lui-même plongé dans le doute face à certaines scènes, hésitant entre rire ou gêne.

Critique par un membre de Bobinophile

Loin des hommes de David Oelhoffen (Drame, 1h41, France): 1954. Alors que la rébellion gronde dans la vallée, deux hommes, que tout oppose, sont contraints de fuir à travers les crêtes de l’Atlas algérien. Au cœur d’un hiver glacial, Daru, instituteur reclus, doit escorter Mohamed, un paysan accusé du meurtre de son cousin. Poursuivis par des villageois réclamant la loi du sang et par des colons revanchards, les deux hommes se révoltent. Ensemble, ils vont lutter pour retrouver leur liberté.

C’est principalement grâce à ses acteurs, sobres et grandioses, que le film laisse s’échapper d’un mince récit de belles séquences d’émotion. Les échanges de regards suffisent à dire autant que ce qu’auraient pu exprimer des mots, et c’est ainsi à travers cette relation – simple d’apparence mais toujours plus profonde qu’elle le suggère – que Oelhoffen tire la beauté d’un parcours en marge de la grande Histoire de l’Algérie à l’aube de l’indépendance. Reste que la contemplation s’accorde avec parfois trop de longueurs pour maintenir l’attention, malgré les plans soignés du cadre de l’action.

Whiplash de Damien Chazelle (Drame, 1h47, Etats-Unis): Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

Whiplash est un drame dynamique qui se construit autour des rythmes jazz et les obstacles qu’Andrew rencontre dans sa quête de l’excellence. La musique est mise à l’honneur dans ce film qui présente une bande originale jazzy et entrainante. Un film saisissant et pertinent sur le dépassement de soi.

Critique par un membre de Bobinophile

Timbuktu de Abderrahmane Sissako (Drame, 1h37, France, Mauritanie): Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans. En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée. Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

Avis partagé entre les membres de Bobinophile:

Timbuktu marque, pour son réalisateur, le mise en images cinématographiques, des bouleversements politiques survenus au Mali en 2012 avec l’arrivée des islamistes souhaitant imposer la charia au nord du pays. Le sujet, absolument nécessaire et profondément personnel, se maintient pourtant sur le papier. Car Timbuktu égraine les (belles) scènes et les (magnifiques) plans dans une discontinuité inexplicable. Sissako privilégie la poésie sur le réel et perd largement en puissance subversive du fait même qu’il manque à cette histoire un liant pour lui donner corps. L’urgence du contexte se fait ainsi attendre, et c’est bien dommage…

Ils nous ont divisés

Frank de Lenny Abrahamson (Comédie, 1h35, Grande Bretagne, Irlande): Jeune musicien rêvant d’être une rock star, Jon croise le chemin d’un groupe de pop avant-gardiste à la recherche d’un nouveau clavier. Il devient vite le protégé de Frank, leur leader, aussi fascinant que mystérieux : ce génie musical vit dissimulé en permanence sous une grande tête en papier mâché. Entre phases de doute et éclats de créativité, rapports fusionnels et crises de confiance, l’enregistrement du premier album du groupe et les concerts les conduiront dans une véritable aventure humaine de l’Irlande jusqu’au Texas !

Une grosse tête en cache-misère… L’ensemble des gadgets datés et ridicules sont autant de respirateurs artificiels à un récit inepte et à des personnages mornes. Lenny Abrahamson prétend nous parler de création artistique alors qu’il n’est jamais capable d’éveiller son terrain de jeu, le laisse pétrir dans la pénombre d’une photographie d’une laideur que l’on ne pensait plus possible. Il aimerait aborder les troubles sentimentaux de ses personnages mais ne s’extrait jamais de son paysage complètement terne et dépassionné.

Things People Do de Saar Klein (Thriller, 1h50, Etats-Unis): Bill, un père de famille dévoué, perd son travail du jour au lendemain. Il n’a alors pas d’autre choix que celui d’entrer, presque à son insu, dans l’illégalité. Quand il se lie d’amitié avec un inspecteur de police, c’est la double vie qui est désormais la sienne qui risque à terme d’être révélée…

Max et Lenny de Fred Nicolas (Drame, 1h25, France): Lenny est une adolescente sauvage et solitaire d’une cité des quartiers nord de Marseille. C’est par le rap qu’elle exprime les difficultés de son quotidien. C’est aussi par lui qu’elle réussit à s’en évader. Un soir, alors qu’elle répète en cachette dans un chantier à l’abandon, Lenny rencontre Max, une jeune Congolaise sans-papiers qui tombe sous le charme de sa voix et de la puissance de ses mots.

ÉVÉNEMENTS

Lundi 23 février à 20h45 au cinéma Comoedia: Avant-première de La vie des gens en présence de Olivier Ducray, le réalisateur.

Saisons après saisons, la pétillante Françoise, infirmière libérale, illumine la vie des gens. Avec beaucoup d’humour et de tendresse, elle fait bien plus que soigner nos aînés… elle préserve le lien social.

Mercredi 25 février à 20h au cinéma Comoedia: Soirée Hallucinée avec la projection de deux films de Johnnie To:

Drug war:

Lors d’une enquête, le capitaine de la brigade anti-drogue de Tianjin met sous les verrous un homme accusé d’être à la tête d’une importante fabrique de stupéfiants. Afin d’éviter la peine de mort, ce dernier apporte son aide à la police pour éradiquer le trafic et faire tomber le chef du réseau. Mais alors qu’un raid est lancé, le capitaine et sa brigade se retrouvent pris dans une spirale de violence que rien ne semble pouvoir arrêter… Grand Prix du Festival International du Film Policier de Beaune, la nouvelle production de Johnnie To surpasse ses précédentes réalisations grâce à l’excellence de la mise en scène et à un récit riche en rebondissements, le tout servi par une distribution sans faille portée par Louis Koo dans son meilleur rôle à ce jour.

Exilé:
Macau, 1998. Wo s’est retiré du milieu et mène une vie paisible avec sa famille. Mais quatre tueurs à gages venus de Hong Kong, d’anciens « collègues de travail », se rendent chez lui. Deux d’entre eux ont pour ordre de tuer Wo.

Un bon thriller avec des scènes d’actions à la sauce Hong-kongaise !

INSTITUT LUMIÈRE

Nous vous recommandons:

La Bête humaine de Jean Renoir , France , 1938

Le sous-chef de la gare Roubaud a assassiné l’amant de sa femme Séverine. Lantier, mécanicien de locomotive, qui a vu le crime, se tait devant le regard implorant de la jeune femme. Séverine devient sa maîtresse…

Pièce majeure de la grande œuvre de Zola sur les Rougon-Macquart, La Bête humaine en est la version tragédie sociale. Le roman est modernisé mais conserve sa puissance imaginaire. Le voyage du Havre à Paris qui ouvre en fanfare le film est un morceau d’anthologie et l’écrivain eût aimé l’évocation simple et tendre du bal des cheminots. Le trio Jean Gabin, Simone Simon, Fernand Ledoux se découpe en force sur un décor de rails, de lampadaires, de butoirs et d’aiguillages. Musique de Valdimir Kosma et, dans un petit rôle, Renoir, le patron. Une conjugaison de talents pour évoquer les tourments des cœurs et les maux d’une société en crise.

Ma 24/02 à 14h30

La dolce vita de Federico Fellini , Italie , 1960

Marcello, reporter pour un journal à scandales, partage sa vie entre Emma, les night-clubs romains et les villas luxueuses d’une Rome décadente et déchaînée. Paparazzi, noceurs, intellectuels, stars et artistes peuplent cette peinture de la débauche d’une société du spectacle névrosée et corrompue. Mais la dolce vita est amère et ne conduit qu’au désenchantement et aux désillusions. « Marcello, Marcello… » Œuvre magistrale, baroque, symbole de l’énergie fellinienne, ce film fleuve se compose de longues séquences-sketchs dont le lien entre elles, se dessine peu à peu. Il met en scène deux immenses stars, Anita Ekberg et Marcello Mastroianni, inoubliables dans la scène de la baignade dans la Fontaine de Trevi. En 1960, il est sélectionné au Festival de Cannes, aux côtés d’un autre futur monument du cinéma mondial : L’Avventura d’Antonioni. Fellini remporte la Palme – Antonioni repartant avec un prix spécial – dans un climat de polémique et de scandale qui se prolonge en Italie jusque dans les milieux ecclésiastiques et mondains. Le succès commercial est immense en partie grâce à la réputation sulfureuse et érotique qui entoure le film. S’ouvre alors une période de renouveau et de création intenses du  cinéma italien.

« Le film le plus chargé, peut-être le plus grand film de notre époque. » Luis Buñuel

Me 25/02 à 20h30 – Di 1er/03 à 18h15

Du jeudi 26 au samedi 28 février: Rencontres « Droit, justice et cinéma »

Jeudi 26 février à 20h: Soirée d’ouverture avec la projection de 12 hommes colères, séance présentée par Bertrand Tavernier. Présence de Bruno Pireyre, Premier Président de la Cour d’Appel de Lyon.

Un jeune homme d’origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote : onze votent coupable, or la décision doit être prise à l’unanimité. Le juré qui a voté non-coupable, sommé de se justifier, explique qu’il a un doute et que la vie d’un homme mérite quelques heures de discussion. Il s’emploie alors à les convaincre un par un.

Un grand classique du cinéma américain. Un huis-clos puissant de par la rigueur de son scénario, qui pousse le spectateur à la réflexion et à la tolérance.

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Lundi: La vie passionnée de Vincent Van Gogh à 20h45 sur Arte // Ray de Taylor Hackford sur France Ô // [Le choix de la rédaction] Le Voyeur de Michael Powell à 00h25 sur France 2: un film noir implacable sur un étrange psychopathe qui filme le visage de ses victimes tout en les assassinant.

Mercredi: Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé à 20h45 sur Arte

Jeudi: La guerre des mondes de Steven Spielberg à 20h50 sur France 2

Vendredi: L’exceptionnel monsieur Tout-le-monde à 20h50 sur Arte

Toute l’équipe de Bobinophile vous souhaite une belle semaine de cinéma.

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