[NEWSLETTER] SEMAINE DU 6 AU 12 AVRIL

 

SORTIES NATIONALES 

(mercredi 8 avril)
 
Nous parions sur

517856_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxL’Astragale de Brigitte Sy (Drame, 1h37, France): Une nuit d’avril 1957. Albertine, 19 ans, saute du mur de la prison où elle purge une peine pour hold-up. Dans sa chute, elle se brise l’os du pied : l’astragale. Elle est secourue par Julien, repris de justice, qui l’emmène et la cache chez une amie à Paris. Pendant qu’il mène sa vie de malfrat en province, elle réapprend à marcher dans la capitale. Julien est arrêté et emprisonné. Seule et recherchée par la police, elle se prostitue pour survivre et, de planque en planque, de rencontre en rencontre, lutte au prix de toutes les audaces pour sa fragile liberté et pour supporter la douloureuse absence de Julien…

220991_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxThe Humbling de Barry Levinson (Drame, Comédie, 1h52, Etats-Unis, Italie): Célèbre comédien de théâtre, Simon Axler sombre dans la dépression au point de devenir suicidaire lorsqu’il perd soudainement et inexplicablement son don. Pour tenter de retrouver le feu sacré, il entame une liaison avec une lesbienne deux fois plus jeune que lui. Mais très vite, leur relation sème le chaos tandis que d’anciennes connaissances du couple réapparaissent dans leur vie…

ENCORE EN SALLE

Nous avons aimé

Journal d’une Femme de Chambre de Benoît Jacquot (Drame, 1h35, France) : Début du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d’une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

309829_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxCynique et pessimiste, Benoît Jacquot n’est jamais si juste que lorsqu’il emploie le passé pour parler du contemporain, pour les mélanger tous deux afin d’aboutir à une hybridation des époques, tout comme il le faisait dans Les adieux à la reine, d’une écriture qui lui sied et lui permet de revenir à ce qu’il sait faire de mieux. Mais surtout, Jacquot jouit d’un casting grandiose, en particulier Léa Seydoux, rayonnante insoumise.

A trois on y va de Jérôme Bonnell (Comédie, 1h26, France): Charlotte et Micha sont jeunes et amoureux. Ils viennent de s’acheter une maison près de Lille pour y filer le parfait amour. Mais depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie… Sans rien soupçonner, se sentant toutefois un peu délaissé, Micha trompe Charlotte à son tour… mais avec Mélodie aussi ! Pour Mélodie, c’est le vertige. Complice du secret de chacun. Amoureuse des deux en même temps…Critique par un membre de Bobinophile

Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur (Drame, 1h33, Canada): Profitant de la maison familiale en l’absence de ses parents, Nicole passe paisiblement l’été de ses 22 ans en compagnie de sa meilleure amie Véronique. Alors que leurs vacances s’annoncent sans surprise, le frère aîné de Nicole débarque avec son groupe de musique pour enregistrer un album. Leur présence envahissante vient rapidement ébranler la relation entre les deux amies. L’été prend alors une autre tournure, marqué par la canicule, l’insomnie grandissante de Nicole. Tu dors Nicole observe avec humour le début de l’âge adulte et son lot de possibles.

503878_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUn film québécois à la fois drôle, touchant et grandement mélancolique qui traite de manière juste et parfois burlesque cette période de la vie si particulière entre l’adolescence et l’âge adulte. Le noir et blanc fait vivre à l’écran la moiteur des chaudes nuits d’été… Mention spéciale pour Julianne Côté qui incarne le personnage de Nicole.

A la folie de Wang Bing (Documentaire, 3h47, Hong-Kong, France, Japon): Un hôpital psychiatrique du sud-ouest de la Chine. Une cinquantaine d’hommes vivent enfermés traînant leur mal-être du balcon circulaire grillagé à leur chambre collective. Ces malades, déviants ou opposants, éprouvent au quotidien leur résistance physique et mentale à la violence d’une liberté restreinte. Wang Bing nous plonge dans la « folie » de la Chine contemporaine.

Un film très exigeant et très long (3h47), mais c’est aussi très surprenant, très fort et très touchant… Après ces 4h au coeur d’un asile psychiatrique, il est dur de sentir libre en sortant de la salle. Un documentaire à voir.

Le dernier coup de marteau de Alix Delaporte (Drame, 1h23, France): Quand Victor, 13 ans, pousse la porte de l’opéra de Montpellier, il ne connaît rien à la musique. Il ne connaît pas non plus son père venu diriger la 6ème symphonie de Mahler. Il l’observe de loin, découvre l’univers des répétitions… Le jour où Nadia, sa mère, lui annonce qu’ils doivent quitter leur maison sur la plage, Victor s’inquiète. Pour sa mère, dont il sent qu’elle lui cache quelque chose, mais aussi pour sa relation naissante avec Luna, la voisine espagnole. Victor décide alors de se montrer pour la première fois à son père…

Tout invite à contempler l’éveil instantané de Victor (la jolie révélation masculine Romain Paul, récompensé à la Mostra de Venise) pour illuminer, par les regards plus que par les mots, le désir d’exister au présent. La grande pudeur du traitement, tout comme dans Angèle et Tony, est ce qui rend ce récit évasif touchant et lumineux.

Hacker de Michael Mann (Thriller, 2h13, Etats-Unis): À Hong Kong, la centrale nucléaire de Chai Wan a été hackée. Un logiciel malveillant, sous la forme d’un outil d’administration à distance ou RAT (Remote Access Tool), a ouvert la porte à un autre malware plus puissant qui a détruit le système de refroidissement de la centrale, provoquant la fissure d’un caisson de confinement et la fusion de son coeur. Aucune tentative d’extorsion de fonds ou de revendication politique n’a été faite. Ce qui a motivé cet acte criminel reste un mystère. Un groupe de hauts gradés de l’APL (Armée populaire de libération chinoise) charge le capitaine Dawai Chen, spécialiste de la défense contre les cyberattaques, de retrouver et de neutraliser l’auteur de ce crime.
À Chicago, le Mercantile Trade Exchange (CME) est hacké, provoquant l’inflation soudaine des prix du soja. Carol Barrett, une agente chevronnée du FBI, encourage ses supérieurs à associer leurs efforts à ceux de la Chine. Mais le capitaine Chen est loin de l’idée qu’elle s’en était faite. Formé au MIT, avec une parfaite maîtrise de l’anglais, l’officier chinois insiste pour que ses homologues américains libèrent sur le champ un célèbre hacker détenu en prison : Nicholas Hathaway

089621_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxCitizenfour de Laura Poitras (Documentaire, 1h54, Etats-Unis, Allemagne): En 2013, Edward Snowden déclenche l’un des plus grands séismes politiques aux Etats-Unis en révélant des documents secret-défense de la NSA. Sous le nom le code « CITIZENFOUR », il contacte la documentariste américaine Laura Poitras. Elle part le rejoindre à Hong Kong et réalise en temps réel CITIZENFOUR, un document historique unique et un portrait intime d’Edward Snowden.

La fascination naît de cette capacité à faire de la caméra un témoin de l’événement avant qu’il ne se produise – un regard insolite et unique faisant toute la singularité de ce documentaire – et de l’écran un reflet du monde contemporain où surveillance pour la sécurité et contrôle des libertés individuelles se confondent jusqu’au moment fatidique où il faut les dénoncer. Edward Snowden, cet homme surpuissant érigé en véritable personnage de cinéma, à la fois machine de l’esprit moderne et homme sensible – humain ! –, marque sa trace autant quand il suffoque entre les murs de sa chambre d’hôtel que lorsqu’il évolue derrière le noir opaque et angoissant de la technologie moderne. Il fallait un sacré cran pour réaliser Citizenfour, et ce documentaire unique d’une belle puissance constitue une pierre majeur du cinéma post 9/11, nous mettant tous en perspective.

Ils nous ont divisés

Gente de bien de Franco Lolli (II) (Drame, 1h27, Colombie): Eric, 10 ans, se retrouve à vivre du jour au lendemain avec Gabriel, son père qu’il connaît à peine. Voyant que l’homme a du mal à construire une relation avec son fils et à subvenir à leurs besoins, Maria Isabel, la femme pour laquelle Gabriel travaille comme menuisier, décide de prendre l’enfant sous son aile.

En cherchant à transmettre, à travers le regard d’un jeune garçon, la sensation d’une impossible communion entre les personnages du fait de leurs origines sociales respectives, Gente de Bien se rapproche du conte moral tout en maintenant, par une mise en scène sobre et quasi documentaire, le sentiment de vérité qui s’en échappe. Franco Lolli, dans la continuité de ses courts métrages, choisit de raconter un trait global qui ronge la société colombienne par une approche très intimiste. Pour autant que ce choix soit pertinent, il le maintient à la surface des thématiques et le vertige des inégalités sociales ne se ressent que par intermittence, dans les scènes les plus touchantes du film. S’il y a assurément l’étincelle du cinéma social dans ce premier film, celui-ci manque d’audace et de force pour permettre au récit de s’enflammer.

The Voices de Marjane Satrapi (Comédie, Thriller, 1h49, Etats-Unis, Allemagne): Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona – la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire – du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments…

583904_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAvis partagé entre les membres de Bobinophile

Sanglant et déjanté, le dernier film de Marjane Satrapi est à la croisée entre la comédie et le film d’horreur. La réalisatrice nous entraine dans un univers graphique très coloré, à la rencontre d’un gentil garçon un peu particulier qui, sur les conseils de son chat, se retrouve serial killer. Après deux films assez mal accueillis (Poulet aux prunes et La bande des Jotas), Satrapi signe avec The Voices une oeuvre qui tient ses promesses, à la fois très dérangeante et très drôle.
On adorerait adorer The Voices, malheureusement on ne retient que l’interprétation de Ryan Reynolds, surprenant et juste dans ce rôle qu’il joue avec une palette de nuances qu’il a su bien mieux saisir que la réalisatrice elle-même.

Selma de Ana DuVernay (Drame, Historique, 2h08, Grande Bretagne, Etats-Unis): Selma retrace la lutte historique du Dr Martin Luther King pour garantir le droit de vote à tous les citoyens. Une dangereuse et terrifiante campagne qui s’est achevée par une longue marche, depuis la ville de Selma jusqu’à celle de Montgomery, en Alabama, et qui a conduit le président Jonhson à signer la loi sur le droit de vote en 1965.

L’interprétation parfaite de Luther King ne sauve pas le film de l’académisme ronflant et de la violence tire-larmes.

Birdman de Alejandro González Iñárritu (Comédie, 1h59, Etats-Unis): À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…

Inarritu retrouve avec Birdman la forme de récit polyphonique dans laquelle il s’épanouissait à travers ses trois premiers longs métrages, pour à nouveau rechercher l’originalité dans les spécificités de l’espace-temps qu’il met en scène. L’unité de lieu est sans cesse démentie par la circulation de la caméra entre les divers personnages en ébullition, recréant au cœur d’un théâtre l’aspect choral que l’on trouvait déjà dans 21 Grammes et Babel. Constamment incarné dans le mouvement pour mieux embrasser la frénésie de son univers, Birdman représente un exercice de style qui au final devient la limite même de son cinéma, à tel point que ce dernier film ne représente qu’un simulacre de renouvellement du réalisateur. Fier de ses idées, il laisse à penser qu’il ne faudrait voir qu’elles, et lui à travers elles, le formaliste au premier plan du film. A finalement trop se concentrer sur ce dispositif, certes audacieux, de l’unique plan séquence, Inarritu passerait presque à côté de son sujet puisqu’il ne parvient que très rarement à créer le trouble entre le théâtre et le cinéma, entre le cinéma et le réel, entre le vrai et le faux.

_AF_6405.CR2Birdman n’est jamais vraiment à la hauteur des ambitions du son réalisateur, nous laissant voir les coutures de son film, les raccords qui masquent les plans de coupe, la voix-off plus ridicule qu’autre chose, surjouant la confusion mentale du personnage principal. Reste un divertissement plaisant malgré tout, un travail considérable sur les décors, et une tête d’affiche qui s’en sort avec les honneurs, à commencer à Michael Keaton, impérial et souvent drôle, assurément parfait pour ce rôle qui le ramène au devant de la scène.

ÉVÉNEMENTS

Mardi 7 avril à 20h au cinéma Comoedia: Projection-rencontre de Her de Spike Jonze. La projection sera suivie d’une discussion autour des Big Data et de l’intelligence artificielle animée par Eric Fleury, chercheur en informatique.

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l’acquisition d’un programme informatique ultramoderne, capable de s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de ‘Samantha’, une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

Dimanche 12 avril au cinéma Comoedia à 18h: Projection du film Lettre d’une inconnue de Max Ophuls

Un pianiste célèbre et au déclin de sa vie, reçoit la lettre d’une inconnue. Il découvre que celle qui n’a été pour lui qu’une aventure parmi d’autres, lui a voué toute sa vie son amour et à toujours vécu dans l’ombre près de lui. C’est menacée d’une maladie mortelle qu’elle lui fait cet aveu qui va bouleverser la vie de cet homme.

INSTITUT LUMIÈRE

Nous vous recommandons:

Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman , USA , 1975

Pour échapper à la prison, Randle McMurphy (Jack Nicholson) est prêt à tout, même à se faire interner en hôpital psychiatrique. Mais l’établissement dans lequel il est transféré est bien plus redoutable qu’il ne l’imaginait. L’infirmière en chef, Miss Ratched (Louise Fletcher) y fait régner une discipline de fer…

À sa sortie, Vol au-dessus d’un nid de coucou a frappé par  sa description d’un milieu alors rejeté et nié par la société, l’hôpital psychiatrique. Milos Forman veut montrer combien ce type d’institution pousse à une forme de dépendance pour se perpétuer elle-même et combien les personnalités rebelles sont pour elle une véritable menace.

Lu 6/04 à 20h45

La dolce vita de Federico Fellini , Italie , 1960

Marcello, reporter pour un journal à scandales, partage sa vie entre Emma, les night-clubs romains et les villas luxueuses d’une Rome décadente et déchaînée. Paparazzi, noceurs, intellectuels, stars et artistes peuplent cette peinture de la débauche d’une société du spectacle névrosée et corrompue. Mais la dolce vita est amère et ne conduit qu’au désenchantement et aux désillusions.

« Le film le plus chargé, peut-être le plus grand film de notre époque. » Luis Buñuel

Me 8/04 à 20h30 – Sa 11/04 à 20h15 – Di 12/04 à 18h30

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Lundi : [le choix de la rédaction] Barry Lyndon de Stanley Kubrick à 20h50 sur Chérie 25

Jeudi : Kill Bill Volume 2 de Quentin Tarantino à 22h40 sur W9 // Hellboy II, les légions d’or maudites de Guillermo del Toro à 22h35 sur 6ter

Dimanche : Appaloosa d’Ed Harris à 20h55 sur France 2 // The Social Network de David Fincher à 22h30 sur France 4

 

 

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