[NEWSLETTER] SEMAINE DU 20 AU 26 AVRIL

SORTIES NATIONALES

(mercredi 22 avril)

Nous parions sur

467402_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxEvery Thing Will Be Fine de Wim Wenders (Drame, 1h55, Allemagne, Canada,…): Après une dispute avec sa compagne, Tomas, un jeune écrivain en mal d’inspiration, conduit sa voiture sans but sur une route enneigée. En raison de l’épaisse couche de neige et du manque de visibilité, Tomas percute mortellement un jeune garçon qui traversait la route. Après plusieurs années, et alors que ses relations volent en éclats et que tout semble perdu, Tomas trouve un chemin inattendu vers la rédemption : sa tragédie se transforme en succès littéraire. Mais au moment où il pensait avoir passé ce terrible événement, Tomas apprend à ses dépens que certaines personnes n’en ont pas finis avec lui…  

363491_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxJauja de Lisandro Alonso (Western, 1h50, Argentine, Danemark,…): Un avant-poste reculé au fin fond de la Patagonie, en 1882, durant la prétendue « Conquête du désert », une campagne génocidaire contre la population indigène de la région. Les actes de sauvagerie se multiplient de tous côtés. Le Capitaine Gunnar Dinesen arrive du Danemark avec sa fille de quinze ans afin d’occuper un poste d’ingénieur dans l’armée argentine. Seule femme dans les environs, Ingeborg met les hommes en émoi. Elle tombe amoureuse d’un jeune soldat, et tous deux s’enfuient à la faveur de la nuit. À son réveil, le Capitaine Dinesen comprend la situation et décide de s’enfoncer dans le territoire ennemi pour retrouver le jeune couple. JAUJA est l’histoire de la quête désespérée d’un homme pour retrouver sa fille, une quête solitaire qui nous conduit dans un lieu hors du temps, où le passé n’est plus et l’avenir n’a aucun sens.

ENCORE EN SALLE

Nous avons aimé

Taxi Téhéran de Jafar Panahi (Comédie dramatique, 1h22, Iran): Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…
Critique sur le site du Mauvais Coton

173383_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxJournal d’une Femme de Chambre de Benoît Jacquot (Drame, 1h35, France) : Début du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d’une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

309829_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxCynique et pessimiste, Benoît Jacquot n’est jamais si juste que lorsqu’il emploie le passé pour parler du contemporain, pour les mélanger tous deux afin d’aboutir à une hybridation des époques, tout comme il le faisait dans Les adieux à la reine, d’une écriture qui lui sied et lui permet de revenir à ce qu’il sait faire de mieux. Mais surtout, Jacquot jouit d’un casting grandiose, en particulier Léa Seydoux, rayonnante insoumise.

A trois on y va de Jérôme Bonnell (Comédie, 1h26, France): Charlotte et Micha sont jeunes et amoureux. Ils viennent de s’acheter une maison près de Lille pour y filer le parfait amour. Mais depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie… Sans rien soupçonner, se sentant toutefois un peu délaissé, Micha trompe Charlotte à son tour… mais avec Mélodie aussi ! Pour Mélodie, c’est le vertige. Complice du secret de chacun. Amoureuse des deux en même temps…Critique par un membre de Bobinophile

Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur (Drame, 1h33, Canada): Profitant de la maison familiale en l’absence de ses parents, Nicole passe paisiblement l’été de ses 22 ans en compagnie de sa meilleure amie Véronique. Alors que leurs vacances s’annoncent sans surprise, le frère aîné de Nicole débarque avec son groupe de musique pour enregistrer un album. Leur présence envahissante vient rapidement ébranler la relation entre les deux amies. L’été prend alors une autre tournure, marqué par la canicule, l’insomnie grandissante de Nicole. Tu dors Nicole observe avec humour le début de l’âge adulte et son lot de possibles.

503878_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUn film québécois à la fois drôle, touchant et grandement mélancolique qui traite de manière juste et parfois burlesque cette période de la vie si particulière entre l’adolescence et l’âge adulte. Le noir et blanc fait vivre à l’écran la moiteur des chaudes nuits d’été… Mention spéciale pour Julianne Côté qui incarne le personnage de Nicole.

Le dernier coup de marteau de Alix Delaporte (Drame, 1h23, France): Quand Victor, 13 ans, pousse la porte de l’opéra de Montpellier, il ne connaît rien à la musique. Il ne connaît pas non plus son père venu diriger la 6ème symphonie de Mahler. Il l’observe de loin, découvre l’univers des répétitions… Le jour où Nadia, sa mère, lui annonce qu’ils doivent quitter leur maison sur la plage, Victor s’inquiète. Pour sa mère, dont il sent qu’elle lui cache quelque chose, mais aussi pour sa relation naissante avec Luna, la voisine espagnole. Victor décide alors de se montrer pour la première fois à son père…

Tout invite à contempler l’éveil instantané de Victor (la jolie révélation masculine Romain Paul, récompensé à la Mostra de Venise) pour illuminer, par les regards plus que par les mots, le désir d’exister au présent. La grande pudeur du traitement, tout comme dans Angèle et Tony, est ce qui rend ce récit évasif touchant et lumineux.

Citizenfour de Laura Poitras (Documentaire, 1h54, Etats-Unis, Allemagne): En 2013, Edward Snowden déclenche l’un des plus grands séismes politiques aux Etats-Unis en révélant des documents secret-défense de la NSA. Sous le nom le code « CITIZENFOUR », il contacte la documentariste américaine Laura Poitras. Elle part le rejoindre à Hong Kong et réalise en temps réel CITIZENFOUR, un document historique unique et un portrait intime d’Edward Snowden.

089621_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLa fascination naît de cette capacité à faire de la caméra un témoin de l’événement avant qu’il ne se produise – un regard insolite et unique faisant toute la singularité de ce documentaire – et de l’écran un reflet du monde contemporain où surveillance pour la sécurité et contrôle des libertés individuelles se confondent jusqu’au moment fatidique où il faut les dénoncer. Edward Snowden, cet homme surpuissant érigé en véritable personnage de cinéma, à la fois machine de l’esprit moderne et homme sensible – humain ! –, marque sa trace autant quand il suffoque entre les murs de sa chambre d’hôtel que lorsqu’il évolue derrière le noir opaque et angoissant de la technologie moderne. Il fallait un sacré cran pour réaliser Citizenfour, et ce documentaire unique d’une belle puissance constitue une pierre majeur du cinéma post 9/11, nous mettant tous en perspective.

Ils nous ont divisés

Gente de bien de Franco Lolli (II) (Drame, 1h27, Colombie): Eric, 10 ans, se retrouve à vivre du jour au lendemain avec Gabriel, son père qu’il connaît à peine. Voyant que l’homme a du mal à construire une relation avec son fils et à subvenir à leurs besoins, Maria Isabel, la femme pour laquelle Gabriel travaille comme menuisier, décide de prendre l’enfant sous son aile.

En cherchant à transmettre, à travers le regard d’un jeune garçon, la sensation d’une impossible communion entre les personnages du fait de leurs origines sociales respectives, Gente de Bien se rapproche du conte moral tout en maintenant, par une mise en scène sobre et quasi documentaire, le sentiment de vérité qui s’en échappe. Franco Lolli, dans la continuité de ses courts métrages, choisit de raconter un trait global qui ronge la société colombienne par une approche très intimiste. Pour autant que ce choix soit pertinent, il le maintient à la surface des thématiques et le vertige des inégalités sociales ne se ressent que par intermittence, dans les scènes les plus touchantes du film. S’il y a assurément l’étincelle du cinéma social dans ce premier film, celui-ci manque d’audace et de force pour permettre au récit de s’enflammer.

The Voices de Marjane Satrapi (Comédie, Thriller, 1h49, Etats-Unis, Allemagne): Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona – la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire – du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments…

583904_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAvis partagé entre les membres de Bobinophile

Sanglant et déjanté, le dernier film de Marjane Satrapi est à la croisée entre la comédie et le film d’horreur. La réalisatrice nous entraine dans un univers graphique très coloré, à la rencontre d’un gentil garçon un peu particulier qui, sur les conseils de son chat, se retrouve serial killer. Après deux films assez mal accueillis (Poulet aux prunes et La bande des Jotas), Satrapi signe avec The Voices une oeuvre qui tient ses promesses, à la fois très dérangeante et très drôle.

On adorerait adorer The Voices, malheureusement on ne retient que l’interprétation de Ryan Reynolds, surprenant et juste dans ce rôle qu’il joue avec une palette de nuances qu’il a su bien mieux saisir que la réalisatrice elle-même.

Selma de Ana DuVernay (Drame, Historique, 2h08, Grande Bretagne, Etats-Unis): Selma retrace la lutte historique du Dr Martin Luther King pour garantir le droit de vote à tous les citoyens. Une dangereuse et terrifiante campagne qui s’est achevée par une longue marche, depuis la ville de Selma jusqu’à celle de Montgomery, en Alabama, et qui a conduit le président Jonhson à signer la loi sur le droit de vote en 1965.

L’interprétation parfaite de Luther King ne sauve pas le film de l’académisme ronflant et de la violence tire-larmes.

Birdman de Alejandro González Iñárritu (Comédie, 1h59, Etats-Unis): À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir…

_AF_6405.CR2Inarritu retrouve avec Birdman la forme de récit polyphonique dans laquelle il s’épanouissait à travers ses trois premiers longs métrages, pour à nouveau rechercher l’originalité dans les spécificités de l’espace-temps qu’il met en scène. L’unité de lieu est sans cesse démentie par la circulation de la caméra entre les divers personnages en ébullition, recréant au cœur d’un théâtre l’aspect choral que l’on trouvait déjà dans 21 Grammes et Babel. Constamment incarné dans le mouvement pour mieux embrasser la frénésie de son univers, Birdman représente un exercice de style qui au final devient la limite même de son cinéma, à tel point que ce dernier film ne représente qu’un simulacre de renouvellement du réalisateur. Fier de ses idées, il laisse à penser qu’il ne faudrait voir qu’elles, et lui à travers elles, le formaliste au premier plan du film. A finalement trop se concentrer sur ce dispositif, certes audacieux, de l’unique plan séquence, Inarritu passerait presque à côté de son sujet puisqu’il ne parvient que très rarement à créer le trouble entre le théâtre et le cinéma, entre le cinéma et le réel, entre le vrai et le faux.

BirdmanBirdman n’est jamais vraiment à la hauteur des ambitions du son réalisateur, nous laissant voir les coutures de son film, les raccords qui masquent les plans de coupe, la voix-off plus ridicule qu’autre chose, surjouant la confusion mentale du personnage principal. Reste un divertissement plaisant malgré tout, un travail considérable sur les décors, et une tête d’affiche qui s’en sort avec les honneurs, à commencer à Michael Keaton, impérial et souvent drôle, assurément parfait pour ce rôle qui le ramène au devant de la scène.

ÉVÉNEMENTS

Mardi 21 avril à 16h au cinéma Comoedia: Projection, à 4,90 euros la séance, du film Taxi Téhéran en présence de Alain Liatard, spécialiste du cinéma latino-américain

Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion

Jeudi 23 avril à 20h au cinéma UGC Confluence: Projection culte du film Apocalypse Now de Francis Ford Coppola

Cloîtré dans une chambre d’hôtel de Saïgon, le jeune capitaine Willard, mal rasé et imbibé d’alcool, est sorti de sa prostration par une convocation de l’état-major américain. Le général Corman lui confie une mission qui doit rester secrète : éliminer le colonel Kurtz, un militaire aux méthodes quelque peu expéditives et qui sévit au-delà de la frontière cambodgienne.

INSTITUT LUMIÈRE

Nous vous recommandons:

Prima della rivoluzione de Bernardo Bertolucci , Italie , 1964

Fabrizio, digne représentant de la haute bourgeoisie de Parme, vient de rompre avec Clelia. Influencé par l’un de ses amis, l’instituteur Cesare, il se laisse tenter par les idées marxistes. Agostino, un jeune homme qui s’est enfui de chez ses parents, recherche l’amitié de Fabrizio. Mais ce dernier ne peut l’héberger, car sa tante, Gina, vient lui rendre visite. Créature névrosée entourée d’amants, Gina parvient à le séduire…

Jean de Baroncelli pour Le Monde : « Prima della rivoluzione de Bernardo Bertolucci, est un film admirable ; un film qui par sa sensibilité et son intelligence nous atteint au meilleur de nous-mêmes ; un film qui sait être frémissant, chaleureux, déchirant et cruel sans verser dans la jérémiade tapageuse ou l’exhibitionnisme ; un film que spontanément on aime d’amitié, comme s’il nous faisait entendre la voix d’un ami.

Ma 21/04 à 17h – Me 22/04 à 16h15

Paris, Texas de Wim Wenders , Allemagne, France , 1984

Au milieu du désert texan, le retour de Travis, muet et amnésique, après quatre années d’errance. Chez son frère Walt, Travis retrouve Hunter, son fils de 8 ans que Jane, sa jeune femme, a mystérieusement abandonné. Travis reconquiert sa mémoire et son identité et tente de regagner l’affection de son fils. Il part avec lui  à la recherche de Jane…

Wim Wenders : « On fait toujours le même film. Au fond, je raconte toujours la même histoire, en variations évidemment. Je crois que c’est l’histoire de quelqu’un qui est né dans un paysage – comme moi dans l’Allemagne de la fin des années 1940 – qui était beaucoup trop petit pour lui, et qu’il a voulu quitter depuis qu’il peut marcher. »

 Me 22/04 à 20h30

Autopsie d’un meurtre de Otto Preminger , USA , 1959

Avocat fauché et pêcheur émérite, Paul Biegler (James Stewart) est sollicité par Laura Manion (Lee Remick) pour défendre son mari, le lieutenant Frederick Manion (Ben Gazzara). Celui-ci est emprisonné pour le meurtre de l’homme qui a violé Laura. Paul hésite à accepter l’affaire car la personnalité complexe des deux époux est loin de le convaincre de la véracité de leurs déclarations. Paul finit par donner son accord et le procès va commencer…

Immense classique du film de procès, virtuose et percutant. Otto Preminger : « J’ai voulu faire un film réaliste. Or dans la vie nous ne savons presque jamais où est la vérité, nous ignorons qui ment et qui est sincère, qui se trompe et qui a raison. Je me suis efforcé de rester objectif, de m’en tenir aux dépositions des témoins et des acteurs du drame et de placer les spectateurs dans la position exacte des jurés »

 Me 22/04 à 21h – Je 23/04 à 17h – Ma 28/04 à 17h

DANS LE POSTE CETTE SEMAINE

Lundi: [Le choix de la rédaction] Spéciale Première de Billy Wilder à 20h50 sur Arte // Nous nous sommes tant aimé de Frank Capra sur France 2 à 00:45

Mardi: The Queen de Stephen Frears à 20h50 sur HD1

Jeudi: Va, vis et deviens Radu Mihaileanu à 20h45 sur 23 // Mary Poppins de Robert Stevenson à 20h50 sur 6ter

 

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